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Soudan : dépêches humanitaires


Adapter notre action à l'insécurité
Vendredi 20 juillet 2007

Récemment, notre équipe au Darfour a été la cible de trois incidents sécuritaires sérieux en l'espace de 48 h :

•  le samedi 14 juillet, un convoi de trois de nos véhicules tentant de gagner notre base avancée de Seleah a été attaqué sur la route. Du matériel a été volé.

•  le dimanche 15 juillet après-midi, deux de nos véhicules en route vers notre base avancée de El Daïn ont été volés par des hommes armés qui ont menacé directement de leurs armes deux de nos volontaires


•  dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 juillet, un groupe d'hommes armés, bien renseignés et déterminés, s'est introduit dans notre base de Nertiti, a menacé les membres de l'équipe présents et s'est fait remettre de l'argent. Il s'agissait du troisième incident de ce type sur notre base de Nertiti en deux mois.

SOLIDARITES a décidé, en conséquence, de suspendre temporairement sa présence sur nos bases de Nertiti et Seleah. De même, un redéploiement de notre base de Shaeria vers le site d'Abdangal est prévu. Il s'agit pour nous d'adapter notre dispositif opérationnel en fonction des contraintes sécuritaires, et des évolutions d'une situation volatile et complexe, tout en poursuivant notre mission humanitaire : préserver la sécurité des membres de notre équipe au Darfour, et continuer à se battre chaque jour pour accéder aux plus démunis.


Le Darfour au cœur des préoccupations du nouveau Secrétaire Général Adjoint aux affaires Humanitaires des Nations Unies
Mardi 27 mars 2007

Le nouveau Secrétaire Général Adjoint aux affaires Humanitaires des Nations Unies, John Holmes, est arrivé le 21 mars au Soudan pour une semaine. Il s'est rendu au Darfour où il a visité des camps de déplacés (dans la zone de Kutum au Djebel Marra, il n'a pu poursuivre sa route en raison d'un barrage militaire). A l'occasion de cette visite, sa première au Darfour, John Holmes a exprimé sa très vive préoccupation quant à l'extrême fragilité de la situation humanitaire dans cette région, situation qui pourrait, selon lui, s'effondrer très rapidement si les incidents sécuritaires remettaient en question la présence et l'action des organisations humanitaires dont dépendent les populations. Par ailleurs, les Nations Unies ont indiqué que près de 78 000 personnes avaient dû fuir leurs foyers en janvier et février 2007 en raison de nouvelles attaques. Le CICR, pour sa part, a indiqué dans un communiqué que les mauvaises conditions de sécurité sur le terrain limitaient sérieusement la délivrance de l'assistance humanitaire aux populations dans le besoin.

SOLIDARITES a eu l'occasion de faire les mêmes constats, et c'est pour cette raison que nous avons pris l'initiative, dans un communiqué de presse remis à John Holmes, de demander que tout soit entrepris afin d'aboutir au plus vite à un accord signé par toutes les parties en conflit garantissant pour la population du Darfour une sanctuarisation de l'aide humanitaire dont elle dépend.

John Holmes a, à cet égard, indiqué que ses discussions avec des officiels du gouvernement soudanais s'étaient concentrées sur ces questions de l'accès humanitaire, du besoin de garanties de sécurité pour les agents et de poursuite des auteurs de crimes, ainsi que des «entraves bureaucratiques» importantes qui gênent le travail de la communauté humanitaire. Ces discussions auraient été « très utiles » et poursuivies « dans un esprit positif », selon John Holmes. Devant la presse à Khartoum, John Holmes a souligné les extraordinaires accomplissements humanitaires dans le pays, en particulier compte tenu de l'immense ampleur des problèmes existants.

« Je pense qu'il existe un engagement sincère de la part du gouvernement soudanais de travailler avec les agences des Nations Unies et les organisations non gouvernementales (ONG) pour répondre aux préoccupations liées à l'accès et à l'espace humanitaire », a-t-il dit aux termes de sa mission au Soudan. « Le gouvernement reconnaît qu'il y a des problèmes qui ont besoin d'être réglés et a promis de prendre sérieusement en compte les préoccupations de la communauté humanitaire », a-t-il assuré dans un communiqué publié aujourd'hui à New York par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires.

Seules des améliorations concrètes et durables, que nous espérons très prochaines, valideront les propos du Gouvernement soudanais.


Au sud Darfour, le risque d'une urgence humanitaire grandit pour la période de soudure

Mardi 23 janvier 2007

Alors qu'on pouvait espérer de bonnes récoltes et une amélioration sensible de la situation nutritionnelle, après les récentes attaques au sud Darfour (destruction de moulins et stocks, récoltes brûlées ou laissées à l'abandon suite à la fuite des gens), nos équipes sur place savent que la production locale ne couvrira pas les besoins. Les mécanismes pour une urgence humanitaire sont ainsi en place, surtout en zones rurales ; un nombre encore important de déplacés vulnérables ont tendance à se cacher en groupes dispersés dans des zones isolées et difficile d'accès pour l'aide humanitaire, avec un accès limité à l'eau.

Il est donc fortement à craindre qu'à la période de soudure (avril / mai), les stocks de semences et de nourriture auront été consommés, et que les associations humanitaires auront à faire face à une crise alimentaire grave.

Le Darfour reste la plus urgente des crises alimentaires (d'après la FAO )
Mercredi 11 octobre 2006


Quarante pays sont confrontés à des pénuries alimentaires alors que la crise au Darfour reste le problème humanitaire le plus urgent, selon un nouveau rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) sur les perspectives des récoltes dans le monde publié le 9 octobre 2006. Au Darfour, « la situation alimentaire déjà précaire pourrait empirer si la détérioration de la sécurité perturbait la récolte principale qui doit débuter dans les prochaines semaines », a indiqué le rapport de la FAO.

 

L'ONU vote le déploiement d'une force des Nations Unies au Darfour
Vendredi 1er septembre 2006

Le Conseil de sécurité des Nations Unie a décidé jeudi 31 août 2006 (résolution 1706) le déploiement dans la région du Darfour d'une force des Nations Unies, qui pourra compter jusqu'à 17 300 soldats et qui sera chargée de relayer la mission de l'Union africaine, pour soutenir l'application de l'accord de paix signé en mai. Dans sa résolution, le Conseil de sécurité décide que le mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) sera «élargi» pour lui permettre de se « déployer au Darfour » et invite en conséquence « le gouvernement d'unité nationale du Soudan à consentir à ce déploiement ».

En effet, sans l'accord du gouvernement soudanais, la mise en place et l'action de cette force de l'ONU au Darfour ne seront pas possibles.

Selon la résolution 1706, «les effectifs de la MINUS seront renforcés par du personnel militaire jusqu'à concurrence de 17 300 soldats et par une composante civile correspondante comptant jusqu'à 3 300 membres de la police civile et jusqu'à 16 unités de police constituées».

Le Conseil de sécurité prie le Secrétaire général de se concerter avec l'Union africaine à propos d'un plan et d'un  calendrier pour le passage de la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) à une opération des Nations Unies au Darfour.

Le Conseil décide également que la MINUS aura pour mandat au Darfour « d'apporter un soutien à la mise en œuvre de l'accord de paix du 5 mai 2006 et de l'accord de cessez-le-feu humanitaire de N'Djamena concernant le conflit au Darfour ».

Elle devra notamment « surveiller les mouvements de groupes armés », « enquêter sur les violations des accords », « surveiller les activités transfrontalières des groupes armés le long des frontières du Soudan avec le Tchad et la République centrafricaine » et « contribuer à l'élaboration et à l'exécution d'un programme global et durable de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des ex-combattants ».

La Mission devra également « faciliter et coordonner le retour volontaire des réfugiés et personnes déplacées, ainsi que l'assistance humanitaire, notamment en aidant à créer les conditions nécessaires sur le plan de la sécurité au Darfour ».

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, le Conseil décide enfin « d'autoriser la MINUS à intervenir par tous les moyens nécessaires pour protéger le personnel, les locaux, installations et matériels des Nations Unies, assurer la libre circulation des travailleurs humanitaires et pour prévenir les attaques et les menaces contre les civils ».

Alors que l'aide humanitaire est menacée au Darfour, une catastrophe est à craindre
Mardi 29 août 2006

Les incidents se multiplient depuis quelques semaines envers les membres de plusieurs ONG intervenant au Darfour, dont les membres de l'équipe de SOLIDARITES, et se situent dans un contexte de constante dégradation de la situation humanitaire au Soudan. Les Nations Unies tirent la sonnette d'alarme, en précisant qu'une large partie du nord et du centre du Darfour est devenue inaccessible aux organisations humanitaires, pour qui la sécurité constitue « le problème numéro un ». Par ailleurs, les Nations Unies annoncent que le nombre de personnes ayant besoin d'une aide humanitaire d'urgence est passé de 290 000 en juin à 470 000 en juillet, et qu'une catastrophe humanitaire sans précédent, avec des pertes massives de vies humaines, est à craindre.


Le Darfour menacé par le Choléra (d'après Reuters)
14 juin 2006

La province du Darfour connaît une flambée de choléra qui menace les 2,4 millions de civils qui vivent dans des camps dans des conditions d'hygiène et de précarité difficiles.

"L'Organisation mondiale de la santé à Nyala, au Sud-Darfour, a confirmé l'existence de 65 cas de diarrhée aiguë", a annoncé l'OMS dans un communiqué diffusé dimanche 11 juin 2006.
Selon ce communiqué, on a constaté un cas mortel de choléra avéré à Gereida, dans le sud-est du Darfour, où près de 100.000 personnes fuyant leurs foyers se sont réfugiées pour raisons de sécurité. "L'OMS a lancé une alerte au choléra", précise ce document.
Le choléra se propage très rapidement dans des populations vivant en contact étroit.
Fin janvier, une épidémie de choléra avait éclaté dans le sud du Soudan, tuant près de 520 personnes pour 13.800 cas dans six des dix Etats du Sud.


Ne pas oublier le Darfour
7 avril 2006


Souvent loin des caméras, le Darfour, à l'ouest du Soudan, continue
à être le théâtre de violences, et d'une grave crise humanitaire, qui ont fait, depuis trois ans, près de 300 000 morts, et 2,4 millions de personnes déplacées et réfugiées. SOLIDARITES, dans ce contexte, poursuit et développe son action humanitaire, notamment dans les domaines vitaux de l'accès à l'eau potable, et de l'aide alimentaire, au Darfour.


Insécurité alimentaire persistante au Darfour
19 décembre 2005

L'agence des Nations Unies pour l'agriculture et les ressources alimentaires (FAO) a récemment tiré la sonnette d'alarme sur la situation d'insécurité alimentaire qui persiste dans le sud et l'ouest du Darfour, région dans lesquelles SOLIDARITES mène l'essentiel de ses programmes d'aide humanitaire.


La moitié de la population du Darfour a besoin d'aide alimentaire, selon le PAM (source : Xinhuanet)
16 juin 2005

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) des Nations Unies a annoncé vendredi 17 juin à Nairobi que quelque 3,5 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population totale de la région soudanaise du Darfour, aurait besoin d'une aide alimentaire pour faire face à la "saison de la faim" approchante.
Dans un communiqué publié à Nairobi, le PAM, qui est partenaire de SOLIDARITES pour ce qui est de nos programmes de distributions alimentaires, a passé en revue ses opérations d'urgence et appelé à des fonds supplémentaires de 94 millions de dollars pour fournir quelque 84 000 tonnes de nourriture supplémentaires, et ainsi subvenir aux besoins alimentaires de 3,25 millions de personnes, sur 3,5 millions de personnes dans le besoin au total.
Ramiro Lopes da Silva, directeur national du PAM pour le Soudan, a expliqué dans un communiqué qu'après deux ans et demi de conflit au Darfour, un grand nombre d'habitants ont été chassés de leur maison et de leurs terres, et abandonnés dans des camps, tandis que d'autres sont dans l'incapacité de subvenir à leurs besoins en raison de l'insécurité, de la sécheresse, des mauvaises récoltes de l'an dernier et de la fermeture des marchés locaux.

Une aide d'urgence permet au PAM de ne pas réduire les rations au Darfour (d'après l'ONU) - 27 avril 2005

Une réaction rapide des donateurs a permis au Programme Alimentaire Mondial (PAM) de l'ONU de ne pas procéder à des coupures sur les rations qui doivent nourrir deux millions de personnes en mai, dans la région du Darfour, à l'Ouest du Soudan, mais l'agence prévient que la saison des pluies approchante rendra la situation encore plus difficile. Il manque à l'agence 40% des fonds demandés. " Le Programme Alimentaire Mondial de l'ONU a annoncé aujourd'hui que grâce à une réaction rapide des donateurs, l'agence ne serait pas forcée de procéder à des coupures sur les rations qui doivent nourrir deux millions de personnes en mai, dans la région du Darfour, dans l'Ouest du Soudan ", indique un communiqué publié hier.
Mais le Pam a toutefois alerté sur le fait que l'opération d'urgence au Darfour restait gravement sous financée. Sur les 467 millions de dollars nécessaires au PAM, 281 millions ont été reçus seulement, ce qui représente un déficit de 40%. Le PAM précise ainsi que la saison des pluies coïncide avec les pics de famine, notamment en raison des difficultés d'accès du fait des routes inondées et de ce que de nombreux Soudanais déplacés n'ont pas été en mesure de cultiver leurs terres.
SOLIDARITES est partenaire du PAM au Darfour, et assure à ce titre des distributions alimentaires au Darfour pour près de 150 000 personnes.

Le PAM et ses partenaires : 1,6 million de personnes nourries au Darfour en février - 21 mars 2005

Le Programme Alimentaire Mondial ( PAM) est parvenu, avec ses partenaires (dont SOLIDARITES qui assure des distributions alimentaires sur 8 sites pour près de 130 000 personnes), à nourrir 1,6 million de personnes en février dernier au Darfour au Soudan, soit 34% de plus qu'en janvier dernier. "Les problèmes des sécurité sont toujours importants au Darfour et nous empêchent d'aider les deux millions de personnes que nous voudrions atteindre", a déploré mardi à Genève le porte- parole du PAM, Christiane Berthiaume.
Par ailleurs, Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a indiqué n'avoir pas assez de stocks de nourriture pour fournir l'assistance nécessaire à 5,5 millions de personnes menacées par une crise alimentaire au Soudan, indique un communiqué de l'organisation onusienne. " Si les chiffres (des bénéficiaires) continuent d'augmenter, le Soudan fera face à une nouvelle catastrophe, à moins que plus de nourriture ne nous parvienne rapidement ", a estimé le directeur du PAM au Soudan, Ramiro Lopes da Silva. Fin février, l'organisation onusienne avait déjà averti d'un risque de " crise alimentaire " en raison d'une forte augmentation des prix des aliments de base et de mauvaises récoltes, appelant la communauté internationale à se mobiliser.


ONU : plus de 180 000 morts au Darfour depuis fin 2003 (selon l'AFP) - 15 mars 2005

Le conflit au Darfour a fait au moins 180 000 morts au cours des 18 derniers mois, a indiqué lundi 14 mars le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires humanitaires, Jan Egeland.
La guerre civile qui sévit dans cette province occidentale du Soudan et ses conséquences ont fait au moins 10 000 morts par mois en moyenne depuis 18 mois, soit au moins 180 000 victimes en tout, a dit M. Egeland.
"Au moins 10 000 personnes sont mortes chaque mois en moyenne depuis que la situation d'urgence s'est aggravée au Darfour, vers la fin de 2003, c'est-à-dire depuis 18 mois, soit 180 000 au total", a-t-il déclaré. "Il se peut même qu'il y en ait eu plus de 200 000 mais je pense que 10 000 par mois est une estimation raisonnable", a-t-il ajouté.
Il a précisé qu'il s'agissait là d'une estimation des "décès évitables", c'est-à-dire dus aux privations et maladies et non aux violences proprement dites.
M. Egeland avait indiqué la semaine dernière que le chiffre de 70 000 morts, utilisé jusque-là comme référence, était "dépassé" mais il n'avait pas donné de nouvelle estimation.
Il avait également affirmé que les violences se poursuivaient au Darfour, hors des camps de réfugiés, et que sans une stabilisation de la situation, le nombre des personnes déplacées risquait de passer bientôt de 2 millions actuellement à 3 ou 4 millions. Le Darfour est depuis février 2003 en proie à la guerre civile et à une grave crise humanitaire.

ONU : le Darfour est un " enfer sur terre " - 22 février 2005

Kofi Annan, Secrétaire Général de l'ONU, a déclaré la semaine dernière que le Darfour était un " enfer sur la terre ". Alors que l'Union Africaine s'est engagée à déployer dans cette région de l'Ouest du Soudan 3.000 observateurs, la situation ne cesse de s'y détériorer de façon extrêmement alarmante : depuis deux ans d'affrontements et de violences, on compte au moins 70.000 morts, 1,6 million de déplacés, et 200.000 réfugiés au Tchad voisin. Et la situation humanitaire des populations civiles s'aggrave de jour en jour.


Aggravation de la situation humanitaire au Darfour - 17 février 2005

Le dernier rapport du Secrétaire Général de l'ONU sur la situation au Darfour rappelle que le conflit aurait fait plus de 70.000 victimes.
Au total, alors que l'assistance humanitaire parvenait en janvier 2005 à près de 1,5 million de personnes, c'est en réalité près de 2,3 millions de personnes qui ont à présent besoin d'une assistance humanitaire pour survivre, soit plus du tiers de la population totale de 6 millions d'habitants.

 

Plus de 1,6 million de déplacés au Darfour (d'après l'AFP) - 16 décembre 2004

Le conflit du Darfour, province de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile depuis février 2003, a fait environ 1,65 million de déplacés sur une population totale d'environ 2,3 millions d'habitants, ont indiqué mercredi 15 décembre 2004 les Nations Unies dans un communiqué.
Malgré la dégradation de la situation, notamment du point de vue de la sécurité, les agences et organisations humanitaires réussissent à aider environ 80% des personnes déplacées, ajoute le texte, signé de Radhia Achouri, porte-parole du représentant spécial de l'ONU au Soudan, Jan Pronk.
Jusque-là, l'ONU évaluait à environ 1,5 million le nombres de personnes déplacées par ce conflit qui a fait plusieurs dizaines de milliers de morts.
Selon le communiqué de l'ONU, 6.653 travailleurs humanitaires, dont 788 expatriés, sont présents dans cette région désertique grande comme la France, soit un travailleur humanitaire pour 348 bénéficiaires. "Ce nombre devrait augmenter dans les mois à venir", ajoute le texte.

L'UE octroie 51 M EUR et redoute une crise alimentaire au Darfour (d'après l'AFP) -
29
novembre 2004

La Commission Européenne a décidé d'octroyer 51 millions d'euros supplémentaires d'aide humanitaire au Soudan et a averti contre une "crise alimentaire majeure à l'horizon" dans la région du Darfour (ouest), selon un communiqué de presse de l'UE distribué dimanche à Khartoum.
Au moins 31 M d'euros de cette nouvelle contribution seront affectés aux sinistrés du Darfour, selon le texte. Cette somme de 51 millions d'euros porte à plus de 248 millions d'euros la totalité de l'aide octroyée par la Commission Européenne au Soudan (y compris l'aide au développement) au cours de cette année, dont 215 millions consacrés aux sinistrés du Darfour.
L'aide au Darfour consiste en nourriture, abris, vêtements, eau potable et soins médicaux d'urgence, selon le communiqué.
Près de 10 millions d'euros doivent aider à l'application d'un programme de distribution de nourriture du Programme alimentaire mondial (PAM).

Le nombre de réfugiés dépassera 2 millions en décembre (d'après l'AFP) - 24 novembre 2004

Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) de l'ONU a averti lundi 21 novembre 2004 que le nombre de personnes déplacées par la crise au Darfour, dans l'ouest du Soudan, dépasserait les deux millions d'ici le mois prochain.
Déjà "plus d'1,5 million de personnes ont été brutalement chassées de leur foyer", a affirmé le directeur exécutif du PAM, James Morris, en visite pour deux jours à Ottawa.
Selon lui, les dernières estimations des flux de réfugiés comptabilisaient 300.000 personnes de plus que celles rapportées par l'organisation pas plus tard que la semaine dernière.
D'ici décembre, il y aura deux millions de personnes déplacées", a déclaré M. Morris, soulignant qu'il y avait actuellement 155 camps de réfugiés au Darfour, et plus 13 au Tchad, le pays voisin.


Réactivité - 17 novembre 2004

L'équipe de SOLIDARITES au Darfour va prendre en charge, à partir du mois de décembre, la distribution en aide alimentaire, ainsi qu'une aide ciblée en produits de première nécessité, sur le site de Labado. Ce site, qui se situe entre Nyala et Muhajaria, accueille entre 20.000 et 25.000 déplacés.

Chiffres (d'après Le Monde) - 15 novembre

Le conflit du Darfour a fait plus de 70 000 morts depuis son déclenchement en février 2003. Près de 150 000 personnes ont fui leur foyer au Darfour le mois dernier, un chiffre qui s'ajoute aux quelque 1,5 million de personnes déplacées par le conflit.

PAM : les vivres manquent pour près de 50 % de la population du Darfour (d'après Le Monde) - 25 octobre 2004

Intitulé La Sécurité alimentaire et l'Etat nutritionnel au Darfour, le travail d'enquête du Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies (PAM) sur la situation alimentaire des personnes déplacées et de la population locale, réalisé en août et septembre 2004 dans les trois provinces du Darfour en collaboration avec des ONG, y décrit la situation comme "extrêmement précaire". Depuis le mois de juin, l'arrivé massive de l'aide humanitaire internationale, distribuée par plus de 5 000 personnes déployées spécialement, a permis "d'éviter le pire", mais l'insécurité et les récoltes perdues du fait du conflit maintiennent hors de portée des secours des centaines de milliers de personnes déplacées.
Selon le PAM, "près de la moitié de la population au Darfour manque de la nourriture nécessaire pour une vie active et saine", et 6 % seulement des personnes déplacées "sont en mesure de survivre sans l'aide internationale". Selon les conclusions de l'étude, fondées sur des informations recueillies auprès de 5 000 personnes dans 56 sites, plus d'un quart des personnes déplacées par le conflit "manque gravement de nourriture", tandis qu'un enfant sur cinq souffre de malnutrition, 41 % de diarrhée et 55 % d'anémie.
"Même si la paix revenait demain au Darfour, au moins 1,7 million de personnes auraient toujours besoin de l'aide internationale pour s'alimenter", avertit la porte-parole du PAM à Genève, Christiane Berthiaume. L'agence onusienne met en garde contre le risque de "détérioration" de la situation, compte tenu des mauvaises récoltes attendues.
Depuis le début du conflit, en mars 2003, dans cette région occidentale du Soudan, plus de 1,5 million de personnes ont été chassées de leurs foyers. Mardi, le chef des évaluations des besoins d'urgence du PAM, Wolfgang Herbinger, a déclaré que 1,7 million de personnes "auront besoin d'aide avant qu'ils ne soient capables de produire leurs propres ressources alimentaires".
Selon les Nations unies, 700 000 tonnes d'aide alimentaire seront nécessaires au Darfour en début d'année prochaine, un chiffre qui pourrait augmenter au fil des mois. En septembre, le PAM a déjà distribué des vivres à 1,3 million de personnes, dépassant ses objectifs. Toutefois, relève Carlos Veloso, coordonnateur humanitaire du PAM pour le Darfour, "l'insécurité et le banditisme sur le chemin des convois continue à poser problème" et le nombre d'habitants du Darfour affectés par le conflit ne cesse d'augmenter, pour atteindre, début octobre, 1,8 million de personnes.

Extension de la mission de l'Union Africaine (d'après l'ONU) - 25 octobre 2004

Alors que la situation sécuritaire au Darfour continue d'être au premier rang des préoccupations de l'ONU et la principale entrave à l'aide humanitaire comme au retour des réfugiés, l'Union Africaine annonce l'envoi de près de 3.000 hommes, dans l'attente de l'appui logistique extérieur préconisé par le Conseil de sécurité, un déploiement souhaité par le Secrétaire général et les responsables de l'ONU le plus rapide possible.
Lors d'une rencontre avec la presse, le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a indiqué s'être entretenu avec le Président de l'Union africaine et espérer qu'après que " le Conseil politique et de sécurité de l'UA a pris la décision d'étendre la force ainsi que son mandat [...] ils agiront très vite. "
Il a précisé que, outre le suivi du cessez-le-feu, la force renforcée de l'UA " était censée créer un environnement favorable à la fourniture de l'assistance humanitaire et au retour des personnes déplacées et protéger les civils en danger dans leur voisinage immédiat. "

70 000 morts au Darfour depuis le mois de mars (d'après Le Monde) - 18 octobre 2004

Près de 70.000 personnes sont mortes de maladie ou de malnutrition au Darfour, au Soudan, depuis mars dernier, a indiqué vendredi 15 octobre 2004 un responsable de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Il a critiqué l'insuffisance de l'aide internationale.
"Nous ne sommes toujours pas capables de trouver les ressources collectives nécessaires pour répondre de manière adéquate (à cette crise) et ramener le nombre des victimes à un niveau acceptable", a déclaré David Nabarro, chargé de la gestion des situations de crise à l'OMS, lors d'une conférence de presse à Genève.
Les agences humanitaires, a-t-il déploré, n'ont reçu pour l'instant que la moitié des 300 millions de dollars (240 millions d'euros) nécessaires pour venir en aide à 1,4 million de personnes déplacées, dont 200.000 réfugiés installés au Tchad, qui souffrent de maladies (dysenterie, hépatite E, choléra) et de malnutrition, et vivent dans des conditions sanitaires déplorables.
Si on considère l'attention et la couverture médiatique accordées au Darfour, "il est stupéfiant de constater qu'on ne peut toujours pas obtenir l'argent nécessaire", a-t-il estimé. Pour le docteur Nabarro, le prix de cette impuissance "se mesure en nombre de morts".
Selon l'OMS, jusqu'à 10 000 personnes meurent chaque mois au Darfour dans les camps de personnes déplacées.
Ce chiffre ne tient pas compte des morts lors des combats et s'explique essentiellement par le manque de moyens, a souligné le docteur Nabarro. "Nous essayons d'atteindre les camps avec des véhicules tout-terrain qui tombent en panne ou qui s'embourbent alors que nous aurions besoin d'une vingtaine d'hélicoptères", a-t-il affirmé.
Vendredi 15 octobre 2004, à Rome, le directeur général du Programme Alimentaire Mondial (PAM), James Morris, avait, lui, déploré que le Darfour tende à occulter d'autres situations de famine moins connues. "La réalité est que le Darfour a désormais plus de chances de recevoir une aide alimentaire suffisante que, par exemple, les victimes de la faim au Pérou", avait relevé M. Morris.

SOLIDARITES répond à l'urgence - 22 septembre 2004

Après avoir identifié (voir dépêche ci-dessous), sur la ville de Muhajaria dans la zone de shaeria, un camp de déplacés de fortune accueillant actuellement plus de 10.000 personnes, et dont le nombre augmente chaque jour, nous avons installé une base opérationnelle à Muhajaria, avec deux volontaires en permanence (bientôt trois), qui commencent à apporter une aide d'urgence : accès à l'eau, assainissement, produits de première nécessité et aide alimentaire (en partenariat avec le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies).Ces personnes manquent de tout, et particulièrement d'accès à l'eau potable (aucun point d'eau sur le camp ! ), de moyens d'hygiène et d'aide alimentaire.


Seuil de l'urgence dépassé au Darfour (selon l'OMS) - 16 septembre 2004

Des milliers de personnes meurent chaque jour au Darfour de maladies qui pourraient être facilement évitées ou soignées, indique une enquête de l'agence de l'ONU pour la santé qui alerte sur le fait que le taux de mortalité au sein des populations déplacées de cette région de l'Ouest du Soudan a largement franchi le seuil qui permet de caractériser une situation d'urgence. L'occasion pour l'agence de rappeler que seulement la moitié des fonds nécessaires à l'aide humanitaire est disponible à ce jour.
Selon les résultats d'une enquête publiée hier par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) présenté hier dans un communiqué émanant du Siège de l'agence à Genève, le taux de mortalité au sein des populations déplacées du Darfour a franchi le seuil de la crise humanitaire et des milliers de personnes, y compris des enfants âgés de moins de 5 ans, meurent chaque jour de maladies qui pourraient être facilement évitées ou soignées.
Un mort pour 10 000 personnes par jour est le taux de mortalité qui définit habituellement une crise humanitaire, rappelle l'OMS. Son enquête, réalisée entre le 15 juin et le 15 août derniers, révèle que le taux de mortalité est de 1,5 mort pour 10 000 personnes par jour au Darfour-Nord et de 2,9 au Darfour-Ouest. " Les chiffres indiquent que les populations déplacées du Nord et de l'Ouest du Darfour meurent entre 3 et 6 fois plus que le taux de mortalité qui devrait être enregistré ", conclut l'étude.
" Cette enquête confirme ce que le personnel humanitaire craignait depuis des semaines (…) Des milliers, y compris des milliers d'enfants de moins de 5 ans, meurent chaque jour de maladies qui être pourraient facilement prévenues ou soignées " déplore Lee Jong-Wook, le directeur général de l'OMS. " Une action plus importante et mieux ciblée est maintenant vitale " prévient-il.
Selon l'étude réalisée, la diarrhée est la principale cause de mortalité, entraînant la mort de près de 3 enfants sur 4, âgés de moins de 5 ans. La violence infligée aux populations et les blessures qui en résultent, plus particulièrement chez les hommes âgés de 15 à 49 ans, constituent une autre cause importante de mortalité : 15% de la totalité des décès selon l'enquête.
L'équipe qui a menée l'enquête a collecté ses données en s'adressant directement aux populations déplacées, dans plus de 1500 foyers, du Nord et de l'Ouest du Darfour. Elle a également commencé une étude dans le Darfour-Sud mais n'a pas eu y rassembler toutes les données nécessaires. " L'équipe a dû suspendre ses travaux après un hold-up et un vol qui a lieu à Nyala, dans la capitale du Darfour-Sud, au début du mois de septembre ", explique l'OMS dans son communiqué.
Pour réduire ce niveau de mortalité, il faut renforcer l'approvisionnement en eau, améliorer l'hygiène, la sécurité et la gestion des camps, indique l'agence de l'ONU qui rappelle que 1,2 million de personnes ont fui leur village. Il faut aussi et surtout augmenter les ressources financières de l'aide humanitaire.
L'OMS souligne que les agences humanitaires de l'ONU et les Organisations non gouvernementales (ONG) ont délivré suffisamment de nourriture pour nourrir, au mois d'août, plus de 900 000 personnes déplacées. Par ailleurs, 700 000 personnes ont maintenant accès à l'eau potable, plus de 30 000 latrines ont été construites et 127 centres médicaux peuvent atteindre 950 000 personnes. "
Le personnel humanitaire a déjà fait beaucoup pour réduire le taux de mortalité. Les efforts supplémentaires dont les populations du Darfour ont maintenant besoin comprennent un meilleur accès à l'eau potable, à l'hygiène et aux premiers soins dans les camps de réfugiés, la sécurité des personnes déplacées et de celles qui travaillent dans l'humanitaire, une meilleure gestion des camps et l'assurance d'avoir des ressources financières nécessaires pour les mois à venir ", a indiqué Hussein Gezairy, directeur régional de l'OMS. Selon lui, seulement la moitié des fonds nécessaires à l'aide humanitaire pour les populations du Darfour est disponible.

Entre 6.000 et 10.000 personnes meurent chaque mois dans le Darfour (d'après AP)
14 septembre 2004

Entre 6.000 et 10.000 personnes déplacées, fuyant la région du Darfour au Soudan, meurent chaque mois, des suites de maladies ou de violences dans des camps de réfugiés, ont annoncé lundi des responsables de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les résultats de l'enquête de l'agence onusienne confirment une estimation antérieure qui évaluait à 50.000 le nombre de personnes décédées depuis le début du conflit, a indiqué le Dr. David Nabarro, chef de l'intervention d'urgence conduite par l'OMS. "Ces chiffres sont élevés", a commenté Dr. Nabarro. "Ces chiffres sont plus élevés que ceux que nous avions pour le Timor oriental, plus élevés que ceux de l'Irak de 1991 et comparables à ceux que nous avions pour le Rwanda à l'époque du génocide." "Il est inquiétant pour nous, d'avoir, six mois après le début de notre intervention, un taux de mortalité si important", a-t-il ajouté. "L'OMS et les autres agences sur le terrain n'ont pas encore atteint leur pleine capacité. Nous ne font pas notre travail comme il le faudrait." Entre 50 et 75 % des décès parmi les enfants de moins de cinq ans sont dus à la diarrhée souvent contactée en raison des mauvaises conditions d'hygiène et de l'absorption d'eau non-potable. Les camps de réfugiés sont souvent surpeuplés. Ils manquent d'eau potable et disposent de latrines inadaptées, sans savons. La boue se mélange souvent aux excréments rendant l'hygiène un objectif impossible à atteindre pour ces populations vivant sous de petites huttes faites de bâches goudronnées. Les violences sont la cause d'environ 15 % des décès, a indiqué l'agence onusienne. Environ 1.2 millions de personnes ayant fui leurs villages de la région du Darfour au Soudan sont parquées dans 129 campements dispersés sur une zone grande comme la France. Plus de 200.000 personnes ont trouvé refuge au Tchad, pays limitrophe du Soudan.

SOLIDARITES aux avant-postes de l'urgence - 1 septembre 2004

L'équipe de SOLIDARITES sur le terrain au Darfour mène actuellement, parallèlement à notre action d'urgence déjà engagée (voir dépêches précédentes) des évaluations actives afin de localiser les populations les plus vulnérables et de leur porter secours. Ainsi, sur la ville de Muhajaria dans la zone de shaeria, nos volontaires, qui se déplacent à cheval en raison des difficultés d'accès, ont identifié un camp de déplacés de fortune accueillant actuellement 10.000 personnes, et qui devrait très vite en accueillir près de 20.000. Ces personnes viennent de la zone de Yassine où des combats font rage depuis plus d'un mois ; elles manquent de tout, et particulièrement d'accès à l'eau potable, de moyens d'hygiène et d'aide alimentaire. Notre équipe sur place se prépare à mettre en œuvre le plus rapidement possible une aide appropriée.

434 millions de dollars manquants pour l'aide humanitaire au Soudan (d'après l'ONU)
26 août 2004

" Il manque encore 434 millions de dollars sur les 722 nécessaires pour faire face aux besoins les plus urgents dans la crise humanitaire au Soudan, d'ici à la fin de l'année " prévient aujourd'hui la Coordination humanitaire de l'ONU, qui présente un nouvel appel consolidé révisé à la hausse pour toutes les agences de l'Organisation et qui rappelle que la crise au Soudan n'est pas limitée au Darfour.
Rien que pour le Darfour, l'appel à l'assistance humanitaire a été révisé de 250 millions de dollars en mars et porté à 365 millions, souligne le communiqué, qui précise que 188 millions de dollars sont nécessaires simplement pour subvenir aux besoins des 1,5 million de personnes déplacées, ce chiffre risquant d'atteindre les 2 millions d'ici au mois d'octobre.
Les 115 millions de dollars supplémentaires seront principalement utilisés pour les convois aériens du Programme alimentaire mondial (PAM), informe le communiqué.
" Les agences humanitaires ont permis d'éviter une catastrophe apocalyptique en se frayant un accès aux centaines de milliers de personnes déplacées par la guerre ces deux derniers mois mais la crise humanitaire est loin d'avoir disparu ", déclare le Coordonnateur des affaires humanitaires qui souligne que 4 000 travailleurs humanitaires internationaux et soudanais sont à présent sur le terrain.
Les trois priorités humanitaires sont les suivantes: fournir du matériel de survie et la protection des personnes déplacées ainsi qu'aux communautés d'accueil dans la région du Darfour; aider les retours volontaires et la réintégration immédiate dans le sud du Soudan; et subvenir aux besoins humanitaires de base dans le reste du pays. Jusqu'à présent, le financement de ces opérations reste largement insuffisant.
Les institutions des Nations Unies qui prennent part à cet appel sont les suivantes: Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), Bureau du Haut Commissaire aux Droits de l'Homme, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), Haut Commissariat aux Réfugiés (UNHCR), le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF), l'Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), le Service d'action antimines des Nations Unies, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Semaine décisive à Abuja et à l'Onu sur le Darfour (d'après l'AFP)
23 août 2004

La crise du Darfour connaîtra à partir de lundi une semaine décisive avec la reprise des pourparlers intersoudanais à Abuja et la présentation d'un rapport préliminaire au Conseil de Sécurité de l'ONU sur la situation sécuritaire et humanitaire dans cette province de l'ouest du Soudan. Khartoum s'est engagé à reprendre les négociations avec un "esprit ouvert" lundi à Abuja (Nigeria) avec les rebelles du Mouvement pour la Justice et l'Egalité (MJE) et l'Armée de Libération du Soudan (ALS), qui demandent plus d'autonomie pour le Darfour et un partage des richesses (pétrole, uranium, cuivre) avec le reste du pays. Ces négociations de la "dernière chance" sont parrainées par l'Union Africaine (UA) et suivies de très près par la Libye et le Tchad, tous deux concernés par une solution politique de la crise du Darfour, alors que la Ligue arabe, dont le Soudan est membre, s'emploie à prévenir une intervention militaire étrangère et l'internationalisation du conflit.

1,5 million de personnes affectées par le conflit au Darfour: (d'après l'ONU)
19 août 2004

Près de 1,5 million de personnes sont affectées par la guerre civile qui déchire le Darfour, dans l'ouest du Soudan, selon les Nations Unies. Sur ce total, 1,2 million sont des "réfugiés dans leur propre pays" et plus de 200 000 sont réfugiés au Tchad. Les Nations Unies estiment désormais à 1,48 million le nombre total des personnes affectées par l'actuel conflit au Darfour, a déclaré le porte-parole de l'ONU Fred Eckhard. Le nombre des déplacés à l'intérieur du pays a augmenté en un mois, puisqu'il n'était que de un million le mois passé, a-t-il ajouté, citant le Bureau de Coordination de l'Aide Humanitaire des Nations Unies (OCHA).

Le manque d'accès à l'eau potable fait craindre des épidémies (d'après l'OMS)
18 août 2004

L'épidémie d'hépatite E continue à sévir dans l'Ouest du Darfour où " sur les 623 cas suspects d'hépatite E signalés, il y a eu déjà 22 décès ", a déclaré Fadela Chaib, porte-parole de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
" Les premières analyses ont été effectuées à la suite de l'apparition de cas de jaunisse, un symptôme de l'hépatite E. Les femmes enceintes sont les plus touchées par la maladie", a-t-elle ajouté.




L'hépatite E est une maladie virale liée aux conditions sanitaires et est transmise par de l'eau contaminée ou des aliments souillés, indique l'OMS, qui précise que " le taux de létalité varie entre 1 et 4 % mais peut atteindre 20 % chez la femme enceinte, plus sensible aux formes les plus sévères de la maladie ".
Son apparition "montre la nécessité d'améliorer l'accès à l'eau potable au Darfour et de renforcer la surveillance épidémiologique, surtout depuis le début de la saison des pluies dans la région ", a ajouté la porte-parole de l'OMS.

 

Le Plan d'action de l'accord Soudan - ONU rendu public (d'après l'ONU) -
16 août 2004

Ce Plan d'action conçu dans le cadre de l'application de l'accord ONU/Soudan, et transmis sous forme de document officiel de l'ONU aujourd'hui par la délégation soudanaise au Président du Conseil de sécurité, stipule que :
" Le Gouvernement soudanais identifiera et désignera les milices sur lesquelles il a une emprise et les sommera de mettre immédiatement fin à leurs activités et de déposer les armes ".
Il précise que " ces armes pourront par la suite être récupérées dans le cadre d'un programme de désarmement, démobilisation et réinsertion, qui inclura le désarmement des rebelles et autres milices armées ".
Le Plan prévoit la sécurisation de zones sélectionnées par le Gouvernement comme étant susceptibles de faire l'objet de mesures spécifiques dans les 30 jours impartis par le Conseil de sécurité. Il peut s'agir, précise le texte, " de camps de personnes déplacées existants ou de zones entourant des villes ou villages à forte densité de population locale."
Le Gouvernement soudanais " assurera ensuite la sécurité des trajets vers et entre ces zones ", indique le Plan d'action qui stipule que ce seront les forces de police soudanaises qui s'acquitteront de ces tâches, " afin d'entretenir le climat de confiance créé grâce au redéploiement des forces armées du Gouvernement. "
" Cette mesure permettra également aux populations de s'installer dans les zones concernées et de s'y livrer à des activités essentielles à leur survie, telles que l'utilisation des points d'eau et des sources d'alimentation, l'élevage et l'agriculture ", est-il également prévu, de même que les moyens utilisés pour cela, à savoir l'instauration d'une défense statique autour des villes et des camps, l'installation de points de contrôle sur les trajets pertinents et l'escorte des convois.
Autre disposition majeure du plan, " toutes les opérations militaires offensives menées par les forces armées du Gouvernement soudanais dans les zones qu'il est proposé de sécuriser, y compris toute action offensive menée contre les groupes rebelles, cesseront immédiatement. "
" Les forces armées du Gouvernement feront également preuve de retenue, s'abstenant de prendre des mesures de rétorsion à l'encontre des rebelles en raison de leurs actes, nonobstant leur droit à l'autodéfense ", est-il indiqué dans le même article qui ajoute que " l'armée sera ensuite redéployée de telle sorte qu'elle ne sera pas en contact direct avec les camps et les civils ", cela " afin de démontrer une volonté politique de contribuer au rétablissement de la confiance parmi la population locale. "
Il est prévu également que " conformément aux dispositions de l'accord de cessez-le-feu, le Gouvernement soudanais sommera les groupes rebelles partis aux pourparlers de paix sur le Darfour de mettre immédiatement fin aux opérations militaires offensives dans les zones qu'il est proposé de sécuriser."
Le Gouvernement, ajoute le Plan, " attend de l'Union africaine et des autres partenaires internationaux qu'ils fassent pression sur les groupes rebelles pour qu'ils respectent strictement le cessez-le-feu et qu'ils déposent les armes ", lesquelles " pourront par la suite être récupérées dans le cadre d'un programme de désarmement, démobilisation et réinsertion. "
Il prévoit également que le Gouvernement soudanais signera un accord avec l'Organisation internationale des migrations pour surveiller et faciliter le retour volontaire dans leurs foyers des personnes déplacées et indique que le Gouvernement soudanais confirme sa politique du retour non forcé.
Il faut sans doute voir dans la réunion, hier et avant-hier à Khartoum, d'une conférence sur l'administration locale des trois régions du Darfour, une application de l'article 10 du Plan qui prévoit l'organisation par les autorités soudanaises d'une conférence " au cours de laquelle elles demandent aux dirigeants locaux de l'aider à rétablir la confiance et d'assumer davantage de responsabilités dans les domaines de la sécurité, de l'administration et du règlement des litiges. "

Distribution d'urgence pour les déplacés de Nertiti - 11 août 2004

L'équipe de volontaires de SOLIDARITES sur le terrain au Darfour à procédé à une première distribution de produits de première nécessité dans le camp Nord de Nertiti, dans la zone de Nyala.


 

 

 

L'ONU inquiète devant les fortes pluies au Darfour - 10 août 2004

''Les routes en mauvais état, ajoutées aux fortes pluies, ne permettent pas aux travailleurs humanitaires d'atteindre facilement les personnes déplacées, a déclaré à Ben Parker, porte-parole des Nations Unies au Soudan.
En conséquence, a-t-il ajouté, le Programme Alimentaire Mondial de l'ONU (PAM) a recouru au parachutage dans les régions inaccessibles. Cependant, le défi de ravitailler en eau potable les personnes déplacées demeure, de même que le risque du choléra et de la diarrhée qui se déclarent parmi ceux qui n'ont pas de réserves.

L'ONU tire la sonnette d'alarme - 22 juillet 2004

Le Secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, qui s'exprimait au sortir de consultations du Conseil de sécurité sur la situation au Soudan, a insisté sur le manque de ressources dont souffrait l'ensemble des opérations en faveur du Darfour, indiquant que sur les 349 millions de dollars nécessaires, seuls 145 millions avaient été effectivement apportés par la communauté des donateurs, ce qui laisse 200 millions de dollars non financés.
" Nous avons besoin de cet argent maintenant, pas demain, demain il sera peut-être trop tard ", a-t-il déclaré, précisant que six hélicoptères étaient également nécessaires aux agences humanitaires pour atteindre les populations pendant la saison des pluies.

SOLIDARITES engagée dans l'action sur le terrain - 21 juillet 2004

SOLIDARITES se mobilise pour répondre dès maintenant aux besoins les plus urgents au Darfour : nous portons secours à plus de 100.000 personnes (distributions alimentaires et produits de première nécessité, accès à l'eau et l'assainissement…) des zones de Manawashe et Nertiti, à partir d'une base opérationnelle à Nyala, appuyée par une base capitale à Khartoum.

Pour ce faire, notre équipe terrain monte en puissance : le 10 juillet sont partis pour le Soudan Olivier, coordinateur régional Nyala, et Cédric, responsable hydro ; le 17 juillet les ont rejoints Magali, administratrice Khartoum, Marie-José, logisticienne-administratrice, et Mathieu, logisticien-administrateur. Le 31 juillet doivent s'envoler Kim, Chef de Mission, Héloïs, responsable distribution, et Magali
(encore une ! ), responsable hydro.

 

Agir vite pour éviter le pire (d'après l'ONU) - 5 juillet 2004
" Il faut que la communauté internationale travaille avec toutes les parties prenantes à régler la crise au Darfour sinon c'est toute la région qui connaîtra un véritable drame auprès duquel celui qui se déroule actuellement paraîtra peu de chose ", a affirmé le Secrétaire général de l'ONU Kofi Annan après son entretien avec le Président du Tchad, à N'Djaména.

" Il est nécessaire de trouver une solution, une solution politique, aussi rapidement que possible, sinon ce ne sera pas seulement le Soudan qui sera en cause, mais toute la région qui sera confrontée à un drame ", a-t'il déclaré

Le Secrétaire général a poursuivi en affirmant : " Nous, la communauté internationale, devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour œuvrer avec le Gouvernement du Soudan et le Président du Tchad pour trouver une solution et calmer la situation.

Faute de quoi, a-t-il prévenu, " le drame que nous connaissons maintenant n'est rien en comparaison de ce qui suivra. "

" Nous allons augmenter l'assistance humanitaire, un processus qui est déjà en cours ", a expliqué Kofi Annan qui a ajouté que la communauté internationale essayait d'aider mais qu'il pensait que " le rythme de l'aide [...] n'était pas à la mesure de la crise" et que la communauté internationale devait faire plus.

" C'est une chose de faire des promesses et une autre de les convertir en liquidités financières ", a-t-il ajouté, faisant observer que " nous allons avoir besoin d'argent non seulement pour le Tchad mais pour le Soudan. "

SOLIDARITES au coeur de l'action au Darfour
SOLIDARITES est au coeur des besoins et engagé dans l’action au Darfour : notre équipe sur place met en oeuvre, en ce moment même, une action d’urgence, à partir de la base de Nyala, sur les zones de Nertiti et Manawashe au profit de plus de 100.000 personnes. Les actions mises en place sont :

Cliquez pour agrandir la carteZone de Manawashe (environ 35 000 personnes déplacées)
- distribution alimentaire et produits de première nécessité
- réhabilitation et construction d’ouvrages hydrauliques (puits et pompes)
- assainissement (latrines)
- sensibilisation à l’hygiène
- dans un deuxième temps, sécurité alimentaire (distribution de kits agricoles et de semences)

A Nertiti (près de 30 000 personnes déplacées)
- réhabilitation et construction d’ouvrages hydrauliques
- assainissement dans les camps (latrines)
- sensibilisation à l’hygiène

Nous remercions la Délégation à l’Action Humanitaire (DAH) du Ministère Français des Affaires Etrangères pour son soutien dans la mise en œuvre de cette action d’urgence.

Une Tragédie humanitaire
La crise humanitaire dans la province du Darfour au Soudan est, d’après les chiffres, une véritable tragédie. Rappelons que les affrontements, pillages et massacres ont déjà fait depuis un an et demi entre 10.000 et 30.000 morts ; par ailleurs plus d’un million de personnes sont déplacées au Darfour, et à cours de ressources, et près de 200.000 réfugiées au Tchad. Des taux de malnutrition très alarmants (20 % de malnutrition globale et 4 % de malnutrition sévère) on été constatés au Darfour par des équipes d’ONG médicales. On craint, enfin, que, d’ors et déjà, cette tragédie humanitaire fasse dans les prochaines semaines des centaines de milliers de morts.
Une équipe de SOLIDARITES est sur place pour agir et répondre aux besoins des populations.

 
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