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République démocratique du Congo

Entre affrontements armés et épidémies
3 324 morts de la 10ème épidémie Ebola entre 2018 et 2019
3,4 millions d'enfants de - de 5 ans dans l'est du pays souffrent de malnutrition
1er pays d'Afrique en nombre de déplacés internes (2ème au monde)
1 900 000 personnes secourues

Contexte

La République démocratique du Congo (RDC) est en proie à des conflits chroniques, principalement causés par la diversité et la richesse des ressources de certaines régions.

En 2019, alors que des élections marquant le premier transfert de pouvoir pacifique dans l’histoire du pays et qu’une diminution de la violence était observable dans certaines provinces, telles que les Kasaïs et au Tanganyika, les conflits armés se sont intensifiés dans d’autres régions, notamment en Ituri et dans le Nord et Sud-Kivu.

Depuis le début de l’année 2020, la situation humanitaire s’est détériorée en raison d’une augmentation des mouvements de population et des incidents de protection, résultats directs de l’escalade des conflits, en particulier dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Tanganyika. L’est de la RDC est particulièrement touché. En effet, la présence continue de plus de 140 groupes armés au Nord et Sud-Kivu, au Maniema, au Tanganyika et en Ituri ainsi que les conflits intercommunautaires constituent une menace permanente pour la population.

Malgré l’accord de paix signé en 2013, les affrontements armés persistent et se combinent à d’autres facteurs, dont une pauvreté chronique, un taux de malnutrition élevé, la prévalence d’épidémies récurrentes, une situation politique volatile, la concurrence pour les ressources naturelles, le changement climatique et les risques naturels (éruptions volcaniques, tremblements de terre et inondations). Tous ces facteurs entraînent une crise humanitaire prolongée : il est estimé que 15,6 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire (dont 3,5 millions de personnes dans le Nord-Kivu et 2,4 millions en Ituri)*, dont 58% sont des enfants.

Au total, on estime à 5,2 millions le nombre de personnes déplacées dans le pays ; le Nord-Kivu, l’Ituri, le Sud-Kivu, le Kasaï et le Tanganyika étant les régions les plus concernées. En effet, du fait du conflit armé, l’Ituri accueille environ 2,7 millions de personnes déplacées, et le Nord-Kivu 1,6 million. La RDC compte également 1,9 million de personnes retournées, lesquelles reviennent s’installer sur leur lieu de vie après un déplacement. En revanche, plus de 538 000 ressortissants congolais cherchent refuge dans les pays voisins (Ouganda, Tanzanie, Burundi, Rwanda).

L’insécurité génère ainsi des déplacements et des pertes de biens et d’accès aux champs, alors que l’agriculture de subsistance et de revente représente la source principale de revenu des ménages (la majorité d’entre eux exercent une activité agricole). Par conséquent, les déplacés représentent un pourcentage important de la population en situation de crise alimentaire et crise alimentaire aigüe.

Les chiffres officiels estiment qu’environ 15,6 millions de personnes sont confrontées à l’insécurité alimentaire (en phase de crise et d’urgence), dont 3,4 millions d’enfants souffrent de malnutrition aigüe. Cela est considéré comme la deuxième plus grande crise alimentaire mondiale. Cette situation résulte principalement des conflits entre groupes armés, de la faiblesse des infrastructures limitant les activités agricoles et économiques dans les zones rurales et aussi des conditions climatiques désastreuses. En outre, les personnes dans le besoin se trouvent souvent dans des zones reculées difficilement accessibles aux acteurs humanitaires.

C’est ainsi que 5,5 millions de personnes, dont une majorité d’enfants, ont besoin d’une prise en charge nutritionnelle, constat qui risque de s’accentuer du fait de l’impact négatif du COVID-19 sur les revenus des ménages et l’adoption de stratégies négatives de survie (réduction du nombre de repas par jour, ou de la taille et qualité nutritive des rations). Étant donné qu’il est prouvé que les maladies infantiles (rougeole, paludisme, infections respiratoires aigües etc.) peuvent contribuer à l’apparition de la malnutrition aigüe chez les enfants, les efforts de lutte contre la malnutrition chez les enfants doivent donc s’accompagner d’une lutte contre les maladies infectieuses.

Actuellement, le pays est confronté à plusieurs épidémies, dont le choléra, Ebola, la rougeole, le paludisme et désormais le Covid-19.
Chaque année, la RDC subit des épidémies récurrentes de choléra, et l’année 2020 n’échappe pas à ce constat, avec près de 5 millions de personnes vivant dans des zones à risque de choléra. En fin 2019, 28 000 cas suspects de choléra ont été identifiés tout au long de l’année.
De plus, en 2018-2020, la RDC a connu l’une de ses pires épidémies d’Ebola, avec un bilan tragique de 2 277 morts.
Par ailleurs, la rougeole et le paludisme continuent de faire des ravages en RDC, avec respectivement 269 000 cas suspects de rougeole tout au long de l’année 2019 (59 370 cas et 781 décès entre janvier et mai 2020), et 16,5 millions de cas notifiés de paludisme sur la même période.
Enfin, la pandémie globale de Covid-19 n’a pas épargné la RDC, qui décompte 11 300 cas notifiés en novembre 2020, suite au premier cas déclaré en mars 2020. Cette pandémie a mis à rude épreuve les services sociaux, notamment l’accès aux soins de santé. Le Plan de réponse humanitaire 2020-2021 (mis à jour en juillet 2020) estime que le chiffre de personnes en besoin de protection et d’aide humanitaire dans le pays pourrait monter à 25,6 millions, car étant à risque d’être affectées par l’épidémie de COVID-19.

Les maladies sont de plus en plus répandues dans ce pays en raison de la défaillance du système de santé, de pratiques d’hygiène à risque et du manque d’approvisionnement en eau potable pour les personnes déplacées. Face à l’épidémie de COVID-19, les besoins de ces dernières se sont accrus en même temps que le respect des mesures d’hygiène essentielles et des gestes barrières représente un réel défi dans les sites de déplacement et dans les familles d’accueil des personnes déplacées, où la promiscuité est grande et l’accès à l’eau et à l’assainissement de base limité. Ces populations affectées de manière récurrente par des flambées épidémiques nécessitent un accès amélioré aux services de santé et d’eau, d’assainissement et d’hygiène (EAH) afin de renforcer l’engagement communautaire et les infrastructures existantes et d’éviter de nouvelles vagues épidémiques, et par extension une grave perturbation des moyens de subsistance.

Ainsi, ces différentes crises, issues de la superposition de plusieurs facteurs déclencheurs, sont extrêmement dynamiques et nécessitent un haut niveau de réactivité de la part des acteurs humanitaires. Dans le même temps, l’insécurité et l’augmentation de la criminalité continuent de compliquer l’accès des acteurs humanitaires.

*APERÇU DES BESOINS HUMANITAIRES RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO, CYCLE DE PROGRAMME HUMANITAIRE 2020, PUBLIÉ EN DÉCEMBRE 2019.

  • 99,9 millions d'habitants
  • 77% de la population sous le seuil international de pauvreté
  • 176ème sur 189 pays pour l'Indice de Développement Humain

Notre action

  • Année d'ouverture
    de la mission 2000
  • Équipe 18 internationaux
    175 nationaux
  • Budget 12,8M€

Présente en RDC depuis 20 ans, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL intervient sur les foyers de crises émergentes et récurrentes en répondant aux besoins de base des personnes les plus vulnérables.

Les projets sont mis en œuvre dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, zones qui enregistrent à elles seules la majorité des mouvements de population et la plus grande présence de personnes déplacées internes du pays. C’est dans ce contexte que quatre projets de réponse rapide aux mouvements de population sont menés en 2020. Concrètement, il s’agit d’interventions multisectorielles d’urgence, déclenchées très rapidement afin de répondre aux besoins immédiats des populations affectées par les affrontements armés.
Le volet Eau, assainissement et hygiène (EAH) vise à assister immédiatement les populations les plus vulnérables ayant subies un déplacement, à travers une sensibilisation aux bonnes pratiques d’hygiène et de traitement de l’eau pour réduire le risque de maladies diarrhéiques, la construction/réhabilitation de latrines et douches d’urgence et semi durables, de trous à ordures ainsi que de sources d’eau potable.

Le volet Sécurité alimentaire vise à proposer une réponse rapide et efficace aux besoins vitaux des personnes en situation d’insécurité alimentaire aigüe, à travers des transferts monétaires (cash/voucher pour l’accès aux vivres) et des distributions de semences, dans une dynamique de relance du marché local, d’autonomisation et d’indépendance.

L’assistance en direction des populations déplacées victimes d’un choc, aux populations exposées aux multiples risques épidémiques (choléra, Covid-19, Ebola) ainsi que la réduction de la prévalence des maladies hydriques demeurent une priorité dans le cadre des interventions Eau, assainissement et hygiène (EAH). C’est ainsi qu’en 2020, trois projets portent sur la réponse choléra en RDC, deux sur la réponse Ebola et deux sur la réponse Covid-19.

En parallèle, la réponse humanitaire de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL s’articule autour de projets intégrés et multisectoriels qui s’inscrivent dans le temps. En effet, l’objectif de relèvement des populations vulnérables, tout en faisant le lien avec les interventions d’urgence, doit viser un changement positif durable. Ces projets sont au nombre de neuf pour l’année 2020.

Enfin, la volonté de créer plus systématiquement des alliances avec des ONG internationales et nationales, en particulier sur l’arc Est de la RDC, permet à SOLIDARITÉS INTERNATIONAL de proposer des interventions efficaces et pertinentes, capable de contribuer au renforcement de la résilience des populations et de la stabilité des zones d’intervention.

Partenaires

UNICEF, Union Européenne ECHO, CIAA, DFID/FCDO, FH RDC, Centre de Crise et de Soutien, Fonds Humanitaire en RDC

Notre impact

Réponse urgence mouvements populations

Réponse d'urgence aux mouvements de populations

1 915 914 personnes bénéficiaires

– Approvisionnement d’urgence en eau potable
– Construction de latrines, douches, trous à ordures d’urgence
– Pré-positionnement et distribution de kits d’articles ménagers essentiels
– Donation d’articles essentiels
– Organisation de journées de foires
– Formation de relais communautaires et comités de gestion des points d’eau et infrastructures d’assainissement
– Distributions de rations de vivres
– Analyse participative des risques, vulnérabilités et capacités en cas de mouvement de population
– Appui à la reconstruction d’abris via la méthodologie cash pour abris

eau hygiène et assainissement

Eau, assainissement et hygiène

647 204 personnes bénéficiaires

– Création et formation des comités de gestion de points d’eau et des latrines
– Construction et réhabilitation de points d’eau
– Chloration en urgence : chloration de points d’eau et mise en place de points de chloration
– Désinfections de latrines et de ménages
– Distribution de purifiants d’eau
– Remplacement de canalisations
– Mise en service d’hyper bornes fontaine
– Séance de sensibilisation à l’hygiène en porte-à-porte et dans les écoles
– Formation d’agents relais communautaires

sécurité alimentaire

Sécurité alimentaire et moyens d'existence

166 719 personnes bénéficiaires

– Distributions et foires aux intrants agricoles
– Formations sur les pratiques agricoles soutenables
– Mise en place d’activités d’argent contre travail
– Mise en place d’activités génératrices de revenus
– Distribution de semences et d’outils agricoles
– Assistance monétaire inconditionnelle
– Appui aux groupements particuliers (AVEC)

Pour toute information vous pouvez contacter Justine Muzik Piquemal.

Justine Muzik Piquemal

Vos dons en action

48 soit 12€ après déduction fiscale

Vous participez à la réhabilitation d'une source d'eau potable

Je donne

70 soit 17,50€ après déduction fiscale

Vous offrez un mois de vivres à une famille vulnérable

Je donne

118 soit 29,50€ après déduction fiscale

Vous participez à la construction de latrines d'urgence

Je donne
93%de nos ressources
affectées aux populations

Un chiffre qui relève d'un choix stratégique, correspondant à notre idée de l'engagement humanitaire.

Postes à pourvoir

19
Au siège
73
Sur le terrain
9
En stages