Accueil Soudan > Témoignages
Guillaume Woehling, responsable
géographique au siège, s’est rendu sur notre
mission au Darfour du 09 au 30 mars 2007. Il témoigne
et fait le point sur la situation humanitaire sur le terrain.
-
Qu’as-tu constaté à l’occasion de
cette mission ?
D’abord, il est important de préciser qu’il
s’agissait pour moi d’une mission de soutien à
notre équipe sur place. J’ai trouvé une
équipe fatiguée, car elle a eu à gérer,
ces derniers mois, de sérieux problèmes de sécurité
et à faire face à des urgences humanitaires. Mais
cette équipe est toujours aussi motivée. A part
notre base de coordination à Nyala, j’ai pu me
rendre à Shaeria, Nertiti, Gornei et Saga. J’ai
constaté une plus grande préparation opérationnelle
des équipes, permettant une plus grande capacité
à réagir aux urgences humanitaires et aux problèmes
de sécurité. Cette préparation opérationnelle
optimisée correspond à notre stratégie
au Darfour pour 2007.
- Sur le plan de la situation humanitaire ?
Il est clair que les zones rurales (brousse) continuent à
se vider. Les gens continuent d’arriver dans les camps
de déplacés en zones urbaines. La raison de cet
exode est notamment la multiplication de conflits locaux. Si,
en parallèle, on pose le problème de la réduction
du nombre de bénéficiaires des distributions alimentaires
assurées en partenariat avec le Programme Alimentaire
Mondial (PAM), et celui de la dégradation de l’accès
humanitaire aux populations vulnérables, surtout en brousse,
il est à prévoir une crise humanitaire, notamment
alimentaire, dès la période de soudure en mai
–juin. Dans cette situation, SOLIDARITES met tout en œuvre
pour faire face aux besoins, notamment par un travail de proximité
et de contacts étroits avec les différentes communautés
(nomades, résidents) et autorités (traditionnelles,
rebelles, gouvernementales). L’objectif est de poursuivre
et développer notre action en brousse, là où
l’aide est indispensable.
-
Comment est perçu sur le terrain le positionnement de
SOLIDARITES, demandant que tout soit fait pour obtenir une sanctuarisation
de l’aide humanitaire ?
Il faut d’abord rappeler que la situation est vraiment
très complexe sur place au Darfour, et que cette complexité
est difficile à faire comprendre ici en France. A partir
de là, en attendant un accord politique global, il faut
pour la population des garanties d’accès et de
sécurisation de l’aide humanitaire, et ce de la
part de toutes les parties. En ce sens, le positionnement de
SOLIDARITES est cohérent, et est perçu sur le
terrain, par l’équipe, avec fierté, dans
la mesure où il est l’expression de notre capacité
à être l’une des rares ONG à pouvoir
encore agir en brousse sur nos zones d’intervention. Par
ailleurs, j’ai constaté de gros efforts au niveau
de OCHA (bureau de coordination de l’aide humanitaire
des Nations Unies) et un fort soutien de nos partenaires (nos
donateurs, MAE : DAH et Ambassade de France, OFDA, DG-ECHO,
DFID) qui comprennent bien l’importance d’une grande
flexibilité opérationnelle pour mieux répondre
aux déplacements des populations et à leurs besoins
humanitaires.