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Yémen : le ravage des épidémies

Publié le lundi 22 juin 2020

CRISE AGRAVÉE Alors que des épidémies saisonnières frappent régulièrement le Yémen, l’arrivée du Covid-19 plonge les populations dans une situation sanitaire encore plus dramatique qu’auparavant.

Paludisme, dengue, choléra ou encore chikungunya… Enferré dans une guerre qui s’éternise, le Yémen est touché par une accumulation de pics épidémiques. Lié à la saison des pluies et aux fortes inondations, qui ont débuté cette année en mars et devraient s’intensifier jusqu’au mois d’août, mais aussi à l’effondrement du système de santé, le phénomène provoque une surmortalité des populations. ‘’Lorsqu’il y a des épidémies qui se chevauchent, l’accès à l’eau est essentiel. Or 40 % des Yéménites n’ont pas accès à une installation avec de l’eau et du savon, et 18 % d’entre eux ne disposent d’aucune installation’’, souligne Lucie R., notre Directrice pays au Yémen.

Un système sanitaire exsangue

L’arrivée du Covid-19 est un facteur aggravant. À l’heure où nous écrivons ces lignes, 127 décès et 524 cas confirmés ont été enregistrés dans le pays. Mais ces chiffres pourraient être sous-évalués en raison du manque de moyens à tous les niveaux auquel le Yémen doit faire face.

Les hôpitaux et centres de santé du Yémen sont pour la plupart sous-équipés et manquent de personnels. À Aden par exemple, très peu d’hôpitaux ont la capacité de prendre en charge les patients suspectés d’être infectés par le Covid-19. ‘’Les hôpitaux ont fermé ou refusent de prendre les patients par manque de moyens’’, raconte Lucie R. L’accès aux services de base est déjà fortement entravé par les conflits et l’épidémie de Covid-19 exacerbe le problème.

Une propagation du virus dans ce contexte pourrait être dramatique. Des mesures de contingence ont été prises (couvre-feu, restrictions de mouvement etc.) mais elles ne sont que partiellement respectées. ‘’C’est impossible quand il fait 40 degrés, qu’il n’y a pas d’électricité et que la principale source de revenus de la population est le travail journalier’’, explique notre Directrice pays.

  • 29,3 millions d'habitants
  • 62% de taux de pauvreté
  • 168 sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain

‘’L’arrêt de nos activités serait dévastateur’’

Face à ces épidémies saisonnières, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL intervient depuis plusieurs années pour assurer un accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement aux populations vulnérables du Sud du Yémen. Expertes dans la lutte contre le choléra et les maladies hydriques en général, nos équipes mènent aussi des actions essentielles de prévention et de contrôle. Avec l’arrivée du Covid-19, elles ont renforcé leurs activités (accès à l’eau mais aussi réhabilitation de centres de santé et distribution de kits d’hygiène) tout en mettant en place les mesures et les gestes barrières nécessaires.

‘’On s’est posé la question d’arrêter nos activités pour protéger nos équipes et nos bénéficiaires contre le virus, mais ce serait dévastateur pour les populations’’, tranche Lucie R. D’autant que la crise économique mondiale liée à la pandémie de Covid-19 commence à se répercuter dans le pays, largement dépendant de l’aide internationale.

Aider plus loin, SOUTENEZ-NOUS

Avec 100€, vous aidez 100 personnes à se protéger des maladies hydriques au Yémen.

Soit 25€ après déduction fiscale.

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