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Crise économique, sanitaire et alimentaire : le chaos yéménite

Publié le lundi 8 novembre 2021

Six ans après l’internationalisation du conflit au Yémen, la population est aux abois. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL apporte une réponse multiforme face à la pire crise humanitaire de ces dix dernières années.

La guerre civile yéménite opposait originellement les rebelles chiites houthis et les forces fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh et au gouvernement d’Abdrabbo Mansour Hadi, élu en 2012. Ce conflit s’est par la suite internationalisé en mars 2015 avec la participation d’une coalition internationale menée par l’Arabie Saoudite, ralliée aux forces anti-Houthis.

Les frappes aériennes incessantes conjuguées aux affrontements des différents groupes rivaux au sol ont eu des conséquences désastreuses sur la population civile : des centaines de milliers de yéménites ont été tués ou blessés et plus de 4 millions se sont déplacés à l’intérieur du pays (chiffres du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, mai 2021). On estime que près de 80% de la population yéménite a aujourd’hui besoin d’assistance humanitaire, soit plus de 22 millions de personnes. Nous assistons à la plus grave crise humanitaire de ces dix dernières années.

La population souffre d’une insécurité alimentaire alarmante, liée à la raréfaction des denrées disponibles. Les moyens de subsistance ont été dévastés par la guerre. De nombreux éleveurs, pêcheurs et maraîchers, menacés par les frappes aériennes, les mines marines et terrestres et les engins explosifs improvisés, ont été contraints d’abandonner leur activité. D’autres se sont tournés vers des activités plus rémunératrices. S’y sont tragiquement rajoutées des inondations et des infestations de criquets pèlerins d’une ampleur historique, ravageant les cultures et menaçant les récoltes. L’effet combiné de cette raréfaction des denrées locales, de la perturbation des importations alimentaires et de la dépréciation de la monnaie locale a entraîné une augmentation très importante du prix des produits alimentaires, à laquelle les ménages – dont le pouvoir d’achat ne cesse de chuter – ne savent répondre. Par ailleurs, l’arrivée de la pandémie de COVID-19 a considérablement détérioré la situation. En conséquence, le peuple yéménite souffre gravement de la faim et près de 325 000 enfants de moins de cinq ans de malnutrition aigüe sévère (chiffres de l’UNICEF, novembre 2020).

SOLIDARITÉS INTERNATIONAL répond à ce défi en proposant une réponse d’urgence et en participant à la reconstruction des moyens d’existence. Notre organisation apporte une assistance financière permettant aux bénéficiaires d’acheter les denrées dont ils ont besoin pour survivre. Parallèlement, nos équipes mènent des projets à plus long terme en soutenant la production alimentaire autonome des ménages.

  • 30,5 millions d'habitants
  • 80% de la population vivant sous le seuil de pauvreté
  • 177 sur 189 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 277 160 personnes secourues

Ainsi, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a pris part à la construction de serres agricoles ainsi qu’à leur bon fonctionnement : les bénéficiaires ont reçu des semences, des équipements spécifiques et des formations relatives à l’irrigation, à la lutte antiparasitaire et à la gestion des récoltes. Nos programmes comprennent aussi la distribution de chèvres, la vaccination des troupeaux et des sessions de formation à l’élevage caprin. « L’enthousiasme avec lequel les familles se sont investies dans les activités d’élevage et de production agricole suite aux distributions et aux formations nous encourage dans nos efforts et nous prouvent que ces interventions répondent aux besoins des populations » indique Mathieu Vernusse, responsable Programme Moyen-Orient chez SOLIDARITÉS INTERNATIONAL.

Concomitamment, notre ONG s’applique à faire face aux énormes problèmes sanitaires qui dévastent le pays, où le système de santé s’est effondré du fait, notamment, de la destruction des hôpitaux et des centres de santé. Dans un contexte où les réseaux et infrastructures d’eau ont été fortement endommagés, où les puits ne sont plus fonctionnels ou très peu accessibles, et où la défécation à l’air libre est très répandue, les maladies hydriques – dont le choléra – se propagent très rapidement et sont très mal soignées. Les cas de diarrhée aigüe persistent, notamment chez les enfants, les personnes âgées et les individus les plus fragiles. Et la pandémie de COVID-19 est bien entendu venue aggraver la situation sanitaire globale.

L’accès à l’eau potable est donc l’une de nos priorités. Notre association achemine de l’eau par camions citernes, reconstruit des réseaux d’eau, réhabilite des points d’eau potable – réparation, nettoyage et désinfection de puits -, crée des points de distribution d’eau près des puits connectés à des pompes à eau solaires et aménage de grands réservoirs métalliques. Pour apporter une solution durable, nos équipes créent des comités de gestion de l’eau dont les habitants sont parties prenantes et formés à l’entretien des puits.

De manière complémentaire, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL installe des réseaux d’assainissement et des latrines pour limiter les risques sanitaires mais aussi répondre aux autres dangers posés par la défécation à l’air libre. Faisal Ahmed Sa’aed du village d’Al-Magash dans le gouvernorat de Ta’izz nous raconte : « si nous voulons nous soulager, nous devons nous éloigner de notre maison pour nous cacher du regard des gens. Or, ces zones sont pleines de serpents venimeux. ». L’explosion de mines représente un autre risque majeur. Pour les femmes, les dangers viennent également du fait qu’elles ne peuvent faire leurs besoins pendant la journée : elles doivent attendre l’obscurité et craignent alors de subir des harcèlements et des agressions. On déplore des maladies liées à la constipation sévère ainsi que des maladies rénales.

Pour la construction des latrines et des fosses, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a formé des travailleurs issus de la population locale. Faisal est désormais un ouvrier qualifié : il se dit « heureux d’avoir appris de nouvelles compétences » et d’avoir pu bénéficier de cette opportunité d’emploi qui a contribué à améliorer ses conditions de vie.

Notre programme renferme de surcroît une dimension « hygiène », dont la pandémie de COVID-19 a rappelé au monde entier l’importance. Faisal nous informe que « la plupart des gens n’ont pas une connaissance complète des pratiques d’hygiène correctes pour empêcher la propagation des maladies. » Il insiste sur le fait que le village souffre de ne pas pouvoir se procurer les produits d’hygiène de base. Nos équipes ont, grâce au soutien de l’Union européenne, distribué des kits d’hygiène accompagnés de séances de sensibilisation à l’hygiène personnelle.

Parallèlement aux actions menées auprès des communautés bénéficiaires, ces mêmes travaux de réhabilitation des infrastructures d’eau et d’assainissement et le renforcement de l’hygiène ont été entrepris au sein des centres de santé urbains et ruraux et des unités de traitement du choléra.

Si la réponse apportée par SOLIDARITÉS INTERNATIONAL et l’ensemble des acteurs humanitaires s’est vue compliquée par les restrictions imposées par la COVID-19, nos équipes demeurent bien présentes et interviendront tant qu’il le faudra.

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