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« Nous avons tout perdu à cause du cyclone »

Publié le mardi 9 avril 2019

Dans la nuit du 14 au 15 mars 2019, le cyclone Idai a frappé le Mozambique. Un cyclone d’une rare violence qui a dévasté la ville de Beira et ses alentours. Notre équipe s’est rendue sur place fin mars afin d’apporter de l’aide aux sinistrés.
Elle a recueilli plusieurs témoignages de personnes rescapées du cyclone.

Si le passage du cyclone a été un moment très dur à vivre, avec pour certains la perte d’un proche, l’après-cyclone l’est tout autant. Toutes décrivent une situation de dénuement total, la perte de leur maison, de leurs cultures ou de leurs bêtes, et donc de leur moyens d’existence.
Ils se sont donc réfugiés dans les camps qui accueillent les déplacés, comme à Tica ou Mafambisse.
Ils ont tout perdu et comptent désormais sur l’aide humanitaire pour subvenir à leurs besoins essentiels : s’abriter, boire, manger et se protéger des maladies, notamment le choléra, qui a fait son apparition dans la région, quelques jours après le passage du cyclone.

 

Javier et Anabela, mari et femme, camp de Mafambisse

 

  • 29,67 millions d'habitants
  • 46,1% de taux de pauvreté
  • 185ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain

« Nous sommes Javier et Anabela. Nous avons été frappés par le cyclone. Le vent a détruit complètement notre maison. Nous nous sommes réfugiés le lendemain dans une maison sur pilotis, mais on ne pensait pas que l’eau monterait aussi rapidement. Nous nous sommes réfugiés dans un arbre, nous avons eu très peur car nous ne savons pas nager. Nous sommes restés cinq jours en haut d’un arbre avant que l’on vienne nous secourir. Nous étions très faibles et nous avions froid. Nous avons eu très peur pour nos enfants. Des cobras sont montés dans l’arbre à cause de la montée des eaux, j’en ai trouvé un dans les vêtements d’un de mes enfants.

Anabela est arrivée dans le camp avec les enfants avant moi. Je suis arrivé après. Ils ont d’abord sauvé les femmes et les enfants. Nous sommes agriculteurs de l’autre côté du fleuve. Désormais nous attendons de l’aide du gouvernement. On espère qu’ils nous donneront un autre terrain pour que nous puissions quitter le camp. »

 

Luiss, 27 ans, camp de déplacés de Tica

 

rescapés cyclone Idai Mozambique

 

« Je m’appelle Luiss j’ai 27 ans. Je suis dans le camp avec mes parents, mes frères et sœurs depuis deux semaines. Nous avons tout perdu à cause du cyclone. Le plus dur c’est la perte de nos bêtes. Mon père est malade du cœur et a besoin de soins. J’ai du mal à trouver de l’aide pour qu’il soit soigné correctement.

Après le passage du cyclone nous avons attendu quatre heures en haut d’un arbre. Nous avons eu très peur mais je sais que certaines personnes du camp ont attendu trois jours entiers, parfois avec des enfants.

Nous attendons vraiment plus d’aide pour pouvoir nous relever. Je ne veux pas perdre espoir. »

 

Mugabe, 31 ans, camp de déplacés de Tica

 

rescapés cyclone Idai Mozambique

 

« Je m’appelle Mugabe j’ai 31 ans. Je suis dans le camp depuis une semaine environ. Nous vivons une période très dure. J’ai perdu un frère à cause du cyclone.
Nous manquons de tout. Nous espérons vraiment avoir de l’eau potable bientôt car même cela nous en manquons.
J’ai tout perdu à cause du cyclone. Le vent a emporté le toit de ma maison, puis l’eau est montée très vite, elle a tout emporté : tous nos meubles, tous nos souvenirs. Et même tous mes livres. Je n’ai pas pu en récupérer un seul.

Aujourd’hui, j’essaie de trouver du travail pour rapporter de la nourriture à ma famille.
Je me sens vraiment désemparé car nous manquons vraiment d’aide. J’ai peur pour le futur. »


Luisa Fernando, de la Province de Beira, actuellement dans le camp de Mafambisse

 

rescapés cyclone Idai Mozambique

 

« Ma maison s’est effondrée durant la nuit. Ma fille a été blessée à l’œil par la chute du toit. Nous sommes arrivés le 15 mars dans le camp. Je suis seule avec mes quatre enfants, mon mari est parti depuis longtemps. Nous avons tout perdu. Je vivais grâce à mes champs de riz mais ils ont été engloutis sous l’eau. Je ne sais pas du tout ce que je vais faire désormais.
Je vais rester dans le camp avec mes enfants pour le moment car je n’ai pas d’autres solutions. J’espère qu’on nous apportera plus d’aide. Nous manquons de nourriture et de vêtements. »

 

NOTRE ACTION AU MOZAMBIQUE

Ces témoignages ont été recueillis dans les jours qui ont suivi l’arrivée de notre équipe sur place. Depuis, notre équipe d’urgence est intervenue notamment dans le camp de Tica pour fournir un accès à l’eau potable aux sinistrés, ou dans le camp de Mafambisse où elle a organisé une distribution de kits hygiène. Elle poursuit ses actions dans la région de Beira.

> Des actions à suivre au jour le jour sur notre journal de bord.

 

Venez en aide aux rescapés du cyclone.

> Je fais un don

 

 

Photo d’en tête : Reuters / Siphiwe Sibeko