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Liban : « J’ai quitté Alep il y a sept ans déjà… »

Publié le jeudi 11 juin 2020

Depuis le début du conflit en 2011, plus d’un million de Syriens ont fui leur pays et se sont réfugiés au Liban. Aujourd’hui, la population réfugiée au Liban représente un quart de la population totale du pays. Mais ces populations peinent à s’installer durablement dans le pays. Une grande partie des Syriens vivent dans des campements informels, des immeubles en construction ou des appartements insalubres qu’ils louent très cher. Des habitats inadaptés et dépourvus, pour la plupart, d’accès à l’eau et à l’assainissement.

Elham vit dans le camp informel de Maalaqa 034 en périphérie de la ville de Zahlé. C’est l’un des plus gros camps de la vallée de la Bekaa, accueillant 120 ménages, soit plus de 690 personnes vivant dans des conditions très précaires.

portrait-elham

A 30 ans, elle a quitté Alep il y a sept ans : « Au début j’habitais illégalement dans une tente dans le centre-ville de Zahle, mais la municipalité nous a demandé de partir. Avec mon mari et mes deux enfants, nous sommes venus rejoindre des amis dans ce camp informel. Depuis, j’ai eu trois autres enfants, que des filles ! Deux d’entre elles étaient scolarisées, mais avec la crise libanaise, cela devient compliqué de les maintenir à l’école. Mon mari subvenait à nos besoins en étant travailleur journalier dans des carrières, mais cela fait des mois qu’on ne lui propose plus rien. »

Chaque hiver, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL distribue des kits de construction d’abris et remet en état de fonctionnement les systèmes d’évacuation des eaux. Nos équipes garantissent également toute l’année un accès durable à l’eau potable et à l’assainissement grâce au lien permanent qu’elles entretiennent avec le représentant communautaire bénévole de chaque camp, également appelé Shawish.

Hussein Al Afnan est arrivé au Liban il y a neuf ans avec sa femme et ses trois enfants. Depuis, il a eu trois autres enfants sur le territoire libanais. En Syrie, il était chauffeur de taxi. Aujourd’hui, il occupe notamment le rôle de Shawish dans le camp de Terbol 084, aux pieds des montagnes à la frontière de la Syrie.

  • 5,5 millions d'habitants
  • 28,6% de taux de pauvreté
  • 72ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 75 000 personnes secourues

« J’habite dans cet abri avec ma famille. Nous avons plusieurs pièces et nous accueillons notamment les séances de sensibilisation à l’hygiène avec le comité des enfants. Dehors nous avons un petit terrain, mais les animaux ne sont pas à moi. Ils appartiennent au propriétaire. Nous sommes à flanc de montagne et cela pose beaucoup de problèmes en période hivernale car l’eau coule en grande quantité jusque dans notre abri.

J’aime travailler avec SOLIDARITÉS INTERNATIONAL car ils sont disponibles très rapidement grâce à la hotline ou par whatsapp : on leur envoie des photos des urgences que nous avons et ils arrivent très vite pour vidanger ou nous approvisionner en eau par exemple. »

portrait-hussein-al-afnan

Les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL au Liban mettent également en place des comités de promotion à l’hygiène, souvent gérés par les femmes, et animent également des séances de sensibilisation à l’hygiène pour les enfants. Fatmé, 12 ans, participe avec entrain à ces séances dans le camp de Terbol 084. Ne pouvant être scolarisée, ses moments ludiques d’apprentissage avec les autres enfants sont pour elle un moyen de s’évader du quotidien.

portrait-famille-fatme

« Nous avons déménagé à Terbol car mon père a trouvé du travail dans les champs. Avant, je suivais des cours dans une école caritative coréenne. En arrivant ici, mes parents ont voulu m’inscrire de nouveau à l’école, mais je n’ai été acceptée nulle part car mes parents ne pouvaient pas prouver que j’avais déjà été officiellement scolarisée. Jusqu’à maintenant, je n’ai toujours pas pu reprendre l’école. Je rêve de devenir médecin pour aider absolument tout le monde. »

La mère de Fatmé déplore cette situation pour sa fille : « Je ne sais ni lire, ni écrire. Je ne suis pas autonome et pour n’importe quoi, même lire un message sur mon téléphone, je dois demander à quelqu’un. Je suis dépendante des autres. J’ai été privée de ce droit de savoir lire et je ne veux pas que ma fille le soit aussi. »

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