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Liban : « Aujourd’hui, je peux nourrir mes enfants »

Publié le lundi 23 novembre 2015

Plus d’un million de réfugiés syriens actuellement au Liban ont du mal à joindre les deux bouts. C’est le cas de Fadia que Pauline Grégoire, chargée de communication de notre mission au Liban a rencontré. Sans l’aide monétaire de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, Fadia ne pourrait pas s’en sortir.

Fadia

Fadia (à gauche) et Hind (à droite)

 

Accompagnée de Abdul Haseeb Ayoubi, chef d’équipe du programme Moyens d’Existence, j’ai rencontré Fadia dans le district de Minieh, au nord du Liban cet été. Elle vit au Liban depuis deux ans. Lorsqu’elle est arrivée avec son mari, ses quatre jeunes enfants et sa famille élargie, ils vivaient dans un bidonville. Aujourd’hui, elle vit dans un abri collectif, situé au sommet d’une colline, dans un bâtiment en construction, à quelques kilomètres d’un petit village. Pour accéder au bâtiment, les habitants doivent escalader les terrasses ; le chemin est raide et difficile, pas du tout sécurisé, serpentant à travers les rochers, les arbres et les mauvaises herbes. La route qui passe devant la porte, de l’autre côté de l’immeuble, est fermée aux réfugiés car le propriétaire ne leur autorise pas d’utiliser l’entrée principale. Malgré la chaleur estivale, les femmes (certaines enceintes), les hommes et les enfants doivent passer via les terrasses à flanc de colline pour rejoindre la route. Un peu essoufflée après avoir escaladé la terrasse, je suis assise avec Fadia et ses enfants, et Hind, une autre femme vivant dans le bâtiment, qui est enceinte de 6 mois. La chambre est vide, excepté quelques matelas posés sur le sol comme seuls meubles.

Fadia explique qu’elle a dû s’occuper de son jeune cousin : « Ahmad a huit ans. Il a perdu ses parents et sa famille lorsque sa maison a été bombardée« . Alors que nous parlons, Ahmad se repose sur un matelas à proximité, caché sous des couvertures. Il n’a pas de fauteuil roulant, Fadia doit donc le porter. Fadia fait de son mieux pour s’occuper de sa famille; elle se retrouve actuellement seule car son mari a été arrêté, attendant la résolution d’un problème de visa.

Couvrir les besoins essentiels

Fadia bénéficie d’une aide financière depuis plusieurs mois. Quand elle a commencé à recevoir l’allocation (175 dollars par mois), elle a pu partir du bidonville et trouver un abri collectif, qu’elle partage avec quatre autres familles (soit 30 personnes au total).
Elle utilise l’aide financière fournie par le Lebanon Cash Consortium (LCC, voir encadré ci-dessous) pour couvrir la plupart des dépenses liées aux besoins de ses enfants: nourriture, couches, médicaments, vêtements et nourriture. Elle a accumulé une dette due à la location, mais qui est gérable, selon elle.
« La vie est toujours très difficile mais je me sens plus indépendante de l’aide financière. Je sais à qui parler si j’ai un problème, je sais combien je reçois et lorsque la carte est chargée« , dit-elle avec un sourire.
Mais la chose la plus importante pour Fadia est que l’aide permet de nourrir ses enfants tous les soirs. « Avant de recevoir l’aide financière, ils pouvaient aller au lit sans manger. Ce n’est pas bon pour leur croissance, mais je ne pouvais pas faire autrement. Maintenant, je peux les nourrir tous les soirs avant de les mettre au lit. Mes enfants n’ont plus faim« .

Le Lebanon Cash Consortium, crée en 2014 et premier en son genre au Liban, est un regroupement de 6 ONG (SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, ACTED, CARE, Save the Children, Vision du Monde et International Rescue Committee) travaillant ensemble pour aider les réfugiés syriens les plus vulnérables à subvenir à leurs besoins vitaux tout en préservant leur dignité, avec le soutien du Service Britannique de Développement (DFID) et de de la Direction Générale pour l’aide humanitaire et la protection civile de l’UE (ECHO). Tous les mois, des familles reçoivent par virement bancaire cette aide financière de 175$. A l’aide d’une carte de crédit, ils peuvent retirer cette somme et l’utiliser afin de subvenir à leurs besoins (acheter de la nourriture, payer les loyers…).

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