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Eau et assainissement au Liban : des solutions gagnant-gagnant

Publié le mardi 19 mars 2019

Par Caroline Bouvard, Directrice Pays 

Avec ses 2 000 sources, 40 cours d’eau et une pluviométrie qui rend envieux ses voisins, le Liban est souvent vu comme le Château d’eau du Moyen Orient. Pourtant, la gestion de l’eau du pays est en fait en crise.

Si 78 % des Libanais sont connectés à l’eau potable publique, ce service reste irrégulier et de mauvaise qualité, les conduisant à pourvoir 75 % de leurs besoins par des puits ou fournisseurs privés1. Des dizaines de milliers de puits illégaux pillent ainsi la ressource nationale, tandis que plus de 50 % des réseaux ont dépassé leur durée de vie, leurs fuites laissant s’échapper 40 % d e l’eau consommée2. Sur le volet assainissement, seules 8 % des eaux usées sont traitées faute d’infrastructures. Et, comme observé en janvier dernier, la population est aussi soumise à un risque inondation fort en l’absence de planification urbaine et de gestion des gestion des eaux pluviales.

L’arrivée dans le pays de près de 1,5 million de réfugiés syriens depuis 2011 a encore accru cette pression et les risques afférents. Et les réfugiés en sont les premières victimes. Si le gouvernement  libanais leur a ouvert ses frontières, l’expérience de l’accueil des réfugiés palestiniens dans les années 50 l’a poussé à tout faire pour que le  séjour de ces nouveaux arrivants reste temporaire. Il n’existe ainsi aucun camp équipé pour couvrir leurs besoins de base et ils sont contraints d’habiter en ville dans des logements souvent insalubres, ou dans l’un des 5 800 camps informels repartis dans le pays, où ils doivent payer pour tout (loyer, eau, déchêts…). La création d’infrastructures facilitant leur séjour est par ailleurs restreinte par le gouvernement, forçant les acteurs humanitaires à utiliser des solutions  temporaires coûteuses, comme les livraisons d’eau par camion.

 

Des besoin de moins en moins couverts

La situation est particulièrement difficile pour les 295 000 résidents des camps informels qui n’ont souvent ni point d’eau ni fosse septique sur site. Leurs besoins sont de moins en moins couverts par l’aide humanitaire faute de fonds. Au lieu des 35 litres d’eau par personne par jour nécessaires, les acteurs humanitaires ne peuvent ainsi plus distribuer que 7,5 à 15 litres. Alors que 51 % d’entre eux vivent avec moins de 2,90 $ par jour, les réfugiés ont donc recours à des fournisseurs privés coûteux et dont personne ne contrôle les services (qualité de l’eau, lieu de déversement des boues d’assainissement…).

  • 5,5 millions d'habitants
  • 28,6% de taux de pauvreté
  • 72ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 75 000 personnes secourues

Des solutions pérennes “gagnantgagnant” pourraient pourtant remédier à ces difficultés et permettre de maintenir des conditions de vie décentes pour les réfugiés, tout en améliorant les infrastructures du pays. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL tente d’y contribuer en adoptant des approches intégrées à l’échelle de quartiers ou villages pour développer des réseaux ou systèmes d’irrigation/gestion des eaux de pluies bénéficiant aux réfugiés comme aux municipalités, en installant des systèmes de filtration d’eau partagés entre les réfugiés et les propriétaires de leurs logement, ou encore en contribuant à un meilleur encadrement des fournisseurs privés là où ils restent incontournables (contrôle de la qualité de l’eau distribuée, de l’enregistrement des puits…).

1 Gouvernance de l’eau au Liban, rapport national 2017, UE – Programme SWIM
2 L’eau au Liban présentation des enjeux du secteur, 2013, Brussels invest&Export

Les actions de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL au Liban sont soutenues par l’Union Européenne (ECHO).

 

 

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