‘’Je ne suis pas chez moi dans mon propre pays’’

Publié le vendredi 21 juillet 2017

Des milliers de familles afghanes réfugiées au Pakistan et en Iran ont pris le chemin du retour depuis quelques mois. Gulali, 31 ans, a vécu toute sa vie au Pakistan. Aujourd’hui elle est revenue dans son pays d’origine mais la vie n’y est que plus difficile pour une femme seule avec deux enfants.

Entre Janvier et Avril 2017, 155 000 réfugiés afghans non-documentés sont retournés dans leurs pays d’origine, principalement depuis le Pakistan et l’Iran. Ils s’ajoutent aux 700 000 personnes déjà revenues sur leurs terres natales en 2016. Ils doivent maintenant reconstruire une vie, avec les moyens du bord.

« Au Pakistan,  la vie était simple »

« Je vivais dans la province de Wardak en Afghanistan quand les Talibans ont pris contrôle de la région de Hazaradjat en 1998. Comme toutes les familles d’ici, nous avons eu très peur et nous avons décidé de quitter nos maisons. Certains ont pris la route de l’Iran. D’autres, comme moi, ont trouvé refuge au Pakistan. Là-bas, nous vivions dans le camp de Haji près de Peshawar, se souvient Gulali. La vie était simple. J’ai très vite trouvé un travail de tisseuse… et surtout,  il n’y avait pas de Talibans »

 Gulali retournée afghane non-documentée

« J’étais triste de revenir en Afghanistan »

Malheureusement, la vie de Gulali a basculé 2 ans après son mariage. Abandonné par son mari, elle s’est retrouvée seule avec ses deux enfants. Et, peu de temps après, le gouvernement pakistanais a durcit sa politique migratoire vis-à-vis des réfugiés afghans non documentés. « Les familles avec lesquelles je vivais ont commencé à quitter la zone, j’ai décidé de les suivre, explique-t-elle.  J’ai d’abord vécu à Kaboul avec ma famille pendant quelques mois. Mais rapidement les problèmes ont commencé. Certains sont tombés malades et surtout nous n’avions plus assez de moyens pour vivre dans la capitale.  J’ai donc décidé de rejoindre la famille de mon mari à Yakawlang, un district de la province de Bamyan où je vis encore aujourd’hui. Je suis triste d’être revenue en Afghanistan. A l’époque, au Pakistan, j’avais un travail. Désormais, je vis seule, je n’ai pas de travail, pas de revenu. Je suis partie en espérant trouver de meilleurs conditions de vie mais je n’ai trouvé que la misère. »

« Pas de quoi acheter à manger »

Le premier hiver que Gulali a passé en Afghanistan depuis son retour a été très rude malgré la générosité de ses voisins qui l’ont soutenu elle et ses deux enfants.

Ils nous ont beaucoup aidés. Mais ce n’était pas suffisant. Je me souviens d’une nuit, j’étais seule, malade, j’avais froid et rien pour me soulager. Ni de quoi acheter à manger, ni de quoi me payer des médicaments. J’ai passé ma nuit à pleurer et à crier de désespoir mais personne n’est venu.
Raconte Gulali, en larmes.

Soutenir les plus vulnérables

Après avoir pris connaissance de son extrême vulnérabilité, les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL ont fourni à Gulali et sa famille une assistance monétaire d’urgence de 20 000 Afghani (250€). Elle a ainsi pu couvrir leurs besoins alimentaires, en articles ménagers et autres dépenses diverses. « J’ai acheté de la nourriture, du charbon et du bois… J’ai gardé 1 500 afghanis avec moi et ai envoyés le reste à ma mère à Kaboul. Ce n’était pas prudent de garder cet argent avec moi », explique-t-elle.  A cause de la vente du terrain à une agence immobilière, Gulali et ses enfants ont été expulsés de la chambre où ils vivaient. Elle est parvenue à trouver une nouvelle chambre pour laquelle elle paye 2 000 AFN, grâce à l’argent fourni par SOLIDARITÉS INTERNATIONAL.

« Je n’ai plus rien à perdre »

Mais bientôt, Gulali aura dépensé l’intégralité de la somme qu’elle a reçue de nos équipes. Et sa situation risque de devenir encore plus difficile. Une femme vivant seule est une situation extrêmement mal perçue en Afghanistan et présente de gros risques pour sa sécurité. Identifiée comme particulièrement vulnérable, Gulali et ses deux enfants recevront donc une Assistance Individuelle Spécifique de la part de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL*. Quand on lui demande comment elle envisage l’avenir, derrière son sourire, Gulali cache sa tristesse :

Je n’ai plus rien à perdre, pourquoi devrais-je avoir peur ?

 

*Cette action s’inscrit dans le cadre du mécanisme de réponse d’urgence mis en place par ECHO, le Service de Protection Civile et Operations d’Aide Humanitaire Européennes.

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