Afghanistan : le témoignage de Narges, réfugiée pakistanaise

Publié lemercredi 22 février 2017

Depuis 2009 les forces armées pakistanaises et les Talibans se livrent des combats dans la région du Waziristan, contraignant plus de 290 000 personnes à fuir vers l’Afghanistan. Aujourd’hui,  près de 24 000 d’entre elles se trouvent dans le camp de réfugiés de Gulan, dans la province de Khost, à 10 kilomètres de la frontière avec le Pakistan. SOLIDARITES INTERNATIONAL fournit de l’aide dans le camp depuis 2014 et dans les villages d’accueil de réfugiés alentours depuis septembre 2016.

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La famille de Narges, réfugiée dans le camp de Gulan, en Afghanistan

A 18 ans, Narges vit avec sa mère, son père et ses 4 frères dans l’un des 1600 abris collectifs qui constituent Gulan. C’est ici qu’ils se sont installés deux ans et demi plus tôt quand des violences ont éclaté chez eux, à Miramshah, la principale ville du Waziristan, un bastion Taliban depuis 2001.

Leur situation déjà instable a basculé après l’explosion d’une bombe dans un village voisin. ‘’Nous avons été accusés d’être des complices des Talibans et de leur venir en aide. Nous avions 15 jours pour quitter le village, se souvient Narges. Nous étions barricadés chez nous, ils tuaient quiconque sortait d’une maison, même les animaux. Mon oncle et son fils ont été tués par une frappe aérienne. Une nuit, nous avons décidé de partir, en voiture avec 5 autres familles. Nous n’avons emporté rien de plus que les vêtements que nous portions.’’

La solidarité des Afghans

Leurs vies en péril, Narges et sa famille ont décidé de fuir vers l’Afghanistan. Le gouvernement afghan et les organisations non gouvernementales présentes sur le terrain effectuaient des distributions de vivres, de biens de première nécessité comme des couvertures et des bâches ainsi que les éléments nécessaires à la construction d’abris. ‘’Les Afghans et le gouvernement ont été bienveillants’’, raconte Narges.

‘’Aujourd’hui, les choses vont mieux. Nous sommes en sécurité ici, et les femmes sont plus libres. Nous pouvons nous rendre au bazar pour acheter des vêtements, nous déplacer en voiture.‘’

Les distributions alimentaires dans le camp ne permettent pas d’assurer les besoins nutritifs d’une famille entière et les opportunités d’emploi dans le camp sont minimes. ‘’Parfois, mon père vend des vêtements pour le compte d’un marchand afghan de Khost, lui permettant de gagner un peu d’argent, mais nous devons quand même demander de l’aide à nos voisins afin de subvenir à nos besoins.’’

Alléger le fardeau des réfugiés

SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a proposé des activités rémunératrices pour améliorer les conditions de vie dans le camp tout en impliquant les réfugiés, grâce au fonds commun humanitaire de l’agence des Nations unies pour la coordination de l’aide humanitaire (OCHA).  »C’était bon pour notre sécurité et avec l’argent, nous avons pu acheter de la nourriture. »

Dans un deuxième programme, celui-ci financé par l’Union européenne, Narges et sa famille ont reçu des kits de dignité comprenant des articles d’hygiène tels que du savon, des brosses à dents, du dentifrice, des peignes, mais aussi des vêtements. Une distribution d’argent liquide et d’outils leur a aussi permis de construire deux latrines et des douches pour chaque groupe de familles.

Les réfugiés s’impliquent

Narges a également participé au programme de sensibilisation à l’hygiène mené par les équipes féminines de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL. Ensemble, elles ont promu les bonnes pratiques permettant de limiter la propagation de maladies et d’assurer un environnement sanitaire sûr dans le camp. ‘’J’ai beaucoup appris des sessions de promotion de l’hygiène, explique-t-elle. Pour moi, l’hygiène personnelle est très importante. J’ai donc été heureuse d’apprendre qu’il fallait se laver les mains avant de manger ou après être allé aux latrines. Comme je travaille à la maison, j’ai aussi appris à stocker l’eau et à la protéger du contact avec les animaux. L’eau est très importante pour nous parce qu’on ne peut pas vivre sans. Nos vies ont pas mal changé pour le mieux ces deux dernières années.’’

La situation demeurant toujours instable de l’autre côté de la frontière, la famille de Narges, comme près de 4500 autres, résident toujours actuellement à Gulan. Sur son avenir, Narges est catégorique : ‘’Nous voulons rester en Afghanistan, nous ne retournerons pas au Pakistan.’’

En 2017 encore, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL continuera à fournir de l’eau potable, à donner accès aux services et à améliorer les conditions sanitaires pour les réfugiés pakistanais dans le camp de Gulan et dans vingt-six villages de la province de Khost qui accueillent des réfugiés.

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