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Afghanistan : « Répondre à l’urgence, à Khost, c’est sauver des vies »

Publié le mercredi 22 avril 2015

En octobre 2014, les équipes de Solidarités International ont commencé à intervenir dans le camp de Gulan dans la province de Khost en Afghanistan afin de venir en aide aux milliers de réfugiés Pakistanais fuyant les combats opposants l’armée pakistanaise à des groupes Talibans dans le nord Waziristân. Pour Jean-Philippe Barroy, coordinateur terrain, la réponse de Solidarités International aux besoins des refugiés « sauve des vies ».

Si le Pakistan est habitué depuis de nombreuses années à recevoir des réfugiés afghans sur son territoire, l’inverse est totalement nouveau. L’Afghanistan, miné par des années de conflit, doit désormais, en plus de ses propres déplacés internes, accueillir des dizaines de milliers de réfugiés Pakistanais. « Au mois de juin 2014, l’armée pakistanaise a lancé une offensive contre les Talibans dans le Nord Waziristân. Ces violences ont provoqué des déplacements de population à très grande échelle, surtout au sein du Pakistan mais également vers les zones frontalières de l’Afghanistan », explique Jean-Philippe Barroy.

Ces réfugiés Pakistanais se sont notamment repliés dans le camp de Gulan dans la province de Khost où nos équipes leur viennent en aide. « Au mois d’octobre 2014, on estimait à 15 000 le nombre de personnes vivant dans le camp. Fin mars 2015, elles étaient entre 55 000 et 59 000 (source chiffres : UNHCR). Et même si le rythme est en train de baisser un peu, elles continuent d’arriver« .

De l’eau pour boire, laver et se laver

En arrivant dans le camp, ces réfugiés manquent à peu près de tout, notamment d’eau et de structures d’assainissement. Pour répondre à cette urgence, Solidarités International a repris les activités Eau, hygiène et assainissement jusqu’alors assurées par Médecins sans Frontières (MSF). « Au départ, nous nous sommes concentrés sur la continuation des activités de MSF. Nous nous sommes focalisés sur l’approvisionnement en eau par camion. Pour l’instant nous fournissons 5 litres d’eau par personne et par jour. C’est le strict minimum requis par les standards SPHERE, dans une situation d’urgence. Nous avons également construit des latrines et distribué des kits d’hygiène. Ensuite, nous avons élargi notre champ d’intervention pour construire de nouveaux forages et connecter des réservoirs, par exemple« .
1460 latrines familiales ont d’ores et déjà été construites ce qui couvre les besoins de 15 000 à 20 000 personnes et nos équipes prévoient d’en construire 1600 supplémentaires dans les mois qui viennent.

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Des « elders » respectés, des femmes sensibilisées

Les activités de Solidarités International sont bien perçues car nous répondons à un vrai besoin. Et nous sommes constamment en communication avec les « elders » (les patriarches, leaders communautaire) du camp pour être sûr que nous respectons non seulement les besoins mais les codes culturels. Il y a notamment une problématique particulière à Khost, c’est la condition des femmes et leur accès aux latrines et à l’hygiène. En règle générale, les femmes dans le camp ne sortent pas de chez elles sauf au petit matin quand elles partent laver le linge ou chercher de l’eau. Elles font pourtant partie des réfugiés les plus vulnérables avec les enfants. Pour ne pas les exclure de ces services de base,  suite aux discussions avec les « elders », « nous prévoyons de construire des latrines spéciales pour elle. Nous avons également  embauché six Hygiène Officers femmes. Elles peuvent rentrer dans les tentes, discuter avec les femmes et effectuer des séances de promotion de l’hygiène en sensibilisant les femmes aux bonnes pratiques à adopter« .
Solidarités International est donc vraiment bien accepté dans le camp car « on dit ce qu’on va faire, et on fait ce qu’on a dit en ayant au préalable toujours eu l’aval des « elders » qui savent qu’ils peuvent nous faire confiance« .

Notre mandat : aider sans distinction

L’Afghanistan demeure un des pays les plus dangereux du monde pour les travailleurs humanitaires. « Mais nous ne sommes pas les premières cibles des attaques notamment pour une raison simple : notre neutralité et notre « acceptance » par la communauté contribue  à la protection de nos équipes« . Et nos équipes, constituées en partie de refugies pakistanais apportent une aide à tous ceux qui souffrent dans la zone, sans aucune autre considération que celle des besoins : boire, manger, s’abriter. « A Khost, nous sommes vraiment dans notre mandat d’ONG humanitaire d’urgence. On répond à une vraie urgence. On sauve des vies. On est fidèle à notre métier d’urgentiste« .

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