Soudan du Sud : diviser pour mieux régner

Publié lemardi 3 mai 2016

Le Soudan du Sud est en proie à une guerre civile depuis plus de deux ans et un cinquième de la population, soit plus de 2 millions de personnes, est aujourd’hui déplacé, selon le bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA). Alors que le président Salva Kiir divise le pays en 28 Etats, créant de nouvelles tensions intercommunautaires, l’accès aux services de base devient de plus en plus difficile pour les populations parmi les plus pauvres du monde.

 

Photos : Thomas Gruel pour SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

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L’Etat d’Upper Nile où SOLIDARITÉS INTERNATIONAL intervient depuis des années n’est plus. Il a été divisé en trois Etats dans le cadre de la réforme administrative qui est en train d’entrer en vigueur au Soudan du Sud. Situé à l’est du pays, le nouvel Etat d’Eastern Nile qui concentre les ressources pétrolifères de l’ancien état d’Upper Nile est peuplé majoritairement de membres de l’ethnie Dinka. A l’ouest, les Shilluk sont installés dans une partie bien plus pauvre des berges du Nil Blanc.

Wau Shilluk, une ville renfermée sur elle-même

En revanche, les restrictions successives de déplacement sur le fleuve ont renfermé la ville de Wau Shilluk sur elle-même au cours des deux dernières années.  »Autrefois un grand village de 5000 habitants, Wau Shilluk est devenue une ville de 60 000 personnes en 2014 et selon les restrictions et les évolutions du conflit, sa population fluctue entre 20 000 et 40 000 âmes, la mettant au premier plan de l’actualité du pays, » décrypte Tim Young, Référent sur l’accès humanitaire au Soudan du Sud pour SOLIDARITÉS INTERNATIONAL.

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Les équipes de SOLIDARITES INTERNATIONAL interviennent à Wau Shilluk depuis début 2014 et fournissent à cette population un accès à l’eau potable. En février 2016, malgré la conclusion d’un accord de paix la résurgence de conflits locaux entre Shilluk et Dinka a limité l’accès à ces zones.

80% de la population du camp a dû se déplacer à nouveau

Les tensions entre les différents groupes sont représentatives de l’instabilité actuelle du pays.  »Depuis le début de la guerre civile, des dizaines de milliers de personnes trouvaient refuge au sein de camps gérés par la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (UNMISS), rappelle Tim Young. Or, le camp de Malakal a été attaqué les 17 et 18 février dernier. 30 000 Nuers et Shilluks ont dû se déplacer tout en restant dans l’enceinte du camp de protection des civils (POC), leurs zones d’habitation ayant été incendiées, et 5000 Dinka sont maintenant réfugiés dans les ruines de la ville de Malakal. L’ancienne base de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL à Malakal est désormais un squat géant de déplacés. »

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De retour dans des zones du camp autrefois inadaptées à l’accueil massif de populations, les habitants du camp ont dû faire face une nouvelle fois au manque de services. Les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL ont beaucoup travaillé pour reconstruire une centaine de nouvelles latrines dans le camp UNMISS pour répondre aux besoins en assainissement de ces personnes vulnérables.

Afin d’assurer les standards minimum dans une telle situation où de nombreuses personnes ont un accès restreint à des toilettes, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL complète ces constructions avec la distribution de sacs-toilettes jetables, mais il est urgent de construire de nouvelles latrines, ce qui nécessite du temps et des financements.

Financez des latrines ou des sacs jetables

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  • 12,3 millions d'habitants
  • 50,6% de taux de pauvreté
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