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RDC : au Katanga, la population coincée entre les groupes armés et les inondations

Publié le vendredi 15 avril 2016

Dans la province du Katanga en République Démocratique du Congo, la violence des groupes armés et les inondations, conséquence du phénomène El Nino, dont l’ampleur n’était pas attendue dans cette région d’Afrique, rendent la vie des populations déplacées comme retournées particulièrement difficile. Eclairage de Catherine H., Responsable Géographique chez SOLIDARITÉS INTERNATIONAL.

Le Katanga, une des provinces de RDC au sous-sol riche de ressources minières, est aussi depuis 2011 et l’évasion de la prison de Lubumbashi d’un chef de guerre condamné à mort deux ans plus tôt, le théâtre d’affrontements et de violences de la part de plusieurs groupes armés : les Mayi-Mayi et les Bakata Katanga notamment. La présence de ces deux groupes armés dans la province a eu des conséquences sur la situation sécuritaire générale. Presque en même temps, des tensions ont éclaté entre les Balubas (une des tribus principales du Nord Katanga) et les Batwas (les pygmées). Ces deux phénomènes cumulés ont entraîné des déplacements massifs de populations, avec un total de 500 000 déplacés dans la province en 2014. Depuis, la situation s’est calmée et l’activisme des groupes armés a réduit. Ainsi,  bien qu’une partie de ces populations soit toujours déplacée, certains sont revenus dans leur zone d’origine. Et les acteurs humanitaires leurs viennent en aide à travers des programmes de soutien envers les déplacés, les communautés d’accueil et les retournés.

RDC Katanga el nino

El Nino, un phénomène dont l’ampleur n’avait pas été pressentie dans ces zones

Si la communauté internationale suit de près ce phénomène, notamment en Afrique du Nord et de la Corne (Niger, Kenya, Somalie, Mali…), l’effet El Niño a surpris par son intensité en Afrique centrale. En particulier au Katanga qui a été frappé par des pluies particulièrement intenses qui pourraient être liées à El Niño et qui ont provoquées des inondations ces derniers mois. Ces inondations ont fragilisé les agriculteurs déplacés ou retournés qui avaient pu retrouver un peu de terres pour cultiver. Malgré les distributions de semences, d’outils et les formations agricoles mises en places par nos équipes depuis 2 ans, les inondations ont été telles qu’une grande partie des agriculteurs soutenus ont adopté pour stratégie de conserver une partie des semences afin de réduire le risque de perdre l’intégralité du rendement de la saison. Mais cette option n’a pas suffi à assurer une sécurité alimentaire assez stable.

Ces deux phénomènes, insécurité et inondations, ont pour conséquence directe qu’aujourd’hui, 40 000 personnes font face à des pénuries alimentaires, selon Marrios Bwana Ngoshi Ilunga, responsable d’activité Sécurité alimentaire et moyen d’existence à Mutabi. Ces populations ont donc aujourd’hui besoin d’une assistance humanitaire d’urgence supplémentaire. Nos équipes ont donc sollicité les bailleurs internationaux, dont le Programme Alimentaire Mondiale dans le but d’apporter ce soutien indispensable à des populations doublement victimes.

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