www.solidarites.org

Kasaï : après la guerre, la faim

Publié le vendredi 27 avril 2018

« J’ai passé cinq mois en brousse, cachée, avec mes 4 petits fils orphelins » se rappelle Juliette Mujiaga, victime des attaques qui ravagent la région des Kasaï depuis août 2016. « SOLIDARITÉS INTERNATIONAL est la première aide que nous recevons depuis que nous sommes revenus ».

Deux ans de guerre

 

En Janvier 2018, on comptait plus de 897 476 déplacés dans les Kasaï. Tandis que le Kasaï Central est toujours le théâtre de combats sporadiques, la province du Kasaï Oriental elle, a retrouvé une stabilité fragile. « Ainsi nous avons pu retourner dans nos villages d’origine, pour commencer à reconstruire nos vies, » dit Juliette. Cependant, depuis novembre dernier, les attaques de milices se multiplient et les indicateurs de sécurité alimentaire sont catastrophiques. Pour apporter une première aide et permettre aux populations de répondre à leurs besoins de base, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL et Caritas Congo ont organisé une distribution de cash dans la localité de Cijiba.

Des distributions dans le respect de la dignité

 

À Cijiba, la distribution de cash est en cours. Pour des raisons de sécurité, personne ne sait que ce que l’on distribue, c’est de l’argent. « Je n’y croyais pas lorsque j’ai reçu les billets, » avoue Juliette, après avoir reçu un montant lui permettant de nourrir sa famille pendant un mois.

En recevant directement de l’argent, les individus touchés par la crise sont libres de prioriser leurs dépenses. Ce type d’aide permet donc de garantir un minimum de dignité, qu’ils ont des difficultés à assurer depuis longtemps. Tandis que les personnes assistées peuvent acheter le peu de céréales, fruits et légumes qu’elles trouvent, elles peuvent aussi « choisir d’aller se faire soigner et payer les frais de scolarité, » rajoute Juliette. « C’est la première fois qu’on a le choix ».

Depuis 7 heures du matin, le cash est distribué aux femmes, qui sont traditionnellement en charge des tâches liées à la cuisine et à l’approvisionnement de nourriture de la famille dans le Kasaï Oriental. Juliette se réjouit : « Mes petits fils vont pouvoir manger de la volaille ».

Quelques heures plus tard, aux abords de la zone de distribution, les commerçantes étalent le peu d’aliments qu’elles possèdent. « Elles ont tout vendu en quelques heures. Même au marché elles ne gagnent pas autant, » explique Juliette.

Cependant, ce type d’aide d’urgence ne dure qu’un temps. « Si nous ne pouvons pas replanter, nous devrons attendre la prochaine distribution pour ne plus avoir faim tous les jours, » conclut-elle.

Une aide plus durable

 

SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, présente dans le Kasaï Oriental depuis un an, est venue en aide à plus de 100 000 personnes très affectées par le conflit. « La distribution de Cijiba est la première assistance que nous recevons depuis que nous sommes revenus de la brousse, » dit Juliette.

De plus, les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL ont distribué des articles ménagers essentiels et mis en place des infrastructures d’accès à l’eau potable, d’hygiène et d’assainissement. Cependant, afin d’améliorer le niveau de vie des habitants de manière plus durable, il est nécessaire de permettre aux populations de subvenir elles-mêmes à leurs besoins. Ainsi, nos équipes se consacrent aujourd’hui à la relance agricole, afin d’éviter une crise alimentaire qui rendrait les améliorations de ces derniers mois caduques. « En effet, sans outils ni semences, nous ne pouvons pas planter, semer, et donc manger, » dit Juliette.

Ces actions vont permettre aux communautés touchées par les conflits de retrouver progressivement leur qualité de vie d’avant la crise.

  • 70 millions d'habitants
  • 63,4% de taux de pauvreté
  • 178ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 955 330 personnes secourues

SOUTENEZ NOS ACTIONS EN RDC

JE FAIS UN DON

 

Ces actions ont été possibles grâce à la participation financière de l’Union Européenne, de l’UNICEF et de la Direction Suisse du Développement et de la Coopération (DDC).

 

© Suliane Tillon / SOLIDARITÉS INTERNATIONAL