Bangladesh : ‘ »La digue qui protégeait notre village s’est rompue »

Publié le dimanche 4 mars 2012

Témoignage de Ful-Jan Katum Bibi, sinistrée des inondations qui ont touché le sud-ouest du Bangladesh l’été dernier… & qui, aujourd’hui, prend part à nos actions de reconstruction.

Sur la côte sud-ouest du Bangladesh, le village de Kanidia a été complètement détruit par les inondations de l’été dernier. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL en reconstruit la route et la digue de protection avec les habitants. Sur le chantier, bien que trop faible pour prendre part à ces travaux éprouvants, une vieille dame s’est rendue indispensable. Elle s’appelle Ful-Jan Katum Bibi.

Ful Jan Katum Bibi, la vieille dame & la jarre

1 000 habitants reconstruisent la digue

« La digue en terre qui protégeait notre village s’est rompue à plusieurs endroits et il a été complètement inondé. Les puits ont été infectés, les champs dévastés, des centaines de maisons détruites, tout comme l’école du village. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL nous a immédiatement aidés en nous donnant des bâches, des couvertures, du savon, des ustensiles de cuisine… et en installant des pompes à eau. Actuellement, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL rémunère le travail de plus de 1 000 habitants du village pour reconstruire la digue et surélever 4 km de route principale, elle aussi complètement détruite.  »

J’avais une maison et 6 poules

« J’avais une maison et 6 poules. Chacune me donnait un œuf par jour. J’en mangeais un lors de mon seul repas quotidien. Je vendais le reste pour m’acheter un peu de riz et de légumes. Depuis la mort de mon mari, ma vie est difficile. Avant, je faisais des ménages et tissais des couvertures avec du tissu que je récupérais. Mais je suis devenu trop faible et je ne vois plus assez pour la couture. Et puis, lors des dernières inondations, ma maison a été complètement détruite. Mes latrines ont été submergées, ma pompe endommagée. L’eau est sale maintenant. Et parce que j’ai perdu mes poules, je me suis nourrie tant bien que mal avec des fruits que je trouvais dans la forêt.  »

bangladesh-femme-jarre4-052012Un travail utile pour toute notre communauté

« Je suis maintenant très âgée et assez faible. Mon travail sur le chantier a été pensé en fonction de mes capacités. 5 jours par semaine, entre 6h et 13h, je donne à boire à ceux qui sont chargés des travaux les plus durs. J’aime aller sur le chantier et faire partie des travailleurs. Je sais que ce que nous faisons permettra de garder nos maisons intactes lors de la prochaine mousson. Pour nous tous ici, ce programme est une bénédiction. Non seulement pour l’argent qu’il nous permet d’en tirer, mais aussi parce que nous faisons un travail utile pour toute la communauté, qui nous évitera de tout perdre à nouveau.  »

Economiser pour reconstruire une maison

« En plus de mon travail sur le chantier, je suis, comme toutes les femmes, des formations rémunérées : préparation aux catastrophes, bonnes pratiques d’hygiène, petits travaux agricoles… Avec l’argent que je gagne, j’ai déjà remboursé la moitié de la dette que j’avais contractée pour survivre après les inondations, soit 500 thakas sur les 1050 que j’avais empruntés. Avec le reste, j’achète ma nourriture quotidienne. Je me suis aussi racheté 3 poules. J’économise une partie pour reconstruire ma maison.  »

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Fiche d’identité

Prénom : Ful-Jan
Nom : Katum Bibi
Age : environ 70 ans
Veuve depuis 15 ans
Un fils, ouvrier textile à Dhaka

  • 156,6 millions d'habitants
  • 31,5% de taux de pauvreté
  • 142ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 491 818 personnes secourues