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Liban : être réfugié, une lutte constante

Publié le vendredi 1 mars 2019

Depuis le début du conflit, plus d’un million de Syriens ont fui leur pays et se sont réfugiés au Liban. Le quotidien de ces populations, qui peinent à trouver un logement stable, est une véritable lutte contre la précarité. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a accompagné Noura et Ola dans leur parcours.

Fuir en surmontant les obstacles

Noura, 30 ans et Ola, 38 ans sont toutes les deux belles-sœurs et mères célibataires. En janvier 2013, à cause des combats, avec leur famille, elles ont fui Homs (à l’ouest de Syrie) en laissant derrière elles leur vie. Au cours de leur périple, les deux familles ont atteint un point de contrôle où le mari de Noura a été interpellé et interrogé. Détenu, il n’est jamais revenu. Noura n’a eu d’autre choix que de continuer son voyage seule, accompagnée de sa belle-sœur et de leurs enfants.

Après une année marquée par le déplacement et la pauvreté, les deux femmes ont décidé de quitter la Syrie. « Le Liban était notre dernier recours, nous dit Ola, nous savions que si nous allions là-bas, ce serait pour longtemps et qu’un retour serait difficile ».

Le fardeau du déracinement

Elles souhaitaient rejoindre le frère de leurs maris et sa famille dans le Nord du Liban, mais en raison des formalités administratives coûteuses, elles n’ont pu franchir la frontière libanaise par un point d’entrée officiel. Elles sont donc passées par le village d’Arsal, dans la Bekaa. « Nous ne nous attendions pas à ce que la vie au Liban soit si difficile. Nous avons échappé à la Syrie dans l’espoir d’un avenir plus stable, mais nous avons glissé vers le désespoir, » nous explique Noura.

Survivre dans la dignité

Depuis leur arrivée au Liban, Noura, Ola, leur beau-frère et leurs familles respectives, étaient en perpétuelle recherche d’un endroit où ils pouvaient se sentir chez eux. Avec des moyens de subsistances limitées, la diminution de l’aide humanitaire, l’augmentation des loyers inabordables et les expulsions, ils n’avaient pas d’autre choix que de continuer de se déplacer. Ils ont déménagé six fois en quatre ans. Ola a même dû retirer son fils de 13 ans de l’école pour qu’il commence à subvenir aux besoins de la famille. « Je me sens coupable que mon fils soit responsable de la famille à un si jeune âge, confie-t-elle, j’ai peur qu’il m’en veuille plus tard ». Noura ajoute : « si nous avions fait des études, nous n’en serions pas arrivées là. Je ne peux même pas aider mes enfants à faire leurs devoirs ».

Vers la fin de l’année 2018, Noura et Ola ont trouvé un abri inachevé à Minieh, au nord du Liban. La maison manquait de portes, de fenêtres, d’une rampe d’escalier et d’installations d’eau et d’assainissement. Après des négociations avec le propriétaire, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a réhabilité l’abri. En échange de l’amélioration apportée par l’association, le propriétaire a accepté de fournir gratuitement le logement pour une période d’un an. « Nous sommes reconnaissants pour ce logement, que nous pouvons désormais appeler notre chez nous pendant une année, » se réjouit Noura. « Serait-ce une lumière au bout du tunnel ? »

 

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Photo : Alessandre Penso/SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

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  • 28,6% de taux de pauvreté
  • 72ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
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