Alerte humanitaire au Cameroun : Face à l’ampleur des besoins, agir vite

Publié lejeudi 17 juillet 2014

Plus de 100 000 personnes ont afflué depuis la Centrafrique ces derniers mois. Arrivées exténuées, elles survivent dans des conditions épouvantables. Rapport de la situation avec notre équipe d’urgence déployée sur place.

Elles ont marché des mois au péril de leur vie avant d’échouer ici. Elles se sont cachées. Elles ont été volées, violentées. Pour étancher leur soif, elles ont puisé l’eau des rivières. Elles se sont nourries d’herbes. Plutôt tomber malade que mourir de faim… En Centrafrique, plus d’un million de personnes ont dû fuir leur foyer. Plus de 100 000 ont réussi à gagner le Cameroun voisin, principalement les régions du Nord, de l’Est et de l’Adamaoua.

Leur assistance constitue un défi. D’abord en raison de la multitude de points d’entrée le long des 700 km de frontière commune avec la RCA. Et parce qu’il y a bien trop peu d’acteurs humanitaires sur place pour couvrir les besoins humanitaires des réfugiés centrafricains qui ne cessent d’affluer en masse et en très mauvaise santé.

180 000 Centrafricains auront franchi la frontière d’ici décembre 2014

‘’On voit des gens extrêmement affaiblis, déshydratés, amaigris. La malnutrition aiguë chez les enfants et les mères dépasse désormais le seuil d’urgence. Ils ont besoin d’un soutien immédiat, indique Sandra Lamarque, responsable de notre équipe d’urgence depuis le site de Gado Badzere. En plus, les camps débordent. Le camp dans lequel je me trouve a par exemple été conçu pour accueillir 8 000 personnes. Or 13 000 personnes vivent ici. Du coup, elles ont seulement 10 litres d’eau par jour et sont 100 par toilette. Les cas de maladies hydriques ne cessent d’augmenter. Une situation catastrophique due à l’accélération des afflux depuis avril, avec jusqu’à 10 000 arrivées chaque semaine au Cameroun.’’ On estime en ce moment ce nombre à 1 000. Les projections les plus récentes indiquent que 180 000 réfugiés centrafricains auront franchi la frontière camerounaise d’ici à la fin du mois de décembre 2014.

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Gestion de site, construction d’abris, approvisionnement en eau potable…

‘’L’urgence est de vite établir de nouveaux camps afin de désengorger les sites existants et d’accueillir dans de biens meilleures conditions les gens les plus vulnérables : ceux qui n’ont au Cameroun ni famille ni bétail, et qui ne pourraient pas survivre hors de sites aménagés.’’ Ces nouveaux sites devront à la fois être développés rapidement afin de faire face à l’afflux continu de réfugiés, tout en offrant des installations durables aux réfugiés qui sont susceptibles de rester de nombreuses années sur le sol camerounais.

‘’En accord avec le HCR, notre partenaire sur cette crise oubliée, nous sommes sur le point de prendre en charge la gestion des sites, la construction des abris (en étroite collaboration avec les réfugiés), l’approvisionnement des sites en eau potable, l’installation et de la maintenance d’infrastructures d’assainissement, et de renforcer l’adoption de bonnes pratiques d’hygiène par la population.’’

Un projet qui a pour objectif de venir en aide à près de 7 000 réfugiés centrafricains résidant actuellement sur l’axe allant de Bertoua à Garoua Boulai. Près de 60 % d’entre eux sont des enfants de moins de 18 ans. Les femmes et les filles représentent 55 % de la population.

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