Rohingyas, les damnés de l’Asie

Parias au Myanmar comme au Bangladesh

800 000 personnes de cette minorité habitent aujourd'hui l’Arakan, Etat à majorité bouddhiste situé à l’ouest du Myanmar, à la
myanmar-articlerefrontière du Bangladesh. Marginalisés, privés de nationalité, ils se nomment Rohingyas, un mot tabou chez la plupart des Birmans, nombreux à les considérer comme des immigrés illégaux. Ils n’ont pas accès aux services de base, n’ont pas le droit de sortir de cet Etat, de travailler, d’aller à l’école. De l’autre côté de la frontière, au Bangladesh, où ils se sont enfuis en masse à plusieurs reprises, ils ne sont pas non plus acceptés et sont régulièrement refoulés à la frontière. Beaucoup survivent dans la misère absolue.

75 000 personnes déplacées en 2012
En juin dernier, les tensions latentes entre communautés musulmanes et bouddhistes ont donné lieu à des émeutes. S’en est suivie une vague de violences extrêmes. 200 personnes ont été tuées, près de 75 000 personnes ont fui leurs habitations, souvent incendiées, pour se réfugier dans des camps de fortune. Nous sommes immédiatement intervenus depuis Sittwe, la capitale de l’Etat, dans plusieurs camps. Nous avons apporté une réponse d’urgence aux déplacés, faisant évidemment fi de leurs origines. Nous fournissons des latrines, construisons et réhabilitons des points d’eau, distribuons des kits d’hygiène dans plusieurs camps aux alentours de Sittwe, ainsi que dans un camp de déplacés bouddhistes, situé dans la ville même.  

 

Des mares insalubres comme unique source d’eau

Des dizaines de milliers de personnes se sont également enfuies dans des zones beaucoup moins accessibles comme celle du canton de Pauk Taw, un ensemble d’îlots où les déplacés sont éparpillés dans de nombreux camps. La situation y est encore plus déplorable. 12 000 personnes n’ont accès qu’à des mares insalubres comme unique source d’eau. Au mieux, ils font bouillir l’eau pour boire.

Des bateaux d’eau potable pour les déplacés
 Nous avons dû relever plusieurs défis pour leur porter secours : obtenir les autorisations pour aller là où personnes n’était encore allé et surmonter les contraintes logistiques pour acheminer l’eau potable. Ce que nous faisons grâce à un système de navettes fluviales.
MYANMAR
 
Montrer qu’ils ne sont pas oubliés
 Que ce soit au Bangladesh ou au Myanmar, la présence d’ONG internationales comme SOLIDARITÉS INTERNATIONAL est indispensable. Pour répondre aux besoins urgents, surtout ceux qui concernent les problèmes de rareté de l’eau, un facteur d’exacerbation des tensions entre communautés. Mais aussi pour témoigner d’une tragédie contemporaine oubliée.  Notre présence fournit une plus-value essentielle : la protection des personnes affectées et celle des travailleurs humanitaires birmans. Enfin, être simplement à leurs côtés permet de leur montrer qu’ils ne sont pas oubliés de tous et de soulager cette souffrance psychologique RD.
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