Choléra, mortelles contagions

Publié lejeudi 4 décembre 2014
Programme de lutte contre le choléra à Kalémie (RDC)avec Solidarités International

Nouvelle épidémie en République Démocratique du Congo, flambées en Haïti, au Tchad, en Afghanistan… Eradiqué depuis plus de 150 ans dans les pays développés, le choléra est pourtant en pleine reconquête planétaire. Gregory Bulit, notre référent en eau, hygiène et assainissement, revient sur les ravages causés par une maladie d’un autre âge.

Des décès toujours plus nombreux

1092 cas et 129 décès enregistrés dans l’ouest de la RDC, une centaine de décès au Cameroun et au Tchad, une dizaine de cas à Abidjan tout récemment, des flambées au Niger, au Ghana, au Zimbabwe, au Nigéria et bien sûr en Haïti, mais aussi dans le sud de l’Afghanistan… 2011 pourrait bien être l’année de la 8e pandémie de choléra de l’histoire.

Une maladie évitable…

Alors que le virus Escherichia Coli suscite à juste titre l’émoi de l’Europe entière, le choléra a peu de chance de mettre un pied en France. Les enfants, les femmes et les hommes qui en meurent sont loin, hors de portée des caméras et hors du champ de nos peurs quotidiennes. C’est bien là que se trouve l’origine de notre indignation  et de notre combat. Le choléra, comme toute autre maladie diarrhéique, est évitable. Le cas de l’épidémie en Haïti et de sa non-propagation en République Dominicaine, deux pays partageant pourtant la même île, témoigne de cette différence de traitement de la maladie qui ne s’attaque qu’aux pays les moins développés.

…mais qui gagne du terrain

En RDC, le choléra a regagné le terrain qui lui avait été pris ces dernières années. Longtemps confinée à l’est du pays, à cause de conditions environnementales favorables  et d’un contexte social gangréné par les conflits, par les déplacements continus de populations, par la pauvreté chronique et par la faiblesse de l’état, la maladie est arrivée le 27 juin aux portes de la capitale, Kinshasa. L’épidémie actuelle a débuté en février, à 500 km à l’est, sur le fleuve Congo, dans la ville de Kisangani. Comment ? Difficile d’y répondre avec certitude. La ville est à la fois un port, un axe routier important et un aéroport international. Le vibrion du choléra arrive toujours via un porteur, souvent sain, qu’il est complexe d’identifier. En quelques semaines, la maladie a descendu, à son rythme, le fleuve Congo. Transmis d’homme à homme, sur cette voie commerciale, de port insalubre en port insalubre, le vibrion est arrivé à Bolobo, à 80 km au nord de Kinshasa.

Une équipe de réponse rapide envoyée en RDC

Il faut intervenir, vite, avant qu’il ne frappe une ville de plusieurs millions d’habitants. Le choléra n’est pas une fatalité, et ne requiert pas uniquement une réponse médicale. Le choléra n’attend pas. Sans moyens pour le combattre, il progressera encore. Et une fois arrivé dans les quartiers périphériques insalubres de Kinshasa, il trouvera un terrain propice à sa diffusion rapide. En prévention, nous avons envoyé une équipe de réponse rapide dès juillet dernier. Elle s’est déployée sur la zone touchée. Nous menons des actions de sensibilisation et facilitons l’accès à l’eau potable en urgence pour des milliers de personnes à risque. Notre devoir : enrayer la progression rapide d’une maladie contagieuse et mortelle, si facile à éviter.

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