Kenya-Somalie : un an après l’urgence, retour à une action de fond

Publié levendredi 17 août 2012

INTERVIEW – L’été dernier, les pays de la Corne de l’Afrique subissaient la pire sécheresse de ces 60 dernières années. Un an après, notre chef dekenya enfant mission Kenya-Somalie, Keith Porter, fait le point sur une situation toujours fragile pour des centaines de milliers de personnes qui peinent à récupérer de ce choc.

« Améliorer les stratégies d’adaptation des populations à des chocs climatiques toujours plus intenses et chroniques »

Au plus fort de la crise, quelles actions d’urgence avons-nous menées ?

Dans les deux pays où nous intervenons, les gens ont énormément souffert de la dernière sécheresse. Dans le nord du Kenya par exemple, les communautés agro-pastorales n’avaient pas assez d’eau pour leur propre consommation. Le bétail est mort en nombre. Les récoltes ont chuté de plus de 75 %. L’urgence était de leur permettre de garder leurs moyens de subsistance, en distribuant du fourrage aux éleveurs et des coupons alimentaires aux autres. En Somalie, la guerre et l’insécurité ont accentué les difficultés d’accès à l’eau et à la nourriture. La situation liée à la sécheresse n’en a été que plus critique. Nous avons donc distribué de l’eau potable, ainsi que des coupons alimentaires. Grâce à la mobilisation de nos donateurs, nos équipes ont apporté une aide d’urgence à plus de 100 000 personnes victimes de la faim et de la soif au Nord du Kenya et en Somalie.

L’urgence passée, en quoi notre action consiste-t-il aujourd’hui ?

Nous revenons en fait à ce qui fait la base de l’action à plus long terme que nous menons dans ces deux pays depuis 2006 : travailler avec les communautés sur leurs modes de résistance. Notre priorité est de trouver avec elles les moyens d’assurer leur sécurité alimentaire et un accès à l’eau potable en cas de nouvelle crise. Cela fait partie intégrante de nos projets de réduction des vulnérabilités face aux risques de catastrophes naturelles.

Quelles activités mettons-nous en place au Kenya ?

Désensablage d'un réservoir d'eauNous organisons des sessions de « travail contre nourriture » pour désensabler les réservoirs d’eau et construire des structures de conservation. Une activité qui bénéficie aux travailleurs qui peuvent nourrir leur famille, mais aussi à la communauté toute entière qui a un meilleur accès à l’eau. Dans cette zone très aride, la difficulté principale à laquelle les populations sont confrontées reste la distance à parcourir pour abreuver le bétail. Nos équipes augmentent donc le nombre de points d’eau : en réhabilitant les pompes à main, en protégeant les puits traditionnels, en construisant des bassins souterrains de récupération des eaux de pluies… Il est aussi indispensable de renforcer la résistance du bétail, qui constitue la source de revenu principale des familles. Nous leur procurons du fourrage comme supplément alimentaire, produit par la communauté locale, mais aussi des kits vétérinaires et organisons des campagnes de vaccination. Enfin, des semences plus résistantes à la sécheresse sont distribuées aux agriculteurs.

Et en Somalie ?

Filtres en céramiquesPassée l’urgence, nos équipes locales travaillent de nouveau pour un accès durable à l’eau potable, à l’hygiène, à l’assainissement et à la sécurité alimentaire. Une action qui prend souvent la forme de chantier communautaire de réhabilitation de routes, de sources aménagées et de puits. Nous distribuons également des filtres céramiques pour purifier l’eau. Nous mettons en place des fermes pilotes et, dans la région de Bardera où la proximité d’une rivière le permet, nous développons la culture irriguée. Enfin, SOLIDARITES INTERNATIONAL a déjà distribué 200 ruches et forme des apiculteurs, permettant ainsi aux familles de varier leurs ressources.

  • 45,5 millions d'habitants
  • 45,9% de taux de pauvreté
  • 145ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 51 030 personnes secourues

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