La conférence RRC de Sendaï : « Un accord peu ambitieux »

Publié lejeudi 9 avril 2015

Du 14 au 18 mars 2015, à Sendaï au Japon, a eu lieu la 3e conférence internationale des Nations Unies sur la Réduction des Risque de Catastrophes (RRC) à laquelle a participé Julie Mayans, référente sécurité alimentaire et moyens d’existence chez Solidarités International. Conférence qui a débouché sur un accord « peu ambitieux ». Explications.

La 3e conférence internationale des Nations Unies sur la RRC a réuni des délégations de 187 pays et plus de 6 500 acteurs de la société civile, et des secteurs public et privé. Cette conférence avait pour but de définir le cadre d’action Sendai 2015 – 2030 (qui remplace le cadre d’action Hyogo 2005 – 2015) dont l’objectif principal est de renforcer la résilience des nations face aux catastrophes en donnant des orientations techniques et politiques aux différents acteurs concernés par la RRC.

Un accord peu ambitieux

« Avec le réseau d’ONG françaises en RRC (Action contre la Faim, Care France, la Croix Rouge Française, Handicap International et Solidarités International) nous n’avions pas pour but d’influer auprès des délégations gouvernementales sur les négociations en cours mais, avec d’autres organisations de la société civile, nous avons à travers un message de plaidoyer commun tenté d’influencer  la finalisation du cadre de Sendai. Malheureusement et malgré une grande mobilisation de nombreux acteurs, ce nouvel accord Sendai Framework for Disaster Risk Reduction 2015-2030 reste peu ambitieux« , explique Julie Mayans.

Des objectifs vagues et non quantifiés

L’accord de Sendaï, finalement signé après 24h de négociations supplémentaires, a donc fixé sept objectifs* mondiaux à atteindre d’ici 2030. Il a également définit quatre priorités d’action : mieux comprendre les risques de catastrophe, renforcer la gouvernance, investir dans la réduction des risques et améliorer la préparation pour une réponse efficace. « Si des objectifs ont été fixés, ce qui en soi est plutôt positif, ces objectifs restent vagues et surtout non quantifiés, déplore notre référente en sécurité alimentaire et moyens d’existence.  A 8 mois des négociations internationales sur le climat de Paris (COP21), cet accord envoie un signal négatif quant à la volonté des pays développés d’assumer leurs responsabilités vis-à-vis des pays en développement« .

Un bilan mitigé

« Je sors donc de cette conférence avec un avis plutôt mitigé, confie Julie Mayans. Si l’accord prévoit l’importance d’incorporer l’approche RRC dès la phase d’urgence après une catastrophe, il n’y a pas eu de réels engagements pour mettre en œuvre les actions RRC dès cette phase d’urgence. Il n’y a pas non plus de mention spécifique de l’eau même si l’importance de la gestion durable des ressources naturelles a été prise en compte tout comme ont été intégrées la sécurité alimentaire et la nutrition. Je retiens aussi qu’il n’y a pas eu d’engagement en termes de financement ni en termes de mécanismes de suivi qui permettraient de mesurer que les actions engagées ont un impact concret sur la réduction des risques de catastrophes« .

*réduire la mortalité mondiale, le nombre de personnes affectées, les pertes économiques liée aux catastrophes et les dégâts causés aux infrastructures, augmenter le nombre de pays dotés de stratégies pour réduire les risques de catastrophes à l’horizon 2020, renforcer la coopération internationale et enfin accroitre l’accès aux systèmes d’alertes et aux informations et évaluations sur les risques de catastrophes.

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