Catastrophes climatiques : répondre à l’urgence et préparer les populations en amont

Publié lemardi 24 novembre 2015

RÉACTION – Selon un rapport de l’ONU, les catastrophes climatiques ont tué 600 000 personnes en 20 ans. Julie Mayans, référente sécurité alimentaire et moyens d’existences réagit à cette annonce.

« Depuis 1995, les catastrophes météorologiques ont pris 600 0000 vies, en moyenne 30 000 par an, avec, en plus, 4,1 milliards de personnes blessées, devenues sans-abri ou ayant eu besoin d’une aide d’urgence. Les inondations ont représenté, à elles seules, 47% des catastrophes climatiques (entre 1995 et 2015) et ont affecté 2,3 milliards de personnes, dont l’immense majorité (95%) en Asie, indique le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNISDR). La très grande majorité de ces décès (89%) ont été enregistrés dans des pays à faibles revenus et ont entraîné des pertes financières évaluées à 1,9 milliard de dollars (1,8 milliard d’euros).« 

Une vision à long terme de la réponse d’urgence

A la vue de ces chiffres, il apparait très clairement que ces catastrophes marginalisent les plus vulnérables, menacent les revenus de leurs activités régulières et peuvent également causer ou attiser des conflits. Elles empêchent également les pays de se développer et de lutter contre l’éradication de la pauvreté. Il est bien entendu indispensable d’apporter une réponse d’urgence après ces catastrophes pour porter assistance aux populations touchées en leur donnant accès à l’eau, l’alimentation, à des conditions sanitaires et des abris décents. Si cette réponse est bien évidemment pertinente, elle s’accompagne, de la part de plus en plus d’ONG, d’une réflexion à plus long terme.
Prenons l’exemple du Bangladesh. Dans le sud du pays, régulièrement soumis aux cyclones tropicaux dont les conséquences sont dramatiques pour les populations (inondations, destructions d’abris…), les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, avec le soutien de l’Union européenne, ont mis en place un programme d’ »Argent contre Travail » qui permet d’atteindre un double objectif : permettre à des familles affectées d’accéder à un revenu immédiat et reconstruire de manière plus durable et résistante les infrastructures, qui permettront de mieux protéger ces populations face aux futures catastrophes climatiques.

Bangladesh

Préparer les populations en amont

Il y a aussi beaucoup à faire pour préparer les populations en amont des catastrophes : mise en place de comités d’alerte dans les quartiers, de système d’information climatique, formation des populations à l’analyse des signes précurseurs des catastrophes… Il est également possible d’intervenir en renforçant les infrastructures locales (surélévation des infrastructures, collecte d’eau de pluie et stockage en cas de sécheresse). Et lorsque malheureusement la catastrophe est survenue, il est également  important de penser la réponse d’urgence en y intégrant une approche de reconstruction durable.

Mettre en place des politiques de développement adéquates

Face au changement climatique, ses conséquences et face à la nécessité d’intégrer la Réduction des Risques de Catastrophes (RRC) dans les politiques de développement des gouvernements, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL se joint à d’autres ONG et à la société civile pour réaliser un plaidoyer sur les mesures urgentes à mettre en place. Ce plaidoyer est primordial notamment en ce moment pour la finalisation de l’accord de la COP21 : sensibiliser et intégrer les populations vulnérables dans l’élaboration de ces politiques, appuyer le renforcement des capacités des gouvernements et acteurs locaux et assurer le financement des actions de préparation et de mitigation des risques.

Des populations qui s’adaptent, des ONG qui les aident

En attendant que ces politiques de développement accompagnées de financement se mettent en place, les populations s’adaptent déjà au changement climatique de manière naturelle et des ONG  les aident dans ce sens. A Satkhira, au sud du Bangladesh, l’agriculture, principale activité économique dans cette zone, est très sensible aux aléas climatiques et à l’augmentation de la salinité des sols. Pour y faire face, il existe des solutions adaptées sur le long terme : variété de riz résistante, diversification des activités (élevage de volailles, maraîchage, cultures alternatives comme le roseau). Dans un contexte climatique trop risqué pour ne dépendre que de l’agriculture, il est primordial d’appuyer ces populations à se diversifier vers d’autres types d’activités.

Bangladesh Riz

 

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