Changement climatique et agriculture

Publié lejeudi 10 octobre 2013

Changement climatique : impacts et pistes d’adaptation en agriculture

Par Julie Mayans, experte en sécurité alimentaire chez SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, et Adeline Giraud (AVSF).

Article paru dans la troisième édition du Baromètre de la Faim, publiée à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Alimentation de 2013. Cette année, la JMA s’articule autour du thème suivant : « Des systèmes alimentaires durables au service de la sécurité alimentaire et de la nutrition ». Ce journal de 8 pages est le fruit d’un travail de réflexion et de rédaction inter-ONG auquel Solidarités International a participé.

Dans les zones qui subissent des inondations comme le Bangladesh, tout comme dans des zones sèches telles que le Sahel, le changement climatique perturbe les cycles saisonniers de pluies et de températures, et accentue les phénomènes extrêmes : cyclones, sécheresses intenses. Pour les petits agriculteurs des pays à faible revenu, les conséquences sont lourdes : retards pour semer, baisse de productivité, pertes de récoltes et de surfaces cultivables, mortalité et maladies du bétail… Ces aléas climatiques viennent s’ajouter aux contraintes existantes d’ordre économique, foncier ou commercial.

Comment, alors, appuyer les paysans pour les rendre plus résilients face aux aléas ? En premier lieu, par une amélioration des capacités d’épargne et de revenus. Toutes les actions qui concourent à consolider économiquement les populations rurales (augmenter la production, obtenir de meilleurs prix et débouchés pour les produits, sécuriser l’accès à la terre et à l’eau…) contribuent à réduire une vulnérabilité qui est souvent chronique, avec la mise en place de mécanismes d’auto-assurance, comme la capitalisation en têtes de bétail.

Région de North Horr, KenyaAutre stratégie anti-risque incontournable : la diversification qui multiplie les chances de réussite. Au Brésil, dans la zone semi-aride, les ONG appuient les producteurs pour développer des systèmes de production agro écologiques comprenant, en plus des cultures de céréales, l’élevage de volailles, l’apiculture, le maraîchage, la transformation de fruits ; autant d’activités qui permettent de continuer à dégager un revenu, même en cas de forte sécheresse, sans dépendre d’une culture unique. De même, le maintien d’une biodiversité « cultivée » est également important pour la résilience. En Bolivie, dans la Cordillère de Cochabamba, à 4000 mètres d’altitude, le maintien de nombreuses variétés de pomme de terre aux conditions de culture diversifiées permet aux communautés quechuas et aymaras de faire face aux périodes de gel comme de sécheresse.

 Les agricultures paysannes sont porteuses de savoir-faire traditionnels utiles en matière d’adaptation et répondant aux contextes locaux. Par exemple, le zaï, pratiqué depuis longtemps par les agriculteurs sahéliens, constitue une technique remarquable d’adaptation à la sécheresse. Cette pratique, qui consiste à creuser de petites cuvettes là où l’on souhaite semer, permet de concentrer l’humidité autour de la plante.

Associations de cultures, agroforesterie, renforcement des liens entre agriculture et élevage… lorsqu’on leur en donne les moyens, les agriculteurs paysans savent développer des pratiques d’adaptation aux aléas climatiques, qui contribuent, en outre, à préserver l’environnement.

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