Yémen : 2 ans de conflit, l’une des plus graves crises humanitaires au monde

Publié le vendredi 17 mars 2017
Conférence de presse – Mercredi 22 mars à 10h
 
2 ANS DE CONFLIT AU YEMEN
SEPT ONG INTERNATIONALES ALERTENT SUR
L’UNE DES PLUS GRAVES CRISES HUMANITAIRES AU MONDE

logong grand

Le 26 mars 2017 marquera les 2 ans du lancement de l’offensive armée au Yémen d’une coalition de pays menée par l’Arabie Saoudite. Deux ans après cette escalade du conflit, le Yémen est confronté à l’une des plus graves crises humanitaires au monde, avec près de 19 millions de personnes ayant besoin d’une assistance humanitaire et des alertes persistantes de potentielles poches de famine.
Risque de famine imminent
Au Yémen, 17 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire, soit 60% de la population. « 462 000 enfants de moins de cinq ans sont en danger de mort immédiat, car ils souffrent de la forme la plus grave de malnutrition. Ils étaient 170 000 en 2014, ce qui représente une augmentation de plus de 200% ! », souligne Isabelle Moussart, directrice des Opérations chez Action contre la Faim.

La résolution 2216 des Nations Unies d’avril 2015, qui a instauré un embargo sur les armes à destination des Houthis et de leurs alliés, s’est transformée en un blocus aérien et maritime empêchant la quasi-totalité des importations de produits de première nécessité, dont la nourriture. « Les restrictions aux importations de blé sont aujourd’hui le plus gros problème dans le pays et la principale menace à la sécurité alimentaire, alors que le pays importe 90% de ses aliments. Les situations de famine risquent de se multiplier à travers le pays », explique Liny Suharlim, directrice pays d’ACTED au Yémen.

Mépris de la protection des civiles
Les 7 ONG s’alarment de l’utilisation massive et répétée des armes explosives dans des zones densément peuplées au Yémen. Contraire au droit international humanitaire, l’usage des armes explosives en zones peuplées s’est systématisé dans les conflits contemporains au mépris des principes fondamentaux de la guerre.

 »Les bombardements qui pleuvent chaque jour au Yémen témoignent d’un mépris absolu pour la vie des civils ! Chaque jour, nos équipes, quand elles peuvent parvenir aux populations, sont confrontées à la détresse physique et psychique des civils, traumatisés. Ce massacre à ciel ouvert est insupportable et indigne de notre époque », s’indigne Jean-Pierre Delomier, responsable de l’action d’urgence de Handicap International. A la souffrance physique et psychique qu’engendrent ces blessures, s’ajoute l’absence d’accès aux soins.

Détruites notamment par la violence des affrontements, fin octobre 2016, moins de la moitié des installations sanitaires (hôpitaux ou centres de santé) du pays étaient en état de fonctionnement. Le système de santé au Yémen, particulièrement affecté par le conflit, menace de s’effondrer. Les établissements sont également pénalisés par le blocus imposé et la crise financière dans le pays : l’approvisionnement en médicaments et matériels médicaux reste très difficile et le personnel de santé n’est plus payé depuis de nombreux mois. ‘‘La guerre s’enlise au détriment des civils. Le choléra sévit depuis octobre dernier avec plus de 20 000 cas suspectés et près de 100 décès .Des troubles de la santé mentale, tels que des psychoses, de l’anxiété et des troubles de stress post-traumatiques sont aussi très souvent diagnostiqués », s’alarme le docteur Jean-François Corty, directeur des Opérations Internationales de Médecins du Monde.

Accès humanitaire limité
Deux ans après le début du conflit, l’accès aux populations vulnérables reste très limité et constitue l’un des enjeux majeurs pour les acteurs humanitaires : aucune des parties au conflit ne facilitant la bonne délivrance de l’aide. La destruction partielle ou totale de nombreuses infrastructures (routes, ponts, aéroports, ports) et de bâtiments publics restreint considérablement les déplacements et l’acheminement du personnel et des biens humanitaires, ainsi que l’accès aux services de base pour les yéménites.

 »Pour les travailleurs humanitaires, les difficultés d’accès aux populations tendent à s’accentuer. Nous appelons la communauté internationale et les parties au conflit à intensifier leurs efforts pour améliorer cet accès toujours insuffisant », souligne Hélène Quéau, directrice des Opérations de Première Urgence Internationale.

A l’issue de la conférence, les sept ONG appellent la communauté internationale et toutes les parties au conflit à une mobilisation beaucoup plus forte afin que tout soit mis en œuvre pour lever au plus vite les obstacles à la délivrance de l’aide au Yémen, dans ce contexte de pré-famine. Elles demandent à ce que le blocus, empêchant de fait les importations de nourriture et de médicaments, soit levé, et que les droits des populations civiles soient respectés.

Intervenants :

Action contre la Faim
CARE
Handicap International
Médecins du Monde
Première Urgence Internationale
Solidarités International

Chez : Médecins du Monde
62, rue Marcadet 75018 Paris
Métro : Ligne 12 – 4  Marcadet poissonniers
Entrée libre
Contact presse
Tugdual de Dieuleveult
tdedieuleveult@solidarites.org
01 76 21 87 11 / 06 64 92 50 37