[15 janvier 2026] Le 20 janvier 2025, Donald Trump suspendait le financement américain de l’aide internationale. Malgré les conséquences dramatiques de cette décision, d’autres pays ont également diminué leur budget dédié. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL alerte sur l’urgence d’établir un financement équitable du secteur. Les besoins effectifs des populations confrontées aux crises doivent guider les choix financiers.
Il y a un an, à peine arrivé à la Maison Blanche, Donald Trump signait le décret de suspension des financements de l’aide étrangère américaine, dont son aide humanitaire. Quelques jours plus tard, Elon Musk, alors nommé à la tête du “ministère de l’Efficacité gouvernementale”, annonçait la fermeture de l’agence américaine d’aide publique au développement (USAID). 75,9 milliards de dollars¹ de financements programmés ont ainsi été abruptement annulés.
Les effets de cette coupe ont été immédiats et concrets. Au Yémen, après plus d’une décennie de guerre, 23,1 millions de personnes ont un besoin urgent d’aide humanitaire² et l’épidémie de choléra est considérée comme une des plus violente au monde. Pourtant, la fin de l’aide humanitaire américaine a entraîné la clôture de nombreux programmes humanitaires. Parmi eux, celui de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL qui consistait à acheminer de l’eau, construire des latrines et effectuer des distributions d’urgence à 117 000 personnes déplacées dans des camps.
En Afghanistan, la réhabilitation de points d’eau et la lutte contre la malnutrition que nous menions auprès de plus de 50 000 personnes ont été stoppées. Au Mozambique, notre programme a pris fin. Il fournissait pourtant un accès à de l’eau et à l’assainissement à plus de 150 000 personnes confrontées à la guerre entre forces gouvernementales et insurgés affiliés à l’État islamique.
On estime à l’échelle mondiale que la baisse de l’aide humanitaire américaine pourrait causer la mort de plus de 22 millions de personnes d’ici 2030³. “C’est une aberration, une faute morale énorme mais aussi une erreur stratégique majeure. Le coût de la prévention des crises et des conflits est bien inférieur à celui de l’inaction” explique Kevin Goldberg, Directeur Général de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL.
Pour autant, il serait erroné de limiter la crise de l’humanitaire à la volte politique américaine. Cette rupture intervient alors que l’aide humanitaire subit de plein fouet l’effondrement de son cadre financier global, à savoir l’aide publique au développement (APD). En France, c’est un véritable sabordage budgétaire qui est à l’œuvre : avec des amputations cumulées de plus de 49% en deux ans, c’est le budget de l’État le plus violemment sacrifié. La majorité des bailleurs historiques – Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas – opèrent eux aussi un repli brutal au profit de leurs dépenses de défense. Les projections indiquent un effondrement de l’APD mondiale de près de 26%. Ce n’est sans doute qu’un début.
Dès lors, c’est bien à une crise globale du financement de l’humanitaire que nous sommes confrontés, doublée d’une crise morale et de légitimité, comme l’énonçait Tom Fletcher, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires de l’ONU. Pour rester fidèles à notre mandat et continuer à apporter l’aide nécessaire aux populations en détresse, trouver des nouveaux financeurs est un impératif auquel SOLIDARITÉS INTERNATIONAL s’attèle au quotidien.
Pour autant, la réforme du système humanitaire international lancée par l’ONU en mars 2025 acte la réduction progressive des actions du secteur en entérinant une hyperpriorisation de l’aide qui fait fi des situations de crises chroniques, de la nécessaire articulation de l’aide d’urgence avec les logiques de relèvement et de résilience, et du besoin de prévenir les catastrophes sanitaires le plus tôt possible.
Un an après la cessation de l’aide américaine, la question du financement de la solidarité internationale reste entière. Alors qu’au moins 239millions de personnes auront besoin d’assistance humanitaire en 2026 d’après Humanitarian Action⁴, il est urgent de repenser collectivement les outils de financement du secteur et de s’assurer de la juste contribution des États en fonction de leurs capacités et de leur adéquation aux besoins des populations menacées. “Le recul de la conscience collective devant la souffrance humaine exposée quotidiennement en images est palpable. Pourtant, la solidarité ne doit pas être une option. Il est primordial de remettre le principe d’humanité au cœur des préoccupations internationales”, insiste Kevin Goldberg.
Porte-paroles disponibles :
Kevin Golberg, Directeur Général de l’ONG SOLIDARITÉS INTERNATIONAL
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² Yemen Humanitarian Needs and Response Plan 2026 | Humanitarian Action
³ Global Aid Cuts Could Reverse Decades of Progress in Health and Development – ISGLOBAL
