Forum Mondial de l’Eau : un engagement trop faible en faveur des urgences humanitaires

Publié le mardi 14 avril 2015

Alors que les crises humanitaires se multiplient, les engagements pris par les Etats lors du 7ème Forum Mondial de l’Eau qui se déroule actuellement en Corée du Sud n’ont pas été à la hauteur des enjeux auxquels font face les ONG. Une déception pour Action contre la Faim, Secours Islamique France et Solidarités International qui rappellent l’importance de lier systématiquement la réponse humanitaire à l’agenda du développement.

Le 13 Mars 2012, lors de l’édition précédente du Forum Mondial de l’Eau à Marseille, les Etats avaient ratifié une déclaration d’engagements affirmant pour la première fois de manière explicite la dimension cruciale du secteur Eau, Assainissement et Hygiène dans les réponses humanitaires. En effet, le développement des stratégies nationales de prévention des crises ainsi que la coordination des actions et le financement des projets permettent le passage de l’urgence au développement.

Cette prise de conscience n’a malheureusement pas été suffisamment réitérée cette semaine en Corée du Sud. La déclaration ministérielle de ce forum met l’accent sur le changement climatique et l’innovation technique, des enjeux plus actuels et plus politiques dans la perspective des négociations de la COP21 qui se tiendra à Paris, en décembre. Les ONG humanitaires, fortement engagées dans la réponse aux crises, soutiennent bien sûr tout engagement constructif pour une meilleure prise en compte de la gestion des changements climatiques, afin d’en minimiser l’impact auprès des plus vulnérables. Nous pensons également qu’une innovation pérenne et adaptée aux contextes les plus contraignants et aux populations les plus isolées est souhaitable.

Néanmoins, réduire les crises humanitaires à la seule composante du climat revient à oublier les cinq sixième des victimes de ces crises, dont le nombre est estimé chaque année à 300 millions de personnes.

Action contre la Faim, Secours Islamique France, Solidarités International souhaitent donc fermement réaffirmer :
–    L’importance d’une coordination entre tous les acteurs, dans le cadre de la Réforme Humanitaire
–    La nécessité de renforcer le lien entre urgence, reconstruction et développement, autant au niveau opérationnel que financier
–    Le besoin d’accompagner les Etats dans les processus de résilience et de prévention des risques qu’ils adoptent afin de mieux anticiper les crises.
Les ONG humanitaires attendent des Etats un engagement fort sur ces enjeux lors des prochaines grandes échéances internationales que sont la Conférence des Nations unies sur le financement du Développement d’Addis Abeba en juillet, la Conférence de l’Assemblée Générale des Nations unies en septembre et la COP21 en décembre.

Porte-parole disponible pour interview en Corée du sud et à Paris
Alain Boinet, fondateur de Solidarités International et Jean-Marc Leblanc référent Eau Assainissement et Hygiène
Contact presse pour Solidarités International : Tugdual de Dieuleveult – tdedieuleveult@solidarites.org
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SOLIDARITES INTERNATIONAL
Engagée depuis 35 ans en faveur de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour tous, l’association humanitaire SOLIDARITÉS INTERNATIONAL vient en aide aux personnes touchées par les conflits, les épidémies et les catastrophes naturelles. Une aide qui leur est apportée en mains propres et qui répond en toute dignité à leurs besoins vitaux : manger, s’abriter et surtout, boire. L’eau, une priorité de l’action humanitaire Nos équipes humanitaires combattent ainsi chaque jour un fléau qui tue 2,6 millions de personnes chaque année : le manque d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement. D’ici 2025, 4 milliards de personnes seront soumises à un stress hydrique, contre 400 millions en 1995.