[Lundi 19 janvier 2026] L’urgence climatique et environnementale est une urgence planétaire. Elle affecte d’ores et déjà l’ensemble des individus et des écosystèmes du monde mais les personnes les plus vulnérables, qui ont le moins contribué à ces dérèglements, sont les plus durement touchées. Sans réduction drastique des émissions de gaz à effets de serre, sans mesures ambitieuses de préservation et restauration des écosystèmes et sans réduction des vulnérabilités, ces crises continueront à avoir un impact majeur sur les besoins humanitaires et les chances des populations vulnérables d’améliorer durablement leurs conditions de vie.
Les organisations de solidarité internationale doivent donc adapter leur mode d’actions afin de répondre à ces crises et appuyer les populations à être plus résilientes, se préparer et s’adapter à cette
nouvelle réalité ainsi qu’à préserver et conserver leur environnement.
Les actions des organisations de solidarité internationale, aussi cruciales soient-elles, peuvent
néanmoins générer des impacts environnementaux et climatiques. La prise en compte de ces enjeux
est donc pour le secteur, une question de cohérence globale de leur action, d’exemplarité et du respect
du principe de « ne pas nuire ».
Afin d’être en ligne avec les engagements climatiques internationaux tout en tenant compte des
« responsabilités communes mais différenciées et les capacités respectives », principe juridique au
cœur du droit international de l’environnement et fondement de la justice environnementale et
sociale, nous, organisations de la solidarité internationale, nous engageons¹ à :
1. MESURER NOS IMPACTS
● Mesurer les impacts environnementaux et carbone de nos actions, de manière
régulière et systémique, pour nourrir une compréhension globale de nos impacts.
2. RÉDUIRE NOS IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX ET CLIMATIQUES
● Réduire de moitié² nos émissions de fonctionnement³ d’ici à 2030, relativement à nos
volumes d’activités.
● Mettre en place de bonnes pratiques visant à réduire l’empreinte environnementale
liées aux biens et services directement fournis aux populations, pourvu que celles-ci
soient bénéfiques pour les populations et acceptées par celles-ci.
3. FAIRE ÉVOLUER NOTRE ACTION FACE À CES NOUVEAUX ENJEUX
● Intégrer une analyse des risques climatiques et environnementaux dans l’ensemble de
nos actions et favoriser la mise en œuvre d’actions de prévention, d’anticipation et
d’adaptation des projets lorsque c’est pertinent.
● Transformer nos modes de fonctionnement aux défis actuels et à venir engendrés par
les changements climatiques et dégradations environnementales afin de maintenir
nos capacités opérationnelles.
● Développer et faire appel à des expertises locales en lien avec les engagements du
Grand Bargain sur la localisation.
4. COMMUNIQUER
● Partager de manière transparente nos résultats et progrès environnementaux, sur une
base annuelle, afin de renforcer la redevabilité et l’engagement collectif.
5. SENSIBILISER ET AGIR COLLECTIVEMENT
● Sensibiliser en interne et en externe sur les enjeux environnementaux et climatiques
et sur les mesures possibles pour y répondre.
● Travailler, autant que possible, de manière collaborative et mutualisée, y compris audelà du secteur humanitaire.
CONTACT
Secrétariat du REH : secretariat@environnementhumanitaire.org
Liste des signataires :
Action Contre la Faim
CARE France
Croix-Rouge française
Électriciens Sans Frontières
Entrepreneurs du Monde
Gret
Groupe Agropastoral pour le Développement de Yongoro
Groupe URD
Handicap international
Médecins du Monde
Première Urgence Internationale
Secours Islamique France
Solidarités International
Triangle Génération Humanitaire
¹ Le succès d’un tel engagement requiert l’implication des bailleurs et des États afin de favoriser les transformations systémiques permettant la diminution de certaines émissions et d’accompagner les aménagements techniques et financiers nécessaires. Nous serons vigilants à l’implication de nos partenaires et à la co-construction des stratégies et des actions à mettre en œuvre.
² Conformément aux méthodologies reconnues, la compensation carbone volontaire ne peut intervenir que postérieurement à la mise en œuvre d’efforts de réduction de ses émissions.
³ Pour plus d’informations, veuillez vous référer à la note de positionnement du REH relative à ce sujet
