[Paris, le 30 septembre 2025] Après deux ans de guerre, plus de 65 000 Palestiniens ont perdu la vie à Gaza. Affaiblis par la famine, privés d’aide humanitaire et harassés par les déplacements forcés successifs, les Gazaouis désespérés n’entrevoient aucun avenir. Seuls un cessez-le-feu immédiat, un accès humanitaire sans entrave et la libération de tous les otages et personnes civiles détenues de manière arbitraire pourront mettre fin aux souffrances des civils.
Au moment où l’encre sèche à Washington sur les 20 points d’un possible nouveau plan de paix, à Gaza la guerre entre dans sa troisième année, et il n’y a plus de mots pour décrire l’horreur qui s’y joue. Tous les jours, des récits de vies brisées nous parviennent, à chaque fois plus glaçants. Le conflit a détruit plus de 90 % du territoire gazaoui, tué plus de 65 000 Palestiniens et en a blessé des centaines de milliers d’autres¹. Ecoles et hôpitaux pris pour cibles à maintes reprises, blocus total conduisant à la famine : le conflit est caractérisé par des violations nombreuses et répétées du droit humanitaire international, que les experts de la commission d’enquête internationale de l’ONU sur le territoire palestinien ont qualifié de génocide².
Depuis le 13 août 2025, l’armée israélienne a lancé une nouvelle vague de bombardements rapidement suivie par une offensive terrestre sur la ville de Gaza, la plus peuplée de l’enclave avec près d’1 million d’habitants. Les ordres d’évacuation et les opérations militaires ont de nouveau provoqué le déplacement massif de centaines de milliers de civils vers le sud du territoire assiégé, sans aucun espoir d’échappatoire ou de répit. « Je me sens piégée, témoigne Heba, mobilisatrice communautaire à Gaza pour SOLIDARITÉS INTERNATIONAL. Je n’ai pas vraiment ma place ici, et je ne peux pas quitter Gaza. Je veux avoir la chance de vivre. »
Les employés de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL ont progressivement dû fuir vers le sud et les activités dans le nord de l’enclave ont dû être interrompues au fur et à mesure du développement des hostilités. En parallèle, l’organisation a amplifié sa réponse dans le sud auprès des nouveaux déplacés. Au total, 1,9 million de personnes (plus de 90 % de la population gazaouie) ont été contraintes de quitter leur lieu de vie – et cela à plusieurs reprises – depuis le début de la riposte israélienne³.
« Elles-mêmes touchées dans leur chair, nos équipes continuent coûte que coûte à fournir de l’eau potable pour répondre aux besoins vitaux des personnes déplacées », explique Philippe Bonnet, directeur des Urgences chez SOLIDARITÉS INTERNATIONAL. Nos quatre stations de désalinisation de l’eau sont toujours opérationnelles, permettant de fournir de l’eau potable quotidiennement à des dizaines de milliers de personnes.
À Gaza, les besoins sont incommensurables. Après deux ans de guerre, seules 1,5 % des terres demeurent cultivables et les biens de première nécessité connaissent une inflation dramatique. Les prix des denrées alimentaires et des biens essentiels, trop rares, continuent d’être très élevés, trop chers pour beaucoup de familles. « On essaye de rationner la nourriture jour après jour, en ne mangeant qu’un repas par jour, pour ça j’envoie mes enfants dormir plus tôt », témoigne un Gazaoui. L’aide humanitaire, quant à elle, ne parvient à entrer qu’au compte-goutte.
Après plus de 100 jours de blocus total et une réouverture extrêmement limitée depuis mi-mai 2025, les habitants de Gaza sont toujours confrontés à une insécurité alimentaire majeure. Fin août, les experts de l’initiative mondiale IPC* ont déclaré l’état de famine dans une partie de l’enclave palestinienne et estiment qu’au moins un demi-million de personnes⁴ sont affectées.
SOLIDARITÉS INTERNATIONAL appelle à un cessez-le-feu immédiat et permanent, ainsi qu’à la libération de tous les otages et civils détenus de manière arbitraire. La communauté internationale doit mettre fin aux violences et aux activités militaires dans la bande de Gaza. Toutes les parties au conflit sont tenues de respecter le droit international humanitaire et d’œuvrer pour la paix. Il est urgent de prendre des mesures décisives, comme la fin de toutes les restrictions bureaucratiques et administratives, l’ouverture de tous les points de passage terrestre, ainsi que le rétablissement d’une assistance fondée sur les principes humanitaires.
¹ Reported impact snapshot | Gaza Strip (17 September 2025)
² Israël commet un génocide à Gaza, affirme une commission d’enquête de l’ONU | ONU Info
⁴ Famine à Gaza : « un échec pour l’humanité toute entière », selon le chef de l’ONU | ONU Info
*L’IPC est un outil international utilisé pour évaluer la gravité de l’insécurité alimentaire dans une région donnée.
Porte-parole disponible en français et en anglais :
Philippe Bonnet, directeur des Urgences chez SOLIDARITÉS INTERNATIONAL
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