Aux côtés des réfugiés : témoignages

Publié levendredi 27 décembre 2013

Parce que personne ne choisit d’être réfugié… Nous avons choisi d’être à leurs côtés.

SOUDAN DU SUD : Echouée à Yida2012-Juillet-Yida-RenaudDouci 87

Assise sur sa natte, derrière sa moustiquaire bleue, précieuse relique emportée de sa vie d’avant, Nadia veille, dans sa tente faite de branches et de bâches, sur son dernier né. Avec son mari et son fils aîné, elle a fui sa terre, dans les Monts Nouba, en avril 2012. Alors enceinte de 6 mois, elle est partie avant de ne plus en avoir la force.

Comme elle, ce sont les combats et la faim qui ont poussé, début 2012, plus de 70 000 personnes du Sud Kordofan à abandonner leur maison et à prendre la fuite. Pour ces familles parvenues jusqu’ici, Yida représente pourtant une bouée de sauvetage précaire, où les humanitaires pourront leur donner à manger et à boire, peut-être sauver leurs enfants malades. C’est aussi une impasse où ils tentent de ne pas perdre pieds et de rester en vie. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL y intervient en urgence depuis juin 2012.

‘‘Deux mois après notre arrivée, j’ai accouché d’un garçon, se souvient-elle, jetant un coup d’œil sur les deux maigres valises à roulettes que son mari a réussi à trainer jusqu’ici. Nous l’avons appelé June, parce qu’il est né en juin pendant le premier mois de la saison des pluies. L’hôpital était rempli d’enfants mourants et de mères souffrantes. Quand notre aîné est tombé malade en juillet, j’étais terrifiée. Atteint de diarrhée, il ne tenait plus sur ses jambes. Au centre de santé, ils m’ont dit qu’il y avait trop de monde. Nous l’avons soigné à l’aide d’une plante que l’on trouve ici et que l’on mélange à l’eau. Et même si depuis quelques jours, il va mieux, ajoute-t-elle, démunie, je suis très inquiète. Comment les préserver des maladies avec toutes ces mouches et quand on a si peu d’eau ? Je ne devrais pas, mais j’en veux à mon mari. C’est plus fort que moi. Avant il était instituteur. Nous avions une maison. Nous avions à manger. Nous étions respectés et nourrissions des rêves pour nos enfants. Qu’avons-nous aujourd’hui ? Même pas un avenir.’’

Pour elle comme pour les dizaines de milliers de personnes qui peuplent désormais Yida, mais aussi le camp de Yussuf Batil, à l’est du pays, nos équipes mènent chaque jour un travail vital : donner un accès à une eau potable, construire des toilettes, distribuer des kits de première nécessité, mener des campagnes de sensibilisation à une hygiène adaptée. Si le flot de réfugiés s’est réduit, au Soudan, de l’autre côté de la frontière, combats et bombardements perdurent. Le camp de Yida n’est pas prêt de disparaître. A défaut de redonner des rêves à Nadia, il s’agit de faire en sorte que Yida n’engloutisse plus la vie de celles et ceux qui y échouent.

16052013 MYANMAR Rohinguyas constancedecorde 9MYANMAR ‘’Aider sans autre considération que celle des besoins’’

A l’ouest du pays, l’État du Rakhine est le terrain de violences entre bouddhistes et musulmans majoritairement issues de la minorité Rohingya présente sur le territoire depuis plusieurs siècles. Depuis 1982 et la loi relative à la citoyenneté birmane, les 800 000 Rohingyas sont considérés comme apatrides. Selon l’ONU, cette minorité ethnique est l’une des plus persécutée au monde. En mai, puis en octobre 2012, deux vagues de violence ont provoqué la mort de 189 personnes et la destruction de 10 000 maisons et bâtiments. 170 000 personnes déplacées se trouvent depuis dans des camps surpeuplés.

’Faisant évidemment fi de leurs origines, nos équipes apportent une aide humanitaire à près de 12 000 familles parquées dans 3 camps situés dans le district de Sittwe : Baw Du Pah, Dar Paing et Thea Chaung, explique Christophe Vavasseur, responsable de nos opérations en Asie. Pour leur venir en aide, il nous a fallu transporter par bateau depuis Sittwe de l’eau, ainsi que tout le matériel de stockage et de traitement nécessaire. Nous construisons aujourd’hui des points d’eau, des toilettes et distribuons régulièrement des kits hygiène et de survie. Nous aidons enfin des centaines de ménages à cultiver des sacs potagers pour qu’ils puissent eux-mêmes répondre à leurs besoins alimentaires.’’

MAURITANIE : Point de non-retour2013-Avril-Mauritanie-Mberra 214

Fadimata Walett a fui les combats qui sévissent au Mali, et plus particulièrement la région de Tombouctou, en février 2012. Elle vit depuis avec ses 5 enfants et ses 3 petits-enfants dans le camp de Mberra, dans le sud de la Mauritanie.

‘’Grâce aux distributions d’eau potable effectuées par SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, je parviens à m’approvisionner en eau potable et à remplir les 4 jerrycans que je stocke dans ma tente, explique-t-elle.’’Alors que la température est en moyenne de 45°C à l’ombre, il est primordial pour elle et sa famille que ces distributions continuent : ‘’Pour boire, mais aussi pour préparer à manger et pour maintenir une hygiène minimum.’’

Aujourd’hui, sa préoccupation majeure est la paix au Mali, la condition nécessaire pour retourner vivre chez elle, dans sa communauté d’origine. Mais son inquiétude principale concerne la survie de sa famille dont elle se sent profondément responsable. ‘’J’ai tout laissé derrière moi pour venir me réfugier en Mauritanie. Je sais malheureusement que mon avenir dépend exclusivement de l’aide apportée par les acteurs humanitaires.’’

A l’image de Fadimata, les 70 000 personnes qui vivent aujourd’hui dans le camp ne sont pas prêts de regagner le nord du Mali où règne encore l’insécurité. Consciente de cette réalité, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL prend actuellement en main toute l’alimentation en eau potable du camp pour améliorer la desserte et donner aux familles de réfugiés des conditions de vie dignes. ‘’Nous venons de finir de construire un château d’eau qui permettra d’alimenter le camp en eau de façon continue. Les familles n’auront plus à faire la queue comme jusqu’à présent parce que l’eau n’était disponible que quelques heures par jour » indique Erwann Lacoste, expert en eau, hygiène et assainissement de retour de mission sur place.

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