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Coupe des financements au Yémen : les gens vont mourir si on ne fait rien !

Publié le jeudi 29 janvier 2026

« Dans les camps de déplacés, je vois des enfants et des adultes qui souffrent d’extrême malnutrition, qui ont tout perdu, maison, papiers d’identité… La situation est très grave au Yémen ! », prévient Stephen Bisits, Directeur Pays en charge du Yémen pour SOLIDARITÉS INTERNATIONAL. 

Après neuf ans de guerre, plus de 18 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire pour survivre dans ce pays du sud de la péninsule arabique, dont 4,5 millions sont déplacées à l’intérieur des frontières. Ces personnes, démunies, vivent dans des conditions insalubres, sans accès sûr à l’eau, accablées par les épidémies de choléra et de maladies diarrhéiques.  

Ajoutez à cela les années d’instabilité qui ont ravagé l’économie du pays, aujourd’hui au plus bas. Les premières victimes sont, une fois encore, les personnes vulnérables qui ne sont plus en mesure d’acheter de nourriture, parfois contraintes de fouiller dans les poubelles ou de se livrer à des comportements dangereux pour subvenir à leurs besoins.  

C’est dans ce contexte sanitaire, sécuritaire et alimentaire dramatique, qu’il y a près d’un an, l’agence américaine USAID, subventionnant des projets humanitaires et de développement, a été fermée par Donald Trump. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL s’est alors vu retirer les dix millions de dollars qui avaient pour vocation d’offrir une aide vitale aux Yéménites.

C’est ainsi avec un immense désespoir que les habitants de Marib, ville de l’est du pays, ont appris du jour au lendemain la fermeture de la base de l’ONG dans leur ville et l’arrêt du programme de distribution d’argent liquide alors en cours. La raison de cet arrêt ? Le retrait total de l’agence USAID au Yémen qui subventionnait le projet.

SOLIDARITÉS INTERNATIONAL menait auparavant plusieurs programmes dans le pays financés par l’agence USAIDdont un projet de distribution d’argent liquide permettant aux populations de s’acheter à manger, à boire et de quoi s’abriter. Le directeur en charge du Yémen se désole de la fin prématurée d’un tel projet à Marib, qui avait pourtant démontré son efficacité : « Ce qui est formidable avec ces programmes que nous menons en partenariat, c’est qu’ils sont très efficaces ! Lorsqu’un donateur nous donne un dollar, la quasi-totalité de cette somme va directement au bénéficiaire ! » 

  • 39,4 millions d'habitants
  • 186 sur 193 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 362 520 personnes bénéficiaires

L’arrêt soudain du projet a également été synonyme de la fin à un accès précieux à l’eau potable pour 117 000 personnes qui sont désormais confrontées à un choix difficile : mendier pour acheter de l’eau en bouteille ou boire les eaux de surface contaminées, des comportements à risque qui favorisent la propagation des maladies hydriques. 

Stephen Bisits alerte sur la situation critique dans le pays : « Le financement au Yémen s’est effondré, probablement d’un tiers de ce qu’il était les années précédentes, alors même que nous prévoyons une augmentation des besoins dans les années à venir ». Par conséquent, après le désarroi des premiers instants, il a été nécessaire de s’adapter pour maintenir les projets encore en cours et parvenir à fonctionner avec moins de ressources : rechercher de nouveaux donateurs, réduire les dépenses et cibler les zones et les populations les plus vulnérables.  

Maintenir une aide efficace malgré tout  

Désormais, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL mène sept programmes au Yémen. Ils visent à garantir un accès à l’eau potable pour les habitants et ainsi endiguer les épidémies, ou encore à relancer l’agriculture pour lutter contre la famine : « Nous menons un nouveau projet intéressant qui consiste à former les gens à une agriculture en adéquation avec le changement climatique, explique Stephen Bisits. On leur fournit par exemple des semences qui nécessitent peu d’eau, qui est très rare au Yémen ». 

Soucieux de décrocher de nouveaux financements pour les projets à venir dans ce contexte où de nombreux bailleurs institutionnels suivent les pas des États-Unis, le directeur veut rester optimiste : « Notre mission sera beaucoup plus modeste que par le passé, mais j’espère que nous pourrons avoir un impact toujours plus important en prenant des décisions judicieuses ». 

Photo d’en-tête : © SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

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