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Boire, manger, se soigner : trois défis pour les Yéménites

Publié le jeudi 11 octobre 2018

Après plus de 3 années de guerre, la vie au Yémen ressemble plus à de la survie.  Chaque jour, les familles luttent pour trouver à boire, à manger ou se soigner. Trois défis d’un quotidien que nos équipes tentent d’améliorer.
Par Philippe Bonnet, Directeur Pays.

 

L’accès à l’eau à terre

La situation avant le conflit n’était déjà pas brillante, surtout dans le sud du pays -moins développé- et dans les zones rurales, sans toutefois être catastrophique. Mais des années de conflit ont contribué à l’attrition des infrastructures. D’une part, dans certaines zones où les combats ont eu lieu, les infrastructures ont été détruites par les bombardements (imputables aux  deux camps) et les combats. Les combattants n’ont pas hésité à utiliser certaines de ces infrastructures à des fins militaires. Les systèmes de distribution d’eau potable ont été particulièrement touchés, de mêmes que les structures de santé et les écoles, par exemple. D’autre part, les ressources dont dispose l’Etat sont principalement allouées à l’effort de guerre au détriment de l’entretien, de la maintenance, voire de la couverture des coûts de fonctionnement des infrastructures. Cette attrition des infrastructures ne touche donc pas que les zones de combats mais l’ensemble du pays. Enfin, le fonctionnement de ces infrastructures repose toujours sur des systèmes de production d’énergie thermique, nécessitant du carburant dont le coût ne cesse d’augmenter. Aujourd’hui, le fonctionnement des infrastructures dépend largement de l’apport des ONG, dont SOLIDARITÉS INTERNATIONAL. Une des stratégies mises en œuvre par SOLIDARITÉS INTERNATIONAL est notamment le remplacement des moteurs thermiques par des systèmes de pompage solaire.

 

Un système de santé quasi détruit

Le système public de santé a été sévèrement affecté par le conflit : destruction des infrastructures, personnels non payés, médicaments et équipements indisponibles. Beaucoup des centres de santé et hôpitaux ne fonctionnent aujourd’hui plus que grâce au soutien des ONGs. Dans les grandes villes, le secteur privé de la santé reste plus ou moins fonctionnel, mais beaucoup de ménages ne peuvent y accéder faute de moyens. Les zones rurales et les zones moins accessibles connaissent certainement les situations les plus critiques, notamment parce que beaucoup d’ONGs sont frileuses à accéder à ces zones où l’assistance est certainement plus coûteuses avec des populations éparpillées dans des zones géographiques importantes. Enfin, il ne faut pas oublier de mentionner la situation des déplacés. Ils sont 3 millions dans le pays dont l’accès aux soins est plus qu’incertain. Nos équipes essayent de toucher ces populations en appuyant les centres de santé (sur les volets eau, hygiène et assainissement) dans les zones rurales. Mais lever des fonds pour ces activités qui sont moins sous le feu des projecteurs car non liées directement aux combats est difficile.

  • 29,3 millions d'habitants
  • 62% de taux de pauvreté
  • 168 sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain

De la nourriture disponible mais trop chère

Plus de 22 millions de Yéménites dépendent du support apporté par l’aide internationale par manque de financement, soit parce que certaines zones du pays sont difficilement accessibles. Clairement, tous les besoins alimentaires –sans parler de l’accès à l’eau potable– ne sont pas couverts et la plupart des districts du pays sont considérés en état d’insécurité alimentaire et les taux de malnutrition sont élevés, presque 2 millions d’enfants souffrent de malnutrition.

La nourriture est bien souvent disponible, parfois produite localement, le plus souvent importée, mais les ménages modestes (et ils sont de plus en plus nombreux) ont de plus en plus de difficultés à acheter la nourriture indispensable à la couverture leurs besoins alimentaires de base. De nouveau, les ONG dont SOLIDARITES INTERNTATIONAL s’attachent à identifier les familles les plus vulnérables pour leur apporter une assistance alimentaire, soit par des distributions de nourritures, soit en leur apportant un soutien financier. Avec la guerre, la fébrile économie du Yémen s’est écroulée et l’approvisionnement en nourriture dépend désormais de plus en plus des importations de produits alimentaires. Avec une inflation galopante, la montée des prix du carburants les prix des denrées alimentaires –importées ou non- s’envolent et la situation s’aggrave : de moins en moins de familles peuvent couvrir leur besoins alimentaires, ce qui est très inquiétant. Les ONGs ne pourront probablement pas couvrir l’intégralité des besoins.

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Photo : Thomas Gruel / SOLIDARITES INTERNATIONAL