Une foire alimentaire à Ambassatna

Publié le mardi 12 juin 2012

Témoignage d’Ophélie :  » 7h30, nous arrivons sur le lieu de la foire, dans le village d’Ambassatna. Plus d’une centaine de femmes sont assises là, avec leur sac en toile de jute vide, des bidons d’eau recouverts d’une maille pour les protéger des rayons du soleil. J’observe et j’écoute : les pleurs des enfants, les regards curieux et les sourires inquisiteurs.  »

Elles attendent d’être appelées pour entrer dans la foire. Munies des coupons d’une valeur de 36€ qui leur ont été remis précédemment par les sensibilisateurs de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, les femmes se présentent, on vérifie leur identité, les équipes discutent avec elles et leur expliquent les denrées disponibles.

Elles passent ensuite échanger leurs coupons contre : des céréales (mil sorgho), de la viande, du poisson séché, des légumes, de l’huile, des condiments. Ce sont des commerçants locaux qui fournissent les denrées. Tout est extrêmement bien géré. La foire parait bien se dérouler. Les femmes défilent, enceintes, avec leurs enfants sur le dos, on entend les pleurs de bébés sous les voiles. Il y a des femmes d’un certain âge, accompagnées de leurs petits enfants ou d’une amie qui les aide pour porter leurs vivres. Elles repartent le sourire aux lèvres et lèvent les deux bras en l’air, les mains ouvertes, en signe de contentement et de remerciement.

A l’entrée du marché, je parle à Aché abbakar Adbulla, elle a 40 ans, vit seule avec ses 5 enfants. Elle fait partie de l’ethnie dominante ici, les Bulalas. Elle parle arabe. Nous nous accroupissons à l’ombre pour discuter. Elle habite le village. C’est le deuxième mois qu’elle bénéficie d’aliments par SOLIDARITÉS INTERNATIONAL. Elle est très contente. Grâce à ces denrées elle peut faire un repas supplémentaire par jour. Cela ne suffit pas pour nourrir sa famille tout le mois mais c’est une aide précieuse. Pendant l’année elle peut faire un peu de maraîchage, elle récolte les fruits des palmiers. Mais cette année vraiment c’est dur. Les enfants pleurent beaucoup. Je la retrouve à la sortie de la foire. Elle dit qu’elle est très contente. Elle n’avait encore jamais reçu d’aide avant l’arrivée de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL. Elle lève les mains en l’air au niveau du visage les doigts écartés, en signe de remerciement. On se sert la main chaleureusement. ’’

Qu’est-ce que la distribution de nourriture sous forme de foire ?

Les foires mises en place par SOLIDARITES INTERNATIONAL sont des « marchés » fermés installés dans un village. Les commerçants mettent à dispositions des familles les plus vulnérables des denrées alimentaires, en échange d’un coupon distribué par nos équipes.

LES AVANTAGES DE CETTE SOLUTION :

  • La personne bénéficiaire peut vérifier la qualité des produits.
  • Elle bénéficie d’une alimentation diversifiée : cela permet de favoriser l’équilibre alimentaire pour lutter contre la malnutrition.
  • Les produits sont donc des produits locaux et les femmes ont l’habitude de les cuisiner.
  • SOLIDARITES INTERNATIONAL fait le choix de s’approvisionner auprès des commerçants locaux : cela alimente et relance l’économie locale. Très important.
  • Les foires sont accompagnées de formation sur la valeur nutritionnelle des aliments. C’est un gros travail car les familles ne disposent pas des connaissances nécessaires à une bonne alimentation.

QUI BÉNÉFICIE DE L’AIDE ?

La communauté a grandement été impliquée dans le choix des familles bénéficiant de l’aide. Pour chaque village touché, un comité bénévole a été formé. Ils connaissant leur village et sont les plus à même d’identifier les personnes les plus vulnérables, sur la base des critères définis.

  • Personnes handicapées
  • Personne âgée incapable de subvenir seule à ses besoins.
  • Femme seule.
  • Enfant orphelin et qui assume seul la gestion de la famille et de ses frères et sœurs.
  • Femmes qui ont adopté un moyen de subsistance tel que la recherche de graines dans les fourmilières
  • Personne ne faisant qu’un repas par jour.
  • Famille habitant dans des cases ‘tukul’.
  • Famille dont les enfants ne peuvent être envoyés à l’école.
  • Pas de moyen de transport.
  • 13 millions d'habitants
  • 47,5% de taux de pauvreté
  • 184ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 34 103 personnes secourues