TCHAD – Si fragiles

Publié le mercredi 16 octobre 2013

SAHEL – Manque d’eau, de nourriture, malnutrition… Dans la région du Batha, aux abords du lac Fitri, des dizaines de milliers de familles isolées sont particulièrement mises à mal par les sécheresses à répétition. Coordinateur terrain, Xavier Lauth revient sur la façon dont SOLIDARITÉS INTERNATIONAL leur vient en aide.

Des réserves de nourriture bien trop insuffisantes

Ces dernières années, le Tchad a connu de forts épisodes de sécheresse. Dans le Batha, la crise alimentaire perdure depuis 2011. Malgré de meilleures dernières récoltes en 2012, les réserves de nourriture sont aujourd’hui bien trop insuffisantes pour que ces populations rurales puissent tenir jusqu’aux prochaines prévues en octobre. Encore moins pour rembourser leurs dettes contractées au plus fort de la crise, alors que les prix des denrées avaient flambé. En réponse à cette situation alimentaire très précaire, nous avons dû prendre en considération le caractère urgent des besoins tout en gardant en vue que les difficultés qui frappent cette région sont d’ordre structurel : les sécheresses se répéteront, plus intenses encore.

Des programmes intégrant l’accès à l’eau potable, à la nourriture et aux semences

Pour lutter contre le manque de nourriture qui sévit pendant la période de soudure, nous distribuons aux 16 000 habitants les plus vulnérables d’une centaine de village des coupons à valeur marchande, échangeables sur des marchés que nous organisons en rassemblant des commerçants locaux. Les mères de famille peuvent ainsi choisir elles-mêmes les denrées dont elles ont besoin parmi une offre de légumes, de céréales et de viandes. En parallèle, nous dispensons des sessions de vulgarisation agricole et distribuons des semences, des outils et des charrues. Les ménages pauvres peuvent ainsi accroître leur production et gagner en autosuffisance alimentaire pour l’année à venir. Encore faut-il qu’ils disposent de suffisamment d’eau pour boire, pour cultiver et tout simplement se maintenir en bonne santé. Ainsi, pour renforcer l’accès à l’eau potable dans les villages et dans les centres de santé qui en manquent cruellement, nous réalisons de nouveaux forages et réhabilitons des puits. Nous intervenons également sur le réseau d’eau de l’hôpital de district.

Agir contre la malnutrition

Parce que le problème de la malnutrition touche de nombreux enfants dans cette région particulièrement isolée (jusqu’à un cas sur 4 dans certaines zones – source Unicef), nos équipes se rendent directement dans les villages, au sein même des foyers les plus fragiles (femmes seules, personnes malades…) pour effectuer un premier dépistage des enfants malnutris. Dans un premier temps, nous avons distribué avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM) des rations alimentaires thérapeutiques aux enfants atteints de malnutrition et aux mères allaitantes. Pour les familles habitant trop loin des centres de santé et qui n’ont donc pas accès aux soins, nous assurons leur transport en charrette jusque dans les centres où elles pourront être prises en charge.

  • 13 millions d'habitants
  • 47,5% de taux de pauvreté
  • 184ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 34 103 personnes secourues