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Témoignages : rétablir l’accès à l’eau potable dans les écoles de Malakal, au Soudan du sud

Publié le mercredi 24 juin 2026

En 2026, on estime que 6,8 millions de personnes – soit plus de la moitié de la population – n’ont peu ou pas d’accès à l’eau potable au Soudan du Sud.  

À Malakal, dans l’État du Nil Supérieur, l’accès à l’eau potable est particulièrement difficile dans un contexte marqué par les conflits, les déplacements de population, des infrastructures surchargées et des ressources en eau souterraine limitées. Depuis le début du conflit au Soudan, pays voisin, en avril 2023, plus de 1,3 million de personnes réfugiées et de retournés ont traversé la frontière pour rejoindre le Soudan du Sud, la majorité d’entre eux arrivant dans l’État du Nil Supérieur. Cet afflux a exercé une pression supplémentaire sur des services de base déjà limités, notamment l’approvisionnement en eau. 

De nombreux foyers continuent de dépendre de sources d’eau insalubres ou saisonnières, ce qui accroît le risque de maladies hydriques telles que la diarrhée aqueuse aiguë, l’hépatite E et la typhoïde. Les enfants comptent parmi les plus touchés. 

À travers ces témoignages, les enseignants et les élèves expliquent comment l’accès à l’eau potable a amélioré la santé, le bien-être et l’apprentissage à l’école primaire Good Shepherd, à Malakal.

« Quand les enfants sont malades, ils n’arrivent plus à se concentrer. »

Achol Gieth Chuol Kiir, École primaire Good Shepherd, 12 mai 2026

Soudan du Sud

Contexte et action
  • 12 millions d'habitants
  • 193ème sur 193 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 286 697 personnes bénéficiaires

Avant l’intervention de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, trouver de l’eau potable pour les élèves et les enseignants de l’école primaire Good Shepherd était un défi quotidien. Achol Gieth Chuol Kiir, professeure d’anglais et de sciences, n’avait souvent d’autre choix que d’acheter de l’eau à des vendeurs ou de se contenter de l’eau non traitée de la rivière. 

Les conséquences étaient graves : l’eau contaminée détériorait régulièrement la santé des enseignants et des élèves, ce qui entraînait de l’absentéisme et nuisait à la concentration en classe. 

« Je me souviens qu’un jour, je devais préparer un examen, mais comme j’étais malade je n’ai pas pu le faire et les élèves ont souffert de mon absence, se souvient Achol. J’ai eu des problèmes d’estomac après avoir bu de l’eau contaminée. J’ai dépensé beaucoup d’argent à l’hôpital pour me soigner. »  

« J’ai manqué les cours pendant toute une semaine »   

Sunday Malek Angok, École primaire Good Shepherd, 12 mai 2026   

Sunday Malek Angok, âgée de dix-sept ans, est en dernière année d’école primaire. Comme beaucoup d’élèves, elle s’approvisionnait auparavant en eau près de l’école, une eau provenant de la rivière, sans savoir si elle était potable ou non. 

« Il y a eu une fois où j’ai acheté de l’eau, et c’est là que tout a basculé, se rappelle-t-elle. J’ai eu des complications à l’estomac, je suis tombée malade et j’ai été transportée d’urgence à l’hôpital universitaire de Malakal pour y être soignée. J’ai manqué les cours pendant toute une semaine. » 

Pour Sunday, l’eau insalubre n’a pas seulement impacté sa santé. Manquer des cours l’a amenée à prendre du retard en classe et à avoir du mal à rattraper. 

Pour les élèves et les enseignants, l’accès à l’eau potable ne se limite pas à étancher leur soif. Cela signifie moins de maladies, moins d’absences scolaires et un environnement plus sain pour apprendre et travailler. 

SOLIDARITÉS INTERNATIONAL gère une station de traitement des eaux de surface à l’école primaire Good Shepherd. Ce système pompe l’eau du Nil et la traite chimiquement afin de la rendre potable, garantissant un accès fiable à l’eau potable pour près de 1 000 élèves et enseignants. Grâce au soutien du Fonds Humanitaire du Soudan du Sud (SSHF), ce projet réduit le risque de maladies hydriques et contribue à préserver la santé des personnes. 

Réservoir d’eau, École primaire Good Shepherd, 14 mai 2026 

« Depuis que nous avons accès à l’eau potable à l’école primaire Good Shepherd, les élèves de ma classe manquent rarement les cours, et leurs résultats se sont beaucoup améliorés », explique Achol. 

Photos : © SOLIDARITÉS INTERNATIONAL 

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