SOUDAN DU SUD : Pris au piège

Publié lemercredi 12 février 2014

Le plus jeune pays du monde est rattrapé par des combats qui ont forcé des centaines de milliers de civils à fuir leur foyer. Notre chef de mission Caroline Bouvard revient sur la situation sur place.

 » Le Soudan du Sud est un pays composite où vivent des dizaines d’ethnies différentes. Le 15 décembre, des tensions sous-jacentes éclatent sous forme d’affrontements entre l’armée du président Salva Kiir et les forces rebelles fidèles à l’ex vice-président Riek Machar, destitué au mois de juillet. Cette lutte de pouvoir entre factions politiques s’étend et le conflit prend très vite des airs de guerre tribale entre les Dinkas du Président Kiir et les Nuers de Riek Machar. La population civile est touchée de plein fouet.

La situation est tellement chaotique que les chiffres sont très difficiles à vérifier. Ce qui est sûr, c’est que les morts se comptent par milliers. Le 24 décembre, l’insécurité est telle que nos équipes internationales doivent évacuer le pays. C’est à ce moment-là qu’un de nos collègues a été assassiné. Elles sont revenues à Juba quelques jours plus tard pour reprendre les activités. « 

Au 6 février, les Nations Unies estiment que 738 000 personnes ont dû se déplacer à l’intérieur du pays depuis le 15 décembre. 130 400 personnes ont fui vers les pays voisins. Plus de 37 000 personnes se sont déplacées dans Juba.

C’est dans l’un des deux sites improvisés de la capitale, où plus de 12 000 personnes se sont regroupées, que SOLIDARITÉS INTERNATIONAL intervient en urgence. Emilie Martin, Responsable des Programmes pour la zone décrit l’action menée par nos équipes auprès des populations en danger.

 » Dans cette ancienne zone d’entrepôt, tout est à construire pour accueillir les familles déplacées dans des conditions décentes et sécurisées. Nos équipes de préparation et de réponse aux urgences installent, en coordination avec d’autres ONG, des latrines d’urgence, ainsi que des points d’eau. Elles mettent en place un réseau d’eau et organisent des séances de promotion de l’hygiène qui sont essentielles dans un tel environnement, propice à la propagation des maladies liées à l’eau. « 

De grandes difficultés d’accès à l’aide humanitaire

 » Dans le reste du pays, comme à Bentiu ou à Malakal, les besoins semblent également très importants. Du fait des combats qui y font rage, nous allons devoir faire face à de grandes difficultés d’accès pour venir en aide aux populations dans le besoin. Nos équipes nationales et internationales surveillent de près l’évolution de la situation humanitaire et s’organisent pour intervenir le plus rapidement et le plus efficacement possible auprès de celles et ceux qui sont en danger. « 

  • 12,3 millions d'habitants
  • 50,6% de taux de pauvreté
  • 169ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 226 000 personnes secourues

S'informer c'est déjà aider plus loin

Les champs marqués d’un astérisque * sont obligatoires.