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Soudan du Sud : "La nécessité de l’eau potable"

Publié le jeudi 3 décembre 2015

La crise au Soudan du Sud, qui a forcé 1,6 million de personnes sur les routes du déplacement, entre dans sa deuxième année. Wau Shilluk, dans le Royaume de Shilluk sur la rive gauche du Nil Blanc dans l’Etat d’Upper Nile, était à l’origine un village de 3000 âmes avant l’arrivée de 40 000 déplacés entraînant des pressions sur les ressources naturelles. Yves Bertrand, responsable de programme eau, hygiène et assainissement pour SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, décrit la situation.

Le rôle de nos équipes consistait initialement en la maintenance urgente du réseau d’eau et de la gestion des boues. Aujourd’hui, il passe un cap plus durable avec des efforts sur la sécurité des conditions de vie de la communauté locale et des déplacés. De l’eau potable, la promotion de l’hygiène et la gestion des déchets, tout cela dans un contexte sécuritaire volatile : c’est le quotidien de nos équipes depuis deux ans. « Aujourd’hui, le but de notre intervention est de rendre l’approvisionnement en eau durable pour les communautés, » précise Yves Bertrand.

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Unis dans l’adversité

Une résurgence récente dans les tensions a pourtant rendu le travail particulièrement difficile l’été dernier. Nos équipes ont dû suspendre les activités, laissant la population sans accès à de l’eau salubre. Depuis le mois de septembre, les activités ont pu reprendre, bien que l’avenir soit encore incertain.

« L’ambiance à Wau Shilluk est plutôt calme en ce moment. Les communautés sont unies dans l’adversité et ont bien compris la nécessité de l’eau potable. Quand nos équipes n’étaient pas sur le terrain, nos relais communautaires dédiés à l’eau ont maintenu les systèmes de traitement de l’eau le plus possible. Quand il n’y a pas d’eau au point de collecte, le temps que les réservoirs soient remplis que le chlore fasse effet, les gens préfèrent attendre plutôt que de puiser de l’eau insalubre dans la rivière, » ajoute Yves.

Les enfants, acteurs du changement

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L’hygiène étant un autre besoin crucial pour la dignité des populations à Wau Shilluk, les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL ont distribué des kits d’hygiène à plus de 5000 ménages et ont travaillé avec les différents membres de la communauté pour promouvoir les bonnes pratiques d’hygiène. « La mobilisation communautaire a bien marché. Beaucoup de gens sont venus et ça s’est bien passé. Il n’y a pas eu de tensions aux points de collecte d’eau et les communautés se sont serrés les coudes. A l’avenir, nous aimerions mettre l’accent sur le travail avec les enfants car ce sont eux les acteurs de demain. L’école vient de rouvrir après plusieurs mois de fermeture causés par le conflit. Il y a donc une vraie possibilité d’impliquer ces enfants pour opérer des changements dans les comportements des communautés. »

Les déplacés de Wau Shilluk attendent l’opportunité de retourner chez eux à la fin du conflit, qui a eu pour autre conséquence de les priver de l’accès aux terres et donc aux cultures. Peu de résidents ont des terres et donc peu sont à même de subvenir aux besoins de leur famille. L’approvisionnement du marché de Malakal a été interrompu pendant les événements récents liés au conflit. « On ne peut trouver que quelques citrons, des tomates, du sucre, du sel, des haricots, de l’ail et quelques cigarettes, mais tout est horriblement cher pour les populations locales ! » s’indigne Yves Bertrand.

Afin de couvrir ces besoins, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL lance un appel à une plus grande mobilisation des bailleurs de fonds pour continuer de soutenir les organisations humanitaires qui travaillent auprès des populations vulnérables, notamment à Wau Shilluk, ainsi qu’à une plus grande présence d’acteurs humanitaires avec des actions coordonnées sur plusieurs secteurs afin de soutenir convenablement ces populations.

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