SOUDAN DU SUD : fragile état

Publié levendredi 1 juin 2012

Depuis l’indépendance du Soudan du Sud, proclamée en juillet 2011, quelque 360 000 personnes installées au Nord depuis des décennies ont regagné leur pays d’origine. Ils retrouvent un nouvel état bien trop fragile pour assurer à sa population les conditions de sa survie.

Les traces de plusieurs décennies de guerre ne s’effacent pas sous l’effet d’une déclaration d’indépendance. Près d’un an après la partition officielle du Soudan, le nouvel état du Sud reste d’autant plus fragile que les tensions avec son voisin du Nord perdurent. Sur place, nos équipes sont sur plusieurs fronts : entre urgences, accompagnement au retour et problèmes structurels de nombreuses zones, dont les habitants sont trop vulnérables pour faire face aux conséquences d’un conflit larvé.

La production de pétrole est stoppée depuis plusieurs mois. L’état est au bord de la faillite, confirme Bérengère Tripon, notre responsable des opérations dans la Corne de l’Afrique. Les risques d’inflation sont très sérieux. Ce qui laisse augurer de graves conséquences sur une population qui n’a que très peu accès à l’eau et à l’assainissement, et qui est déjà en proie à une grande insécurité alimentaire. Dans ce domaine, nous attendons l’aval d’un de nos partenaires pour engager un programme alliant projets d’agriculture et opérations alimentaires d’urgence dans la région Fangak, au centre du pays, où la situation en termes d’accès à la nourriture et aux moyens de subsistance est critique. »

Réponses d’urgence et chantiers de fond

Pendant ce temps-là, le long processus de retour suit son cours. En un an, environ 200 000 personnes sont revenues au Soudan du Sud.

Une fois la frontière traversée, ces familles passent dans un premier temps par des centres de transit situés aux bords du Nil, explique Emilie Martin, responsable de nos programmes dans la Corne de l’Afrique. Dans deux centres de la ville Malakal, nous assurons à 650 personnes par jour en moyenne un accès aux services de base en eau et en assainissement : approvisionnement en eau potable par camions citernes, incinération des déchets, sessions de promotion de l’hygiène, maintenance des douches et des latrines… Plus au nord, à Renk, nous sommes récemment intervenus en urgence dans un nouveau centre de transit où se sont installées 1 300 personnes. Nous les avons notamment approvisionnées en eau potable. »

Retours massifs, déplacement de populations, apparition d’épidémies… Dans les 10 états du pays, et plus particulièrement dans ceux de Jonglei, d’Upper Nile et d’Unity, situés le long du Nil, nos équipes restent en veille permanente pour répondre à ce type d’urgence, en collaboration avec deux autres associations humanitaires. Leur chantier de fond consiste quant à lui à assurer un accès pérenne à l’eau potable aux habitants de ces trois états.

Dans certains cas, des villes doivent en plus absorber l’installation de populations venues du Nord. A Kodok par exemple, le nombre d’habitants est passé de 17 000 à plus de 28 000 en quelques mois. Nous y étendons donc le réseau d’eau de la ville et réhabilitons le système de distribution d’eau potable. »

Dans un pays où se mêlent insécurité alimentaire et manque d’accès à l’eau potable, les retours des populations pèsent lourd sur des ressources insuffisantes. Au Nord, 500 000 personnes attendent toujours de pouvoir eux aussi remonter le Nil Blanc.

RD

  • 12,3 millions d'habitants
  • 50,6% de taux de pauvreté
  • 169ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 226 000 personnes secourues

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