Soudan du Sud : découvrez le travail de nos équipes après l’attaque du camp de réfugiés de Malakal

Publié lelundi 25 avril 2016

Il y a quelques semaines, le camp de déplacés de Malakal dans le nord du Soudan du Sud a été le théâtre de combats intercommunautaires sous les yeux des casques bleus. Au milieu de la nuit, sous les tirs, des dizaines de milliers de personnes ont dû fuir leur abri en flammes.  La communauté minoritaire a quitté le camp pour la ville de Malakal pendant que les  autres communautés trouvaient  refuge dans la base de la mission des Nations Unies. Aucun de ces endroits  n’était adapté pour recevoir ces familles. L’après-midi même, les équipes de Solidarités International menaient leur première évaluation et lançaient une réponse d’urgence en termes d’eau et d’assainissement.

Depuis fin 2013, dans le nord du Soudan du Sud, les familles de Malakal et de ses environs subissent les violences et les affrontements des  différents groupes armés, qui les ont forcés à quitter la ville et, pour certains, à se réfugier dans un camp protégé par les Nations Unies (Protection of Civilians camp) en périphérie de la ville. Ces violences ont atteint leur paroxysme dans ce camp de déplacés quand les affrontements intercommunautaires larvés ont éclaté avec le soutien de groupes extérieurs.

Soudan du Sud Attaque du camp

En plus des combats qui ont officiellement fait 30 morts, plus du tiers des abris ont été ravages par des incendies criminels. Les infrastructures humanitaires, y compris des cliniques, des bureaux, des toilettes et des douches communautaires, ont également été détruits.  Sous la menace de représailles, quelque 4 000 personnes sont allées se mettre à l’abri dans la ville de Malakal. 15 000 autres  sont restées dans les blocs du Nord du camp.

Soudan du Sud attaque du camp 2

Les 30 000 personnes restantes se sont réfugiées à l’intérieur de la base même de la Mission des Nations Unies. « Ce site, qui abrite la logistique de la Mission des Nations Unies, n’est absolument pas adapté pour accueillir autant de monde, explique Camille Niel, responsable programme Eau, Hygiène et Assainissement. La situation humanitaire y est  catastrophique. On estime que chaque personne ne dispose que de 3m2 pour vivre. Par ailleurs, aucunes infrastructures d’assainissement n’étaient disponibles et avec cette densité extrême de population la situation sanitaire se dégradait d’heure en heure. Nos équipes sont donc intervenues en urgence dans cette zone en construisant des latrines, en distribuant des sachets et en menant des campagnes de nettoyage du site. »

Soudan Du Sud Installation dans la base UNMISS

Intervention d’urgence pour les 30 000 personnes réfugiées dans la base de la Mission des Nations Unies

En l’espace de quelques jours, il a donc fallu aux équipes de Solidarités International trouver les ressources nécessaires pour construire des latrines en urgence afin d’éviter les risques liés à la défécation à l’air libre. « En 3 semaines, poursuit Camille Niel, nous avons construit 111 latrines d’urgence. A cause du manque d’espace nous n’avons pas pu en construire davantage et avons donc distribué à 1 231 familles ce qu’on appelle des peepoo bags (des sacs hygiéniques étanches). Il a aussi fallu mettre en place un système de vidange des latrines (40m3/jour collectés) ainsi qu’un système de collecte des déchets solides du camp (90m3/jour collectés et évacués). Par ailleurs, nous avons formé 32 agents communautaires des différents groupes présents dans le camp afin qu’ils dispensent des séances de promotion de l’hygiène. Enfin, nous nous sommes concentrés sur le nettoyage et le remplacement, pour les familles les plus vulnérables, des jerrycans endommagés. »

Soudan du sud SI en action grand

Assurer l’accès à une eau potable en ville

En plus des 30 000 personnes ayant trouvé refuge ans la base de la Mission des Nations Unies, 4 000 sont allées en ville espérant y trouver un peu de répit. Malheureusement, Malakal étant également le centre de combats réguliers depuis plus de 2 ans, la ville est totalement dévastée  « Il n’y avait plus rien ni personne à Malakal, indique Camille Niel. Le système d’accès à l’eau potable que Solidarités International avait contribué à mettre en place en 2007 a été complètement détruit avec la guerre. En urgence, nous sommes allés distribuer des sachets de purifiant de l’eau et des seaux pour les déplacés qui s’approvisionnement directement dans le Nil. »

Soudan du Sud Malakal town-Pure distribution

Vers un retour dans la dignité

A partir du mois de mars, la population qui s’était réfugiée dans la base de la Mission des Nations Unies a commencé à revenir vers le camp ciblé par l’attaque et incendié mi-février. Ces retours se sont fait petit à petit. Dans un premier temps le jour seulement puis la nuit aussi au fur et à mesure de la capacité des organisations à remettre en place les infrastructures et à fournir des abris. « Ces retours étaient aussi soumis au maintien d’une certaine sécurité par les soldats des Nations Unies, souligne Camille Niel. Au milieu de ce retour dans le chaos, les équipes de Solidarités International ont été très réactives. A la fin du mois de mars, nous avions reconstruit dans notre secteur d’intervention les 4 blocs de latrines (soit 112 latrines en tout) et les 72 cabines de douches qui avaient été complètement brulées. Nos équipes ont également déblayé 600m3 de déchets dans les zones brulées et réhabilité 1 700 m de canaux de drainages. »

Soudan du Sud Old Poc emergency latrines 4

Malgré l’engagement de nos équipes, les efforts et les réalisations effectuées depuis 2 mois, Les conditions de vie tant dans la base de la Mission Unies que dans le camp, à peine remis de l’incendie, sont très difficiles. Il reste d’énormes besoins en termes d’accès à l’eau, de construction d’abris, d’assainissement et des milliers de personnes continuent de dépendre de l’aide humanitaire. « Nous ne pouvons pas arrêter nos efforts, qui  plus est avec cette saison des pluies qui se profile déjà« , conclue Camille Niel.

Photos : Muse

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