République Centrafricaine : sous tension

Publié lemardi 17 novembre 2015

ÉVACUATION – La guerre civile qui sévit dans le pays n’en finit pas. Le moindre incident engendre de nouvelles violences sur les populations civiles. Dernièrement, nos équipes ont même dû être évacuées. À leur tête, Lise Salavert, responsable de nos programmes dans la zone, alors chef de mission par intérim.

Des violences dans toute la ville

Le 26 septembre dernier, le quartier de PK5 à Bangui s’embrase après le meurtre d’un jeune taxi moto musulman. En quelques heures, les violences s’étendent à toute la ville. Au moins vingt personnes trouvent la mort, des milliers d’autres fuient leurs foyers. Nous entendons de la part des gardiens et des autres ONGs que la tension monte rapidement dans Bangui. Avant de ne plus pouvoir sortir du tout, nous partons faire des “courses de sécurité” : de la nourriture, de l’eau aussi. La tension est désormais palpable. Nous prenons la décision de ne plus sortir. Nous prévenons les équipes à Boali, Kabo ou Kaga Bandoro de notre situation et nous enquérons de la leur. Pendant les jours qui suivront nous seront en contact constant. De notre côté, on s’occupe, on range, on fait le ménage… Chaque activité est bonne pour ne pas trop cogiter sur une situation qu’on ne maîtrise pas.

Soustension grand

Une évacuation complexe

Face à un tel déchaînement de violence, nous devons nous faire évacuer. Dans l’obligation de laisser sur place notre matériel, nous avons aussi préparé la maison aux pillages éventuels et nous sommes coordonnés avec les autres ONGs. Les violences ont débuté le samedi. Notre évacuation vers un hôtel “ sécurisé ” n’a lieu que le lundi. Ce n’est finalement que le jeudi et à cause de la mise en suspens de nos activités qu’une partie des équipes non essentielles présentes à Bangui quittent enfin le pays direction le Cameroun voisin.

Partir ou rester ?

Il est toujours très difficile de prendre la décision d’évacuer les équipes, mais quand la sécurité des personnes est compromise, c’est la seule option. En tant qu’humanitaires, nous devons gérer un fragile équilibre : maintenir l’accès aux populations vulnérables et garantir notre sécurité. La frontière est très fine. À ce moment-là à Bangui, la violence est extrême. Les hélicoptères survolent la ville et le claquement des armes automatiques résonnent dans les rues. Bloqués, nous sommes dès lors dans l’incapacité de poursuivre notre mission auprès des bénéficiaires de nos programmes. Rester revient à s’exposer inutilement.

Reprendre le travail au plus vite

Passé le choc, ce type d’événement est particulièrement décevant pour toutes les équipes. Le travail a pris beaucoup de retard durant cette semaine. Le défi désormais pour nos équipes : reprendre nos activités de cohésion sociale et d’aide au retour des déplacés. Car en 4 jours, à Bangui, leur nombre a presque triplé. De plus, lorsque Bangui est touchée, c’est toute la Centrafrique qui est paralysée. Le travail mené en province est bloqué pendant plusieurs semaines, les livraisons de vivres et de carburant retardées et les manques sur les marchés se font très vite ressentir.

Crédit photo : Vincent Tremeau

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