"SOLIDARITÉS INTERNATIONAL m’a donné ma chance"

Publié levendredi 13 février 2015

Lou Perrin a passé deux ans en RDC à Bunia, dans l’est du pays comme responsable programme. Humanitaire dans l’âme depuis ses 18 ans, elle revient sur ses deux années et un parcours parfois mouvementé.

Lou Perrin RDC humanitaire
 
Pour Lou, l’humanitaire a commencé assez tôt. A 18 ans, elle s’engage comme volontaire dans un orphelinat au Cameroun. « Nous n’étions que 3 filles pour le soin de 12 nouveau-nés. J’ai également appris à vivre dans un environnement traditionnel africain, où les repas se faisaient au feu de bois et où j’étais la seule « blanche » et la seule expatriée ». Une expérience qui l’a poussée à poursuivre dans cette voie. Elle choisit donc d’orienter ses études vers la sécurité alimentaire et rentre à University College London où elle décroche un Master. Un stage à Buenos Aires et un forum des métiers de l’humanitaire plus tard, elle rejoint SOLIDARITÉS INTERNATIONAL (SI). « Je pourrais dire que c’est SI qui m’a choisie dans le sens où ce sont ses recruteurs qui ont vu un potentiel en moi et qui m’ont donné ma première chance. Je leur en suis extrêmement reconnaissante ».

2 ans, 2 projets, 3 grands axes

Partie dans un premier temps pour passer une seule année au sein de notre ONG, Lou a finalement décidé de renouveler son contrat avec SI à la suite d’un conflit en août 2013 nécessitant de porter secours en urgence à des milliers de personnes. « Les deux projets successifs auxquels j’ai participé comportaient notamment 3 domaines d’intervention : la relance agricole (distribution ou foire aux intrants – semences et outils aratoires – et la promotion de techniques agricoles améliorées et durables) ; le Cash for Work, ou Argent contre Travail et enfin, la mise en place d’Activités Génératrices de Revenu, AGR (mise en place de petites activités économiques adaptées à chaque famille (petit commerce, vente de charbon, de poisson séché…)« .

Confiné pendant 9 jours

Dans la région de Bunia, les tensions sont fortes entre les milices et l’armée régulière. Si lors de sa première mission Lou devait s’adapter à évoluer dans un environnement hostile avec la présence quotidienne de jeunes miliciens, lors de la deuxième année, c’est avec les militaires de l’armée régulière qu’elle a du « cohabiter ». Les tensions entre les différents groupes armés menant parfois à de réelles offensives, Lou a même été contrainte au confinement pendant une dizaine de jours. « J’ai ainsi partagé durant 9 jours une tente collective avec mon équipe, en contact permanent avec les soldats de la MONUSCO. Le cinquième jour (27 Août 2013), la ligne de front s’est approchée de notre camp et de violents combats ont eu lieu devant la porte du camp. Les tirs s’étant même rapprochés, nous avons dû nous réfugier dans un char pendant plusieurs heures en entendant siffler les balles ».

« Mon meilleur souvenir ? La nuit du 26 août 2013″

« La nuit du 26 août 2013, pendant laquelle j’ai pris conscience de la complexité du sort des personnes déplacées par la guerre est certainement mon plus beau souvenir. Ce soir-là des dizaines de déplacés se sont réfugiées près du camp MONUSCO à Avéba sur un terrain de football qui n’était équipé d’aucune facilité sanitaire ni abris. Ils ont donc dormi à ciel ouvert et se sont retrouvés le lendemain sur le champ de bataille. Cette nuit je suis sortie de ma tente pour m’approcher des barbelés qui séparaient le camp MONUSCO du terrain de football où dormaient les déplacés. La nuit était longue et silencieuse. Cette émotion a guidé mon action. C’est précisément cette prise de conscience qui m’a donné envie de revenir à Bunia une seconde fois, et à plus long terme de m’investir dans le travail humanitaire ».
  • 70 millions d'habitants
  • 63,4% de taux de pauvreté
  • 178ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 955 330 personnes secourues

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