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RDC : fuir pour survivre

Publié le vendredi 16 mars 2018

Attaques, pillages, incendies et destruction de villages ont entrainé de vastes mouvements de population dans la province de l’Ituri. La réponse s’organise.

 

Dans la province de l’Ituri, les conflits entre groupes armés se sont exacerbés depuis mi-décembre 2017, et les conditions de vie des populations n’en sont que plus affectées.
Les affrontements de février 2018 dans le territoire de Djugu ont fait plus de 60 victimes et plus de 2000 habitations ont été incendiées. Puis début mars, une nouvelle vague de violence dans les villes de Bunia et Maze a également fait 33 morts, principalement des femmes et des enfants. Les habitants ont dû fuir leur village sans rien pouvoir emporter. Un seul but : rester en vie. Ces affrontements ont donc une fois de plus entraîné un déplacement massif de populations. Près de 100 000 personnes se sont réfugiées vers la ville de Bunia et en Ouganda, risquant leur vie lors de la traversée en bateau du lac Albert.

Boire, manger, s’abriter : des défis quotidiens

Les personnes déplacées sont ainsi forcées de vivre dans des conditions déplorables. La première difficulté consiste à trouver de la nourriture. Certaines familles mangent parfois moins d’un repas par jour, ce qui peut entraîner de graves conséquences, particulièrement sur la santé des femmes enceintes et allaitantes et des enfants. Parmi les déplacés, nombreux sont des enfants, et plus de 300 ne sont pas accompagnés, ou ont été séparés de leur famille pendant leur fuite.
Les personnes déplacées se sont souvent installées dans les églises, les hôpitaux et les écoles, mais certaines n’ont pas d’abris, et dorment dehors, alors que la région est actuellement touchée par de fortes pluies.

Risques d’épidémies

Accéder à l’eau potable, à des douches ou à des latrines est également devenu un défi quotidien. Ces conditions sanitaires sont d’ailleurs favorables au développement de maladies diarrhéiques, et augmentent le risque d’une possible épidémie.
Pour répondre à ces besoins, les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL ont installé 2 réservoirs sur le site de Bunia et ont organisé des distributions d’eau potable. Elles ont construit 2 blocs de 10 latrines chacun, et 1 bloc de 10 douches. Elles ont également organisé des séances de sensibilisation aux pratiques d’hygiène, afin de garantir aux réfugiés des conditions sanitaires plus sûres, et de prévenir toute épidémie.

  • 70 millions d'habitants
  • 63,4% de taux de pauvreté
  • 178ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 955 330 personnes secourues
femmes-RRMP-attente

Accéder aux déplacés

Jusqu’à maintenant, la majeure partie de l’aide apportée par les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a été délivrée à Bunia et ses alentours. Après avoir conduit pas moins de huit évaluations des besoins des populations, nos équipes ont déjà distribué 3 800 kits d’articles ménagers essentiels aux alentours de Bunia, comprenant des seaux en plastique, des gobelets en métal… Peu de choses qui représentent beaucoup, pour des personnes qui n’ont plus rien.

À présent, nos équipes mènent des évaluations à Mahagi et dans la périphérie de Djugu, seulement l’accès à ces populations déplacées reste difficile en raison de la présence de groupes armés sur les routes. Nos équipes cherchent malgré tout à atteindre les populations les plus isolées.

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Crédit photos : © Gwenn Dubourthoumieu

Cette action a été rendue possible avec le soutien de l’Unicef.