Choléra : l’urgence de solutions durables

Publié levendredi 1 juin 2012

MALADIE. La République Démocratique du Congo est le théâtre d’une des plus graves crises humanitaires au monde.

Meurtri par 20 ans de conflits, le pays offre un terrain propice à la propagation du choléra. Un fléau qui impose une réponse humanitaire alliant activités d’urgence et projets de développement.
Région du Nord-Kivu, à l’Est de la RDC. Cette zone montagneuse compte au moins 500 000 déracinés, ayant fui leur village pour échapper aux combats permanents que se livrent l’armée congolaise et les groupes rebelles. Pour répondre aux besoins spécifiques de ces milliers de familles déplacées, SOLIDARITES INTERNATIONAL a mis en place un programme d’aide pionnier et unique en son genre. Une aide humanitaire taillée sur mesure et très réactive appelée ‘’Réponse rapide aux mouvements de population’’ (RRMP).
‘’Dès que nous sommes informés de nouveaux déplacements, explique Guillaume Woeling, notre chef de mission au Nord Kivu, nous partons évaluer les besoins de ces populations et définissons les interventions à mettre en place pour y répondre. Nous nous assurons que les gens aient accès à une eau potable  (par la construction de puits, de réseaux d’adduction d’eaux) à un assainissement approprié et qu’ils adaptent leurs pratiques d’hygiène à la situation.

 

Ne pas se contenter d’une réponse d’urgence

Après avoir commencé avec des programmes d’urgence en 2007, SOLIDARITES INTERNATIONAL a décidé de s’attaquer aux causes mêmes de la maladie. Avec ses partenaires, l’association s’est lancée dans un projet structurel ambitieux : fournir une solution durable aux populations, en créant un réseau constitué de 22 bornes fontaines qui permettraient d’alimenter la ville en eau potable.
‘’Nous avons repensé le réseau et élaboré un schéma directeur des travaux à prévoir en partenariat avec la régie des eaux locale, explique Olivier Krins, notre représentant en RDC. Nous avons ensuite déclenché la première phase des travaux : un peu plus de 2 km et demi de tuyaux ont été installés et un réservoir de 500 m3 a été construit.’’

 

Un chantier financé par des collectivités locales françaises

Ces investissements lourds ont incité les autorités locales à en faire de même. ‘‘Nous avons débloqué un million de dollars pour construire une nouvelle usine de traitement, actuellement en cours d’achèvement, indique Maurice Kyoni Ngoy, commissaire du district du Tanganyika. Un projet d’envergure, mais qui ne sera pas suffisant. Il faudrait construire des puits, ainsi que 4 grands réservoirs pour s’assurer que toute la population de Kalemie ait accès à l’eau potable.’’ Des travaux qui pourraient être financés par des collectivités locales françaises. Depuis 2005, la loi Oudin-Santini permet en effet aux collectivités et aux agences de l’eau françaises d’affecter 1% de leur budget à une action humanitaire. Les agences de l’Eau Seine-Normandie et Rhône-Méditerranée-Corse, et la communauté d’agglomération du Pays voironnais, ont ainsi financé le raccordement de la nouvelle usine de traitement au réseau d’eau de la ville. Un chantier de près de 632 000 € sur 3 ans qui va permettre de desservir 120 000 personnes supplémentaires avec la mise à disposition de 7 200 m3 d’eau par jour. Trouver les partenaires prêts à financer les infrastructures est un combat de tous les jours pour les humanitaires. Une urgence quand on sait que les maladies hydriques tuent 3,6 millions de personnes par an dans le monde.

 

A la mi-janvier 2012, l’Organisation Mondiale de la Santé comptait déjà 21 000 cas et 584 décès dus au choléra.Des chiffres qui placent la RépubliqueDémocratique du Congo au premier rang mondial des victimes de cette maladie. Son éradication est un enjeu majeur pour le pays. Ici, une patiente traitée dans le centre de santé de Kalémie.

reportage-photo3re‘’Avant, il y avait des difficultés énormes dans ce quartier.Il n’y avait qu’un seul robinet autour duquel les gens s’amassaient dès 4h00 du matin. Vraiment, c’était des difficultés énormes. Du coup, les gens allaient s’approvisionner dans le lac.’’

 

Après trois ans de calme relatif, le Nord-Kivu connait depuis avril dernier de nouvelles violences entre armée gouvernementale et forces rebelles, poussant plus de 60 000 personnes supplémentaires sur les routes. Nos équipes de réponse d’urgence aux mouvements de populations sont parmi les seuls acteurs humanitaires présents dans les zones de combat.

 

 

 

AIDER
Avec 52 €, vous fournissez à 4 familles loin de chez elles un kit pour qu’elles se prémunissent du choléra. Ce kit comprend : 90 sachets de solution de purification de l’eau, du tissu pour la filtrer, des récipients pour la stocker, et 3 barres de savon.

  • 70 millions d'habitants
  • 63,4% de taux de pauvreté
  • 178ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 955 330 personnes secourues

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