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Aru : entre deux conflits

Publié le mercredi 13 décembre 2017

Dans le territoire d’Aru, en République Démocratique du Congo, 75 000 Sud-soudanais ont trouvé refuge aux côtés de 40 000 déplacés congolais. Ayant déjà fui la guerre, ils doivent désormais partager des ressources de plus en plus rares.

Le photographe Gwenn Dubourthoumieu a documenté pour SOLIDARITÉS INTERNATIONAL la situation de ces familles sud-soudanaises et congolaises.

Pris dans l’étau du conflit civil entre forces gouvernementale et d’opposition, des dizaines de milliers de Sud-Soudanais faisaient face à des violences quotidiennes. Qu’ils soient directement ciblés pour leurs maigres possessions ou des dommages collatéraux d’une guerre fratricide, les populations ont dû fuir pour sauvegarder au moins leur vie. Nombreux sont ceux qui ont laissé leurs parents derrière, privilégiant la vie de leurs enfants.

« J’ai oublié mon âge »

« J’ai fui le Soudan du Sud avec ma femme et mes 9 enfants, raconte Seme Lwate. Les militaires ont tué mes 2 frères alors que je travaillais au champ. Quand je suis rentré chez moi, j’ai vu leurs cadavres, alors j’ai immédiatement rassemblé ma famille et mes affaires et j’ai fui à Aga, en République démocratique du Congo. Mes papiers sont perdus. J’ai oublié mon âge. » Aujourd’hui, Seme s’occupe en entretenant quelques-unes des 500 latrines construites par SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, qui contribuent à prémunir ces milliers de personnes contre la propagation des maladies hydriques.

Chez nous, quand vous avez des biens, on vous prend tout et on vous tue.

Moses Bidal, réfugié sud-soudanais

Aujourd’hui dans le territoire d’Aru, les réfugiés du Soudan du Sud ne sont pas seuls à avoir connu l’horreur. Depuis de nombreuses années, les communautés congolaises de la zone ont eux aussi traversé la frontière pour fuir les conflits entre forces armées et milices locales. De retour en RDC en raison du conflit sud-soudanais, les « retournés » se retrouvent dans une zone dépourvue d’eau, et où les maladies liées à l’eau font des ravages. Zone qu’ils doivent désormais partager avec les réfugiés. « Dans notre village, il n’y a pas d’eau potable, témoigne Azonie. La source est notre seul point d’eau mais elle n’a jamais été aménagée. Nos enfants souffrent beaucoup de maladies diarrhéiques dues à l’eau insalubre. »

  • 70 millions d'habitants
  • 63,4% de taux de pauvreté
  • 178ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 955 330 personnes secourues

L’eau, source de conflits

L’eau potable est le principal défi de ces dizaines de milliers de personnes, qui doivent s’approvisionner à des sources non-aménagées, faisant grimper les cas de maladies hydriques, parfois mortelles. Le manque d’eau a même engendré des tensions entre communautés.

Tabu, elle, avait trouvé refuge au Soudan du Sud lorsque sa famille a été chassée de son village. A peine trois ans après, elle a dû faire le chemin inverse avec ses 7 enfants, mais sans son mari, qui les a abandonnés. « Ici, tout a changé : il y a une grande famine. Les champs que j’ai dû replanter n’ont toujours rien produit. En attendant, pour nourrir mes 7 enfants, je travaille dans le champ des autres contre un peu de nourriture. Nous ne recevons aucune aide. Seul SOLIDARITÉS INTERNATIONAL est venu aménager la source d’eau près de chez nous. »

Les actions de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, qui bénéficient du soutien du gouvernement canadien, permettent à 10 000 familles de s’assurer des conditions d’hygiène adéquates. Alors que l’afflux massif de nouveaux réfugiés perdure, la mobilisation de tous est nécessaire pour permettre à ces familles d’échapper à une nouvelle horreur.

 

Soutenez les familles sud-soudanaises et congolaises

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Photos et témoignages recueillis par © Gwenn Dubourthoumieu pour SOLIDARITÉS INTERNATIONAL