Nigéria : ouvrir une mission dans un contexte d’urgence

Publié lemercredi 23 novembre 2016

Depuis mai 2016, les acteurs humanitaires peuvent accéder plus facilement à certaines localités de l’Etat de Borno au nord-est du Nigeria, encore aux mains de Boko Haram il y a quelques temps. Alors que la situation alimentaire reste encore très préoccupante, Noémie Juricic, coordinatrice de programmes, nous explique les difficultés d’ouvrir une nouvelle mission d’urgence dans un contexte sécuritaire tendu.

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Le spectre de Boko Haram

Le groupe terroriste est en difficulté depuis plusieurs mois et s’est scindé en deux groupes distincts : celui d’Abubakar Shekau, chef originel de Boko Haram, et le groupe ISWA, obéissant à l’Etat Islamique. « On suppose que les deux groupes de Boko Haram connaissent des difficultés financières, humaines et d’approvisionnement, notamment à cause de la scission, raconte Noémie Juricic. Les centres urbains qui leur servaient de fiefs ont bien été repris par l’armée nigériane, en revanche, les populations vivant dans les zones rurales restent encore vulnérables en présence du groupe armé », continue-t-elle.

Des populations aux besoins criants

Ce recul de l’influence de Boko Haram dans l’état de Borno a permis aux acteurs humanitaires d’étendre leurs zones de diagnostic et d’intervention, mais circuler en toute sécurité reste encore difficile dans cette région du pays alors que « l’ouverture d’une nouvelle mission demande une connaissance précise des besoins », explique Noémie.

Par le passé, certaines interventions humanitaires ne se sont pas déroulées comme prévu, et cela a attisé la méfiance des populations. « Nous étions donc confrontés à un double défi : obtenir des informations suffisantes pour monter un projet cohérent et se faire accepter des populations. Le tout dans un contexte d’urgence, la situation alimentaire se dégradant de jour en jour ».

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Agir dans l’urgence

SOLIDARITÉS INTERNATIONAL a rapidement réhabilité des points d’eau, dans les zones où les populations étaient les plus vulnérables. « Les infrastructures d’eau, d’hygiène et d’assainissement sont par définition communautaires et doivent profiter à toutes les populations d’une zone. Dans l’Etat de Borno, les communautés d’accueil subissent autant la crise que les déplacés. C’est pourquoi nous sommes d’abord intervenus dans les quartiers où les besoins en eau étaient les plus criants », conclut-elle.

La crise de l’Etat de Borno, notamment nutritionnelle, s’est confirmée au fur et à mesure de la collecte d’informations sur ces populations restées plusieurs années sous le joug de Boko Haram. « La coordination entre les différents acteurs humanitaires s’est rapidement mise en place, de manière très productive. Chacun échangeait les différentes informations récoltées. Notre but à tous était de pouvoir agir au plus vite, dans la complémentarité, pour éviter l’aggravation de la situation », se souvient-elle.

Aujourd’hui, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL intervient dans 2 villes de l’Etat de Borno, Maiduguri et Monguno et a déjà contribué en urgence à l’accès à l’eau, l’hygiène et assainissement d’un centre de santé, à l’installation de points d’eau ainsi que de latrines, en attendant le lancement des activités de plus grande ampleur.

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Photos : © Tugdual De Dieuleveult / SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

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