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Myanmar : témoignages de personnes déplacées par les conflits

Publié le mardi 24 novembre 2015

En 2015, au Myanmar, près de 235 000 personnes sont affectées par les conflits et déplacées de leur lieu de vie originel depuis plus de trois ans. Ces populations affectées résident principalement dans deux régions du pays, le Kachin et le Rakhine. Rencontres avec des témoins de ces deux Etats.

Myanmar enfant

© Vincent Trémeau

Présente au Myanmar depuis 2008, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL intervient dans ces deux zones de conflit pour répondre aux besoins des personnes affectées en développant des programmes dédiés à l’eau, l’hygiène et l’assainissement, la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance. Pourtant dans le même pays, les racines de ces conflits, l’état des infrastructures des camps, les conditions de vie et les peurs des déplacés sont vraiment différentes entre les régions du Kachin et du Rakhine.

“Nous ne pouvons pas partir d’ici et répondre aux besoins de notre famille.”

eau myanmar

© Vincent Trémeau

Dans la région du Rakhine, sur la côte sud-ouest du pays, après deux épisodes de tensions intercommunautaires survenus en juin et en octobre 2012, 140 000 personnes ont été déplacées et vivent encore aujourd’hui dans des camps. “Je vis ici avec ma famille, dans un camp de la zone rurale de Sittwe depuis plus de trois ans maintenant. Ma maison est à vingt minutes à moto du camp, mais je ne suis pas autorisée à retourner là-bas. Nous sommes venus dans ce camp de nous-mêmes, à pieds et je n’ai rien pu emporter de chez moi”, raconte Daw Saw May Khin* qui se définit comme une Rohingya.

Dans le Rakhine, près de 415 000 ont besoin d’aide humanitaire, après les impacts de la crise, qui continue de mettre en cause l’accès aux ressources et les aux opportunités de moyens de subsistance dans la deuxième région la plus pauvre du Myanmar. “Nous avons maintenant accès à l’eau, aux toilettes et aux systèmes de drainage dans le camp, qui nous aident à améliorer les conditions de vie, mais je ne peux pas dire que je suis heureuse ici. Nous sommes souvent malades mais aucun d’entre nous n’est autorisé à aller à l’hôpital pour recevoir des soins. Nous n’avons pas non plus d’opportunités de subvenir à nos besoins”, poursuit Daw Saw May Khin qui espère malgré tout pouvoir retourner chez elle et offrir une éducation digne de ce nom à ses enfants.

“Je n’ose pas retourner là-bas, il y a encore des soldats et des mines antipersonnel près du village.”

femme enfant myanmar

Dans l’Etat du Kachin, au Nord du Myanmar, après quatre années de conflit, près de 100 000 personnes vivent encore aujourd’hui dans des camps. “Je suis arrivée au camp en moto avec ma famille il y a presque 4 ans lorsqu’il y avait des combats autour de mon village. Je n’y suis jamais retournée depuis”, explique Daw Yi Ma Sar. “Avant les troubles, nous étions fermiers, travaillant dans des rizières et dans des plantations de maïs et nous avions un revenu, en vendant nos récoltes”.

Aujourd’hui bloquée dans le camp de Lesu située dans les montagnes à la frontière de la Chine, Daw Yi Ma Sar survie comme elle peut avec sa famille. “La vie dans ce camp est tolérable, mais notre problème principal est que nous n’avons aucune opportunité de travail. Je ne peux pas fournir à mes enfants une bonne éducation, depuis que nous n’avons plus aucun revenu pour payer l’école”.

La poursuite des combats et la présence de mines antipersonnel dans les villages d’où sont originaires les populations affectées par le conflit, menacent les rendements des populations et la sécurité générale. “Je veux revenir dans mon village, mais je ne sais pas quand. Je n’ose pas retourner là-bas, il y a encore des soldats et des mines antipersonnel près du village”.

* Son nom a été modifié pour assurer sa confidentialité

 

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Les projets dans les Etats de Rakhine et de Kachin sont financés par ECHO, OFDA, DFID, UNOCHA et UNICEF

  • 51,4 millions d'habitants
  • 26% de taux de pauvreté
  • 150ème sur 187 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 279 381 personnes secourues