Myanmar : le regard d’une femme déplacée

Publié lemardi 5 juillet 2016

Après les violences qui ont eu lieu dans l’Etat du Rakhine en 2012, environ 140 000 personnes ont été déplacées. Parmi celles-ci, beaucoup de femmes et d’enfants, telle qu’Amira, qui a fui de chez elle avec son mari et ses enfants. Aujourd’hui, elle vit dans le camp de Koe Tan Kauk (KTK), dans le township de Rathedaung, où SOLIDARITÉS INTERNATIONAL essaye d’adoucir les dures conditions de vie qui y règnent.

Vivre dans un camp en étant une femme

femme myanmar« Nous avons été forcés de quitter notre village. Nous avons été de l’autre côté de la montagne Mayu pour fuir les attaques, » commente Amira. C’est un voyage dangereux, mais les personnes déplacées doivent faire ce choix s’ils veulent réussir à fuir le conflit. « Aujourd’hui, ma famille et moi vivons sous un abri que nous partageons avec huit autres ménages, » explique-t-elle. Le camp réunit à lui seul plusieurs communautés de différents villages, et il n’est pas toujours facile de vivre ensemble.

Traditionnellement, les femmes sont chargées d’aller puiser l’eau dans la communauté d’Amira. « Avant l’intervention de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, ma fille aînée et moi allions chercher l’eau loin du camp. Pour deux femmes, c’était une situation vraiment délicate. Maintenant, nous allons deux fois par jour au tank d’eau qui est situé à quelques mètres de notre abri. Je me sens plus en sécurité aujourd’hui d’utiliser des infrastructures à l’intérieur du camp ». Grâce à cette intervention, les femmes peuvent aujourd’hui rapporter plus d’eau, de manière moins fatigante, et en toute sécurité. Il s’agit là d’une réelle amélioration des conditions de vie.

Améliorer les conditions de vie est une priorité

Les populations déplacées font face aux mêmes problématiques concernant l’hygiène. Avant cette intervention d’hygiène, les personnes devaient déféquer en plein air. « Aujourd’hui, nous avons quatre cabines de douche par abri, et le camp a été équipé de latrines. Quand nous sommes arrivés, il n’y avait rien, » ajoute Amira. SOLIDARITÉS INTERNATIONAL se concentre également sur des actions de promotion à l’hygiène, qui permettent d’améliorer les pratiques d’hygiène des déplacés.

« Malgré l’amélioration des conditions de vie engendrée par les actions de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, la ville dans ce camp reste tout de même très difficile pour la plupart d’entre nous. Nous voulons juste rentrer chez nous ». En tant qu’agriculteurs, les personnes déplacées avaient l’habitude de travailler leurs champs. Depuis 2012, ils ont perdu l’accès à ces terres, et donc leur source de revenus. Vivre dans un camp n’arrange en rien leur situation. « Nous devons composer avec les restrictions de mouvement, et parfois aussi avec le ressentiment des communautés qui nous entourent. C’est très compliqué pour nous de trouver un travail, ou des terres à exploiter, » explique-t-elle.

Aider les personnes à composer avec la crise

Pour les déplacés qui vivent dans un camp ou dans des communautés d’accueil, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL va désormais implanter davantage de projets de sécurité alimentaire et de soutien agricole, pour permettre le renforcement des liens entre les différentes communautés, et leur permettre de retrouver une activité.

Le but à long terme de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL est de continuer à appuyer et conseiller les communautés en leur donnant petit à petit la totale responsabilité des infrastructures. Dans les camps de déplacés, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL va réduire les activités d’eau, d’hygiène et d’assainissement (EHA) pour pouvoir progressivement donner la main aux comités EHA et aux leaders communautaires, pour renforcer l’autonomisation des communautés.

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