Birmanie : retrouver des moyens d’existence dans les camps du Kachin

Publié lemardi 28 février 2017

La reprise des combats en 2012 dans le Kachin entre l’armée Birmane et les forces de la KIA (Armée pour l’indépendance kachin), entraînant la rupture du cessez-le-feu en vigueur depuis 17 années, a provoqué le déplacement de près de 120 000 personnes. Active dans le Kachin depuis 2012, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL propose, entre autres, des activités génératrices de revenus aux populations installées dans les camps de Bhamo. 

Daw Mahka Pwi San 680

Daw Mahka Pwi San, 37 ans, est originaire de Khon Khar Par dans le canton de Mansi. ‘’Il y avait beaucoup de combats autour de mon village en 2012, ma famille et moi avons donc décidé de fuir et de nous réfugier dans une forêt non loin. Après un mois, nous n’avions plus de quoi nous nourrir, nous sommes donc partis et sommes arrivés dans le camp Robert Church, près de Bhamo,’’ se souvient-elle. Depuis novembre 2016, les Etats du Kachin et de Shan doivent faire face à une recrudescence d’actes violents impliquant l’armée birmane et des groupes armés (EAO). Les événements récents dans ces régions n’ont pas touché la famille de Daw Mahka Pwi San directement, pourtant, son mari et elle craignaient la possibilité d’un enrôlement de force par les parties en conflit.

Daw Mahka Pwi San vit désormais avec 6 de ses proches dans l’un des abris du camp. ‘’L’abri est minuscule ce qui n’est pas de tout confort. Nous devons partager des latrines avec 6 autres foyers, c’est difficile et ça implique d’attendre longtemps, particulièrement le matin’’. Avant de devoir quitter son foyer, Daw Mahka Pwi San vivait de maraîchage. ‘’Maintenant je tricote, je cuisine et je m’occupe de mes enfants pendant la journée.’’

Trouver des activités génératrices de revenus dans le camp

Daw Mahka Pwi San a bénéficié du programme d’activités génératrices de revenus proposé par SOLIDARITÉS INTERNATIONAL dans les camps de Bhamo avec le soutien du Bureau américain d’assistance aux catastrophes à l’étranger (OFDA). Elle a présenté son projet aux équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, qui ont examiné sa faisabilité et après confirmation, lui ont fourni une subvention pour financer son activité. ‘’J’ai été sélectionnée pour mon aptitude à tricoter, et maintenant je tricote des pulls et toutes sortes de vêtements que je revends sur le marché du camp. Je finis toujours par être en rupture de stock, ma petite entreprise est devenue fructueuse ! Je gagne assez pour acheter l’équipement nécessaire pour générer mon business et faire du profit. Maintenant, je suis en mesure d’envoyer mes enfants à l’école.’’

Entre besoins et espoirs

Quand on lui demande ce dont elle a besoin, Daw Mahka Pwi San répond : ‘’Il y a tant de personnes qui vivent dans le camp que nous n’avons pas assez d’espace pour nous laver, faire la lessive ou toute autre activité. L’espace entre les abris est très étroit. Nous aurions aussi besoin de plus de moyens de subsistance pour les personnes âgées ou handicapées, de ressources supplémentaires, et d’opportunités d’éducations.’’

Aujourd’hui, elle prévoit de continuer à développer son entreprise de tricot : ‘’Je prévois de l’élargir, de vieillir et de rester ici, à Bhamo. J’espère que mes enfants recevront une bonne éducation et qu’ils auront la chance d’avoir une vie plus belle que la mienne.’’

 

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