Ah Nauk Ye : un enfer à ciel ouvert

Publié le vendredi 8 avril 2016

L’État du Rakhine, au Myanmar, est le théâtre de conflits dont les principales victimes sont les Rohingyas, la minorité la plus opprimée au monde selon l’ONU. Pour échapper aux violences, des milliers de familles ont rejoint des camps comme celui d’Ah Nauk Ye, situé sur une bande de terre entre la montagne et la mer. Plus de 4000 personnes, dont plus de la moitié sont des enfants, y vivent dans des conditions misérables.

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© Vincent Tremeau / SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

Pendant l’année, les familles Rohingyas du camp d’Ah Nauk Ye subissent une forte mousson suivie d’une saison sèche.

Si l’eau stockée pendant la saison des pluies est insuffisante, elles souffrent irrémédiablement de pénurie d’eau pendant la période sèche. Elles sont alors contraintes de consommer une eau dangereuse, puisée dans le sol boueux, qui agit comme un poison sur les enfants, provoquant diarrhées, maladies, épidémies… et pouvant entraîner la mort.

 »Cela fait trois ans que je vis dans ce camp avec mes fils et mon mari, raconte Zura, une femme déplacée vivant dans le camp. À chaque saison sèche, c’est encore plus difficile pour nous. Sans l’eau que nous donne SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, nous serions certainement tous morts. Je sais qu’ils veulent creuser un nouveau réservoir. Pour nous, ça changerait tout : nous aurions enfin assez d’eau pour répondre à tous nos besoins, sans que mes enfants aient à marcher trois heures chaque jour pour en rapporter. »

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© Vincent Tremeau / SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

Le défi de l’eau

En 2008, nos équipes ont débuté une mission d’assistance humanitaire au Myanmar. Elles interviennent aujourd’hui auprès des Rohingyas du camp d’Ah Nauk Ye. Il est désormais interdit à ces populations de sortir de ce camp, isolées, enfermées, ayant tout perdu, elles sont là depuis plus de 3 ans maintenant.

Pour secourir ces familles extrêmement démunies et leur fournir l’eau indispensable à leur survie, les équipes de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL, expertes en accès à l’eau, hygiène et assainissement, ont déjà mené de nombreuses actions et relevé de nombreux défis. Elles ont construit des réservoirs et installé des stations de traitement pour récupérer l’eau de pluie lors de la mousson et la potabiliser. Pendant les deux dernières saisons sèches, alors que l’eau venait à manquer elles ont dû acheminer de l’eau potable par bateaux.

Des personnes réduites à creuser le sol pour de l’eau

En cette période de sécheresse particulièrement sévère, certains habitants en sont réduits à creuser le sol pour en extraire une boue qu’ils pressent entre leurs doigts et boire les quelques gouttes qu’ils en ont fait sortir… La consommation de cette eau insalubre a des incidences très graves sur la santé et elle peut entraîner la mort des plus fragiles, en particulier des enfants, mais c’est malheureusement pour eux la seule solution pour se désaltérer.

C’est pourquoi il est nécessaire de mettre le plus rapidement possible à disposition de ces habitants davantage de sources durables d’eau saine.

60 jours pour agir

Dans les semaines à venir, nous devons construire un nouveau réservoir. Notre objectif est de récupérer environ 2000 m3 d’eau de pluie supplémentaires. Cela permettra ainsi de fournir de l’eau potable aux personnes du camp et aux familles à proximité. En tout, nous aiderons 4 279 personnes, parmi lesquelles plus de 3 000 enfants.

Alors que nos équipes effectuent les dernières expertises techniques pour identifier la zone du camp où creuser le réservoir, il faut mettre en place ce système avant les premières pluies de la mousson si nous voulons fournir à chacun au moins 5 litres d’eau par jour au cours de la prochaine saison sèche, soit le strict minimum vital.

Il nous reste approximativement 60 jours avant les premières pluies pour enrayer la pénurie d’eau au Rakhine.

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