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Mali : apaiser les tensions communautaires

Publié le lundi 24 février 2020

Au Mali, les déplacements importants de population à l’intérieur du pays, dus à l’insécurité, menacent l’équilibre alimentaire et sanitaire déjà fragiles des populations hôtes. Par ses activités, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL contribue à alléger les souffrances de ces personnes déplacées, ainsi que des populations hôtes, en limitant la pression sur les ressources et en augmentant l’accès aux services de base. 

Depuis 2015, l’exacerbation des conflits intercommunautaires, l’augmentation des incidents liés aux forces armées et aux groupes radicaux a affecté des communautés entières et a conduit de nombreuses personnes à se déplacer à l’intérieur du pays : « En 2019 il y a eu 207 751 déplacés internes, tandis qu’en 2018, ils étaient 120 298, ce qui représente presque le double en un an. Ces populations déplacées ont tendance soit à retourner vers des zones qu’elles ont quittées depuis longtemps, soit à rejoindre leurs parents qui les accueillent. Un certain nombre de personnes déplacées sont toutefois sur des campements de fortune » comme l’explique Sabrina Régent, Directrice pays au Mali pour SOLIDARITÉS INTERNATIONAL.

 

GOUNDAM : AU CŒUR DE CETTE CRISE DES DÉPLACEMENTS

Le cercle de Goundam, près de Tombouctou, souffre de l’insuffisance et de l’irrégularité de la pluviométrie. La présence de populations déplacées exacerbe la pression sur les ressources en eau et affaiblit la cohésion sociale entre les différentes communautés.

« Les ressources actuelles subviennent déjà difficilement aux besoins de base des populations. La pression supplémentaire nécessairement exercée par les populations déplacées internes peut être source de conflits entre les populations» déclare Sabrina.

Dans un souci d’anticipation des éventuelles tensions communautaires, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL met en place des procédés de réponses intégrées, contribuant à un accès équitable aux ressources pour tous. Ces actions portent sur la réhabilitation des points d’eau, la construction de latrines séparées, la construction d’abris et le transfert monétaire pour permettre aux populations les plus vulnérables de s’approvisionner en produits alimentaires sur le marché local.

Comme l’explique Noufou Ilboudo, Coordinateur  eau, hygiène et assainissement, les solutions possibles sont multiples : « Nos actions évitent les tensions. Nous avons pu favoriser le vivre ensemble et renforcer la protection notamment des femmes grâce à la construction de latrines séparées, ce qui permet d’éviter les agressions basées sur le genre et d’avoir une meilleure hygiène de vie. Nous avons aussi distribué des caprins à ces populations déplacées afin qu’elles puissent avoir des actifs productifs. »

  • 18,54 millions d'habitants
  • 41,3% de taux de pauvreté
  • 184ème sur 189 pays pour l'Indice de Développement Humain
  • 198 100 personnes secourues

 

LA LUTTE CONTRE LA MALNUTRITON

À travers ses différentes interventions, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL contribue à augmenter le taux de fonctionnalité des points d’eau dans le cercle de Goundam, qui est passé de 35% en 2015 à 64% en 2019. L’amélioration de l’accès à l’eau potable favorise les bonnes pratiques d’hygiènes et, de ce fait, contribue également à réduire les taux de malnutrition et de maladies hydriques. « Avant, les populations puisaient au niveau de points d’eau non protégés auxquels les animaux s’abreuvaient également, ce qui favorisait la contamination de l’eau. La transformation des puits et forages en systèmes hydrauliques villageoise améliorés permet d’éloigner les animaux des bornes fontaines (abreuvoir plus éloignés) dédiées au puisage d’eau pour la consommation humaine et protège la ressource en eau permettant ainsi de supprimer la contamination de l’eau potable » explique Sabrina.

 

 

Malgré les améliorations à Goundam, la situation reste alarmante sur le plan régional. Dans la région de Tombouctou, le taux de malnutrition reste très élevé, passant de 12,5 % en 2018 à 13,1 % en 2019 pour la malnutrition aigüe globale, et de 1,8 % en 2018 à 2,5 % en 2019 pour la malnutrition aigüe sévère.

Pour Noufou, la situation risque de perdurer : « Goundam se trouve actuellement en accalmie. Mais je ne pense pas que les populations vont retourner dans leur village d’origine, car en plus des conflits, ce sont également les aléas climatiques qui les poussent à se déplacer. Tant qu’il n’y aura plus d’eau dans les lacs pour la production agricole, elles n’y retourneront pas. Le nombre croissant de déplacements va entraîner de vrais enjeux de développement multiculturel. »

Pour faire face aux besoins des déplacés, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL met en œuvre des programmes appelés Mécanismes de réponse rapide qui permettent de répondre aux besoins immédiats des populations suite à un déplacement.

 

 

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